Fable xr du Une XII, rers
ex NOTICE BIOGEAPHIQUB
sëvère. Bile n'avait pas été indocile à l'exemple que son mari hit avait donne d'une conduite légère, et l'on cite d'elle nne réplique plus plaisante que modeste à des reproches qui lui étaient faits sur ses nombreuses amourettes*. On ne croit pas la voir en très-bonne compagnie de femmes chez la chanteuse et joueuse de téoii>e où Charles de Sévignë la trouve en 1671, avec Bille de Lenclos, Bfme de Salins, Mlle de Fiennes et Mme de Montsoreau*. La voici encore, en 167a, au témoignage du Boimana*^ dans la société de Ninon, et convive de ce souper où Molière et Boileau fobriquèrent ensemble le latin du Malade imaginaire. Le marquis de la Fare et l'abbé de Chaulieu, ces deux francs épicuriens, étaient de ses plus intimes amis. Mais si elle se trouvait ainsi entourée, la faute en était aux hantises trop gaies de son mari. Il faut croire que» dans le temps même de sa plus grande dissipation, elle ne se rendit pas indigne de respect : l'encens très-pur que la Fon« taine savait seul lui plaire n'est pas celui qu'il lui aurait offert, s'il n'y eût eu dans sa vie que légèreté et coquetterie. Elle eut ses égarements; mais on fut touché de la constance de son amour pour la Fare ; surtout on admira la pieuse charité qui fut, dans ses années de retraite, la consolation et l'expiation de cet attachement trahi. Nous aurons à revenir sur sa rupture avec le monde, .lorsque ce changement de vie la sépara de la Fontaine. Mme de Sévigné et toute sa société n*ont parlé du roman de la Fare et de Mme de la Sablière qu'avec une grande estime pour celle-ci. Avant même qu'elle eût brisé ses liens, si l'on plaisante sur elle, ce n'est point comme sur une femme légère : elle est la tourterelle Sablière^, Un esprit orné, le goût de la poésie, un cœur ouvert à la vive amitié, une générosité toujours pleine de délicatesse, de sages conseils gentiment donnés, des entretiens où, à côté de la science, avait part «c la bagatelle^ » (entendons par là, comme la Fontaine,
I. Saint-Foix, Essais histon^uês sur Paris ^ i^T^t tome Y, p. 186. a. Lettres de Mme de Séçigné^ tome II, p. 9$ et 96.