I. La Fontmme êi êu faBUSf p. 17 et a
«XX NOTIGB BIOGRAPHIQUE
toQtefins trèfl-sigmficative, que nous ne croyons pas qu'on ait pu inventer y celle des prétendues paroles de l'Ecriture : Tanquam formicm deamhulabitis eoram rege pestro^^ par le^ quelles Racine un jour s'amusa à imposer ûlence à notre poète, dans une discussion qui s'était élevée entre eux sur Tautorité absolue des rois. En vain Racine avait-il allégué les pouvoirs donnés de Dieu à SaQl. La Fontaine refusait de voir dans cet exemple la consécration du despotisme : « Si les rob, disait-il, sont mattres de nos biens, de nos vies et de tout, il faut qu'ils aient droit de nous re^îkrder comme 4(9 fou^^niis à leur égard, et je me rends si vous me faites voir que cela soit autorisé par l'Écriture. » Le malin Racine s'empara aussitôt de la comparaison des founnis pour fabriquer son faux texte et fermer ainsi la boudie au naïf contradicteur'. La scène n'est pas seulement amusante; elle fait bien voir que la Fontaine, lorsqu'il puisait pour le maftre dans son magasin d'encens, gar« dait ses pensées de derrière la téie*
Les cinq livres de fables furent présentés par la Fontaine au Roi, avec l'épilogue qui le célébrait, comme l'avaient été, il y avait dix ans, les Amours de Psyché. Reçu à la cour du Lion, le poète, après avoir débité son compliment, reçut de lui un bon accudl et des marques de libéralité. U s'était aperça cependant, sa harangue finie, d'une petite distraction : il avait oublié le volume qu'il venait offrir* ; on ajoute qu'ensuite fl oublia aussi sous le coussin de la voiture» qui le ramenait chea lui, la bourse pleine d'or que le Roi lui avait fait remettre* : deux étourderies dont n'auraient pas été capables de véritables courtisans.
On s'est quelquefois étonné que Louis XIY, protecteur si déclaré de Molière, de Racine et de Boileau, ait toujours paru médiocrement favorable à la Fontaine. Voltaire a son explication : « Vous me demandes, dit-il, pourquoi Louis XIV ne