L*OUR8 ST LES DBUX COMPAGNONS
Étope, ÛJ>, ^49, 'OSoae6poi xol 'Apxtoc (Gony» p. i63 et 164, p. 386 et 387, sont trois fonDet). — Anano», fab. 9, Fîmtprts. -* Abttemiof, fab. 49f ^ Coriarlo êmêntepeUem Uni a Fiemaiort ^^"^ ■ e^pd. — Gomminety Mémoires, lÎTre IV, chapitre m. ^ Handeot, I'* partie, fab y, de deux Compmgnont; a* partie, fab. 108, ^mm Fen&ur et JTum Courrieur (Gorroyenr). — > Corroxet, hh. 85, de demr Amfi et de tOnrse, Mjrthologia mtepiem NeptUti^ p. 191, p. 460, p. 554* Fumi les fables que mentîoime la notice, trois senlemcnt ont toat à fait le mênie snjet que la nAtre : ce sont celle d'AbslemiiUy In seconde de Handenty et celle de Commines. Dans les antres il né a*a^ pas d*nne peau d'ours Tendue d^avanoe. Deux foyagenrs, rencontrant un ours» échappent au péril de la même manière que nos deux Conpagnons » et cdui qui a fait le mort conte à l'autre que la béte lui a dit à Toreille : c H ne fiiut pas faire route arec des amis qni ne toos assiftent pas dans le danger. » — Commines met l'apologue dans la bouche de l'empereur d'Allemagne, FVédéric III, répondant aux ambassadeurs du roi Louis XI, qui étaient Tenus lui proposer de la paît de leur mahre c de s'engager mutuellement à ne faire ni paix ni tréTC l'un sans l'autre, et à confisquer les seigneuries du Duc (de Bonxgogne), lui celles qui releroient de l'Empire, le Roi odlei qui étoient tenues du royaume de France. » Voyez VBistoire det dmu de Bourgogne du baron de Barante, Churiet le Téméraire^ liTre V, année 1475. On trouvera à V Appendice la fable de Commines. M« Saint- Marc Girardin, dans sa xti* leçon (tome II, p. 73-76), la donne en entier, et dit : c La Fontaine n'a en qu'à traduire. Il a ajouté senl^ ment, en Trai poète comique, tout ce qui met le mieux en rdîef la présomption des deux Compagnons, s .^près ces mois, l'éaùnent critique cite à l'appid les dix premiers Ters de notre fid>le.
Deux Compagnons^, pressés d'argent,
I . Commines emploie de même le mot Con^tagnons. Senlenient il y
r. XX] LIVRE V. 4a7
A lear Toinn fourreitr vendirent
La pean d'an Ours enoor vivant, Mais qu'ils taeroient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent * • C'étoit le roi des ours au compte de ces gens. 5
Le marchand à sa peau devoit faire fortune'; Elle garantiroit des froids les plus cuisants: On en pourroit fourrer plutôt deux robes qu'une*. Dindenaut*^ prisoit moins ses moutons qu'eux leur Ours : Leur, à leur compte, et non à celui de la béte. i o
S'offrant de la livrer au plus tard dans deux jours, Ils conviennent de prix, et se mettent en quête,
a trois oompagnoni, au lien de denx, et c'est à un taTertiier qn'ils Tendent la pean ; ils lui doÎTent de l'argent et le prient de leur fidre encore crédit d'an écot; ils le payeront ayant denx jours : car ils prendront cet ours, < dont la peau ralloit beaucoup d*argent, sans les presens qui leur seroient faictz des bonnes gens. » — Chez Abstemius, et chez Haudent (s* partie, fabU io8), qui l'a traduit, ils font marché, comme ici, arec un corroyeur, un fourreur, qui leur donne l'argent d'avance.
9. c Cette suspension fait un effet charmant. Jusqu'à ce mot on croirait que l'Ours est mort, ou du moins pris et enchaîné, s (Cham- Foax.)
3. Quelques éditions modernes ponctuent ces deux Tcrs ainsi :
Cétoit le roi des ours : an compte de ces gens, Le marchand à sa pean deroit faire fortune.
Notre ponctuation est celle de toutes les éditions originales.
4. M. Taine (p. i5s et i53) cite ce vers et les trois précédents, et compare la discrétion et la mesure de notre poète arec la faconde intarissable de Dindenaut chez Rabelais : voyez la note suivante.
5. Cest ce marchand goguenard qui se moque de Pannrge en vantant si fort ses montons , et dont Pannrge se venge si plaisamment et si cruellement. U finit par loi acheter un mouton qu*il jette a la mer, et tous les moutons sautent à l'eau pour faire comme leur camarade; et le marchand lui-même, en voulant les retenir, est entraîné et se noie avec ses bétes. De là vient le mot si connu : c les moutons de Pianurge. s On aurait dft dire, pour être exact, c les moutons de Dindenaut. » Voyez Rabdais, livre IV, chapitres v-viii.
4t8 FABLES. [p. u
Tronvent rOun qui s^avance et Tient Yen eux aa trat '. Yoilâ mes gens frappés comme d^un coup de foudre. Le marché ne tint pas; il feUat le résoudre^ : i s
D^intéréts* contre l'Ours, on n'en dit pas un mot. L^un des deux Compagnons grimpe an fiitte d'un arbre ;
L'autre^ plus froid que n'est un marbre, Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent*.
Ayant quelque part oui dire a «
Que Fours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ne vit, ne meut, ni ne respire^*.
6. Dans k fable d*AlMteiiiias, il n'y a qo*iin cbaiteiir; le Fc raooompagne dans la forêt, et grimpe sur on arbre
Poor iroir de Tbomme et de Toars les coonbats,
dit Haudent, dont le réeit (fahle io8 de la a* partie) est à pea près semblable à oelni da fabuliste latin. Le Chasseor fiût sortir I*Onrs de son antre ; la bète, éritant le conp qn*il lai porte, le renverse à terre; il fait le mort, etc.
7. Terme de jorispnidenoe, c le rompre. • Cest le latin resoiptre.