FU de la Fontaine^ p. x
Lxii NOTICE BIOGRAPHIQUE
royautë de Vaux inspira à son poète en ces années; il ne faudrait pourtant oublier ni sa ballade au surintendant, sollicité d'ouvrir sa bourse pour la reconstruction du pont de Château-Thierry, ni surtout la jolie ëpître où il se plaint à lui d'avoir vainement, pendant une heure, fait le pied de grue pour être admis à son audience, et où il demande que le suisse fasse passer, avant tous autres, les amants des Muses. Tout en plaisantant, il sait, avec une juste fierté, réclamer ce qui est dû au talent, se mettre, comme il convient, au-dessns de la clientèle vulgaire, et presque traiter de seigaeur à seigneur :
Je ne serai pas importun,
Je prendrai Totre heure et la mienne '•
Marot n'aurait pas badiné avec une plus aimable liberté.
Mme Foucquet n'était pas oubliée dans les hommages de la Fontaine. A elle aussi il adressait odeS et épîtres, galamment tournées. Dans une de celles-ci, où il la comphmente sur sa jeune famille qui vient de s'accroître par la naissance d'un poupon, il est tombé dans une de ses plaisantes distractions, qui, cette fois, n'est pas une invention de la légende :
Or vous Toilà mère de deux Amours*,
lui disait l'épître écrite de sa main. Erreur de compte : il y en avait trois, comme on le lit dans la même pièce imprimée*. L'amusante rectification avait été promise dans la lettre écrite à Foucquet en lui envoyant Tode Sur le mariage de Monsieur : a J'ai corrigé les derniers vers que vous avez lus, et qui ont eu l'honneur de vous plaire.... Entre autres fautes, j'y avois mb un deux pour un trois, ce qui est la plus grande rêverie dont un nourrisson du Parnasse se pût aviser. La bévue ne vient que de là ; car je prends trop d'intérêt en tout ce qui regarde votre famille pour ne pas savoir de combien d'Amours et de Grâces elle est composée. » La vérité est que toujours peu soucieux de « ce petit peuple, » un Amour de plus ou de moins, il n'y tenait guère. A Vaux, où Ton