‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 345 sur 374 · II. Et miserum eurvis ungmbus ante Uvat, (Ayiasus, vers la · texte numérisé non relu

II. Et miserum eurvis ungmbus ante Uvat, (Ayiasus, vers la

— La fable grecque montre TOarse approchant son museau et flairant tout autour : Tf[s Zl 'Apxtou irpoasvrpcotSav}; o^ tb ^ûyx^ > '^ iaptoo9pa(vo(jivy)c. . . .

la. M. Taine, parlant (p. 111-114) du caractère donné k TOur par la Fontaine dans les diverses fables où il l'a fait figurer, relère ce mot, et la judicieuse invention de cette raison de partir. -» Le trait est en germe dans Arianus (vers i5 et 16) :

Tune olidum eredens^ quamvis jejuna^ cnia9er Deseritf et hutrit eonditttr Ursa suis,

— On lit aussi dans la vieille fable à^Ysopet^Afionnet ^ citée par Robert :

Aux ongles le va tournoyant* Quant voit qu'il ne bouge néant, Si cuide qu'il soit mort pieça, Ne le mordi ne le ble^, Car il se doute qu'il ne pue.

— c Peut-on peindre mieux , dit Chamfort, l'effet de la prévention ? Cela me rappelle une farce dans laquelle Arlequin est représenté couchant dans la rue. Il se plaint du froid ; Scapin fait avec sa bouche le bruit d'un rideau qu'on tire le long de sa tringle ; il demande à Arlequin comment il se trouve à présent : c Oh ! dit celui-ci , il n'y a « pas de comparaison, s — Le même Chamfort, dans une note de la i^* partie de son Éloge de la Fontaine (tome I des Couvres, p. 39), où il le compare à Molière : < Qui peint le mieux, dit-il, les effets de la prévention, ou M. de Sottenville repoussant un homme à jeun, en lui disant : c Retirez-vous, vous puez le vin » (George Dandin^ scène vu, acte III), ou TOurs qui, s'écartant d'un corps qu'il prend pour un cadavre, se dit à lui-même t c Otons-nooSi car

43o FABLES. [y.

A ces mots, TOors s'en va dans la for6t prochaine. L'un de nos deux marchands de son arbre descend» 3o Court à son compagnon, lui dit que c'est merveille Qu'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal. « Eh bien ! ajouta-t-il, la peau de l'animal?

Hais que t'a-t-41 dit à l'oreille ?

Car il s'approchoit ^ * de bien près ^ ^ , 35

Te retournant avec sa serre.

— Il m'a dit qu'il ne faut jamais Vendre la peau de Tours qu'on ne l'ait mis parterre**. »

il lent B ? L'abbé Guillon, Nodier, Walckenaer, daos aoo BUtohe dt U Fontaine, tome II, p. 63, ont reproduit ce rapprochement.

i3. c U t'approchoit , > dans let deux éditions de 1668 , dam celle de 1679 (Amsterdam)» dane la petite édition de Barbin (1689% et dans celle de 1719. Dans l'édition de 1678 , on lit : c a'approchoit, • et c'est la leçon reproduite par l'édition de Londres 1708.

14 Cest Ours de Iny approchant pre^.

Sentir son coips est Tenu tont exprez. (HAumorr.)

i5. inttrrogwit deinde quid ml awrtm ei Unus ioqumttÊi tiset. Cm Fennior : < Monuit me, inquit^ ne deincept Uni peUem pendere ^eOmt nisi eumprius eeperim. > Mme fahuU indicat ineerta pro eeriis nom knèenda» (Ajmximius.} — Nons aTons parlé dans la notice de la moralité tonte différente d'une partie des autres fables. Dans la première des deux fables de Bandent, le conseil de l'Oors a été, dit le Cornpa^on, que

.... D'euiter eusse soing Celuy qui laisse nn autre au grand besoing.

«— C'est de la manière direrse dont les deux amis échappent an dan* ger que Benserade (quatrain €u) tire une le^n, pauvre et banale :

On se lauTC souvent par différents détours.

>. zxi] LIVRE V. 43 1

FABLE XXI

L^Âni VBTU ra LA PEAU DU LION.

Éaope, ùh. iiS, \)voç xa\ *AX«&ffy)^ "Dvo^ Xiovt3[v flpcov (Goray, p. 6» et 63, p. 3si et 3is); &b. aSS, 'Ovoc xal Âtovti( (Goray, p. 169 et 170, sooâ six fonnet, dont U seconde est la Terston d*Aphthonias mentionnée ei*après; la troisième, la cinquième et la sixième, celles de Thémittios, de Gabrias et de Tzetzès). — Aphthonios, fab. 10, Fahuta jiêlm^ Jocens ne ^tùt majora appeiat quam ifeeeat. — Ayianos, fab. 5, Âuttieus et Jsbius, ~- Faëme, fab. 88, As'mut et Fuipes, — Haadent, !*• partie, lab. 96, d'un Mne pestu de la peau éPun Ljons s* partie , fab. 53, mime titre. — Gonoset, fab. 104 , de l*Jine vettu de la peau du tjron (nne des quatre fiJ>les en prose ajoutées dans l'édition de 1587).

Mftkologia msopiea Jfeveleti^ p. 180, p. 296, p. 3s9, p. 36 1,

Getie fable, dont le récit ches la Fontaine se rapprocbe, an moins

qoant à la brièreté» de la manière antique, parait remonter très-bant chez les Grecs. Dans le Cratjle (p. 411), Socrate fait allusion à la peau de lion de notre Ane *, lorsqu'il dit : c Puisque j'ai revêtu la peau de lion, il ne faut pas que j'aie peur, > ISicttS^ntp t^v Xtovifîy ivSiduxoif oix dbcoSciXtarioy. Lucien la raconte dans U Pécheur (3 3a, édition Lebmann, tome m, p. i63) ; chez lui, de même que chez Tietiès, l'histoire se passe à Cyme on Gume en Éolie* ; un étranger qui a TU beaucoup d'ânes et de lions surrient et détrompe les habitants, qui s'étaient laissé prendre à l'apparence. Le même Lucien parle encore de l'Ane de Gume dans le PseudologUta (^ 3, tome YIII, p. 59), et dans Us Fugidft ($ i3, tome VIII, p. 3o4). Ailleurs,

t. On peut^-être aux Grenouilles d'Aristophane, oà parah Boa-' chut Têtu de la peau de lion d'Hercule et armé de sa massue.

a. Les habitants de la Gume d'Éolie étaient renommés, dit-on, pour leur stupidité. Haudcnt place la scène à Gume en Eubée, t en la lem Enboique, s dit-il, dans la seconde fable que nous aToos mentionnée de lui.

43s FABLES. [v.

dam^le PhUcpieudêi (J 5, tome Vlly p. i43), oe n*eft pu on âne, maif un tinge ridicule (yiXoTâv xiva xfOiixov) , qa*il cache toos la peau da lion. La fable a donné lien à diven proTcrbea grecs : ^>«oc mpk Ku(ia{oi(, c Tâne chez les gens de Came; » *£vd6cTi {toc r^ Xtovtf|v, c TOUS me mettes la peau da lion. • Voycx Éraame, tes Chiliadei du Proverbes (Genève, 1606» col. 447» 699 et 1668). — Ce sujet a été traité sooTent et paitont, comme c «oft/v de la vanité » (Toyez M. Saint-Marc Girardin, xti* leçon, tome II, p. 71). n y a denx cadres principaux. Dans Ton, qai est celui de la âdile ésopique 11 3, de la fnble de Faëme, de la première des deux de Haudent, TAncy craint partout à la ronde, Tcut efirayer anan le Renard ; mais celui-ci, par malheur, l'a entendu braire. L^antrr cadre est celui de la Fontaine et, à quelques différences près, de b olupait des autres Tcrsions indiquées au commencement de cette ncH tice. — A ces indications on peat joindre une longue fable allemande de 64 ▼ers, du temps des Minnesinger [vfl 67 du recueil de Zàricii, 1757} ; la fable latine (74) de Pbntaleo Gmdidos (Weiis) ; trois &bles, latines aussi, du moyen Age (tontes trois en distiques , la troisième assez longue, de 38 Tcrs), publiées par M. Éd. du Méril (p. a66, p. 970, p. «74 et 375). M. du Méril donne en outre, dans une noir (p. x4o), une Tcrsion curieuse, assez barbare, d*Odo de Gerîngton, et, après Robert, une allusion d'Alanus Insolanos. Une antre allusion, d*£usèbe de Gésarée, dans son écrit contre Héraclès, est citée dans le recueil d*Érasme, aux deux premiers endrmts marqués plus haut. — La fable se trouve encore, sous plusieum formes, en Orient, où, selon toute Traisemblance , elle a été transportée de Grèce. Voyez le Mémoire de Loiseleor Deslongchamps, p. 5i; ceint de M. Wagener (p. 63-66), qui regarde encore comme une ▼aiiatâoB de cette allégorie l'histoire du roi Midas ; les Études indiemmes de M. Weber, tome III, p. 337 ^ ^^^* ^ Vlntrodmction au Pontsekotamtra de M. Benfey, p. 46a et 463. Dans le Ptuiisehaiaittrm (Utic IV, ▼u* récit, édition de M. Benfey, tome II, p. 3o8), la peaa de lion est remplacée par une peau de tigre ; de même que dans VHUope» deçà (livre III, fable m, traduction de M. Lancerean, p. laS), 00 le narrateur nous donne pour lieu de la scène la ville de Hastinapoun. De rinde la fable a passé en Chine : Toyez les Jvaddnas de M. Stanislas Julien, tome II, p. $9 et 60. — Nous avons vu Lucien, dans un des passages dont nous avons parlé, mettre le Singe à la place de TAne. Robert (introduction^ p. c) cite une vieille fabk ou c'est on

Page 1