‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 83 sur 374 · Hécréationt liitératres^ de CiKeron-Rind (176$), p. m · texte numérisé non relu

Hécréationt liitératres^ de CiKeron-Rind (176$), p. m

3. Faèiês choisies de la Fontaine^ note iS d'Âdrj, sur la Fie de

U FoiUaine^ p. xxni. — Adry arertit qu'il avait tiré cette note des

maouscritt du président Bouhier.

• Walckenaer, tome I, p. 290.

SUR LA FONTAINE. ozzf

fit pas tomber ses faioifiàts sur la Fontaine.... Je tous répondrai d'abord qu'il ne goûtait pas assez le genre dans lequel ce eonteur charmant excella. Il traitait les fables de la Fontaine comme les tableaux de Teniers, dont il ne voulait voir aucun dans ses appartements. 0 n'aimait le petit en aucun genre, quoiqu'il eût dans l'esprit autant de dëlicatesse que de grandeur^. » On comprend que la familiarité populaire du peintre flamand, quelque habile et spirituel que fût son pinceau, ait paru au grand Rot déplacée et choquante au milieu des nobles splendeurs de Versailles; mais se peut-il que les fables de la Fontaine, avec leur suprême élégance, aient jamais produit sur fan le mkoe eCTet que les Magots de Teniers ? Il n'aimait pas le petit : qu'y a-t-il donc de petit dans ces charmants poèmes, à moins qu'au lieu d'en peser l'or pur, on n'en mesure l'étendue ? Nous en croirions plutôt Voltaire, quand il ajoute : « la Fontaine était d'un caractère à ne se pas présenter à la cour de ce monarque. Ses distractions continuelles, son extrême simplicité r^ouissaient ses amis, et n'auraient pu plaire à un homme tel que Louis XIV*. » Si ce furent cependant certaines œuvres du poète, plutôt encore que sa personne, qui n'agréèrent pas au Roi* Ù faut sans doute penser aux contes. Louis XIV n'avait guère le droit d'être rigoriste; mais, quoique Molière ait eu l'heur de lui rendre agréables bien des plaisanteries salées, il pouvait déplaire au héros de Y Histoire amoureuse des Gaules que les galanteries, toujours élégantes chez lui, fussent traduites en gaietés gauloises. Du gaulois tout lui était antipathique, même la vieille langue. Racine proposant, dit son fils*, de lui lire dans Amyot une des Vies de Plutarque, il répondit : « Cest du gaidois, » et l'habile rédtateur dut traduire en lisant. Il est donc vraisemblable que, chez notre poète,

I. Œmnêê de Foltaire (édition Beachot), tome XLVUI, p. 974f Ltttrt de M, de U Fiseiède à MomtUur le seerétaire perpétaei Je rjeth demie Je Pw (1776).

s. Ihidem, — Voltaire, au chapitre xxxxi du. Siècle de Louis XIF^ tome XX, p. 3s I, f*eii tient à cette seconde explication : a Tous cet grands hommes furent connus et protégés de Louis XIV, excepté la Fontaine. Son extrême simplicité, poussée jusqu*à Toubli de soi-même, Técartait d'une cour qu*il ne cherchait pas. »

Page 1