‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 96 sur 374 · I. Page ii · texte numérisé non relu

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a. MêêUmgê mittumU tU smlliêt tPeiprit...» i volume in-is, Phris, MJKx:.zun, p. 1 59 et 160. — La Harpe, Court Je iittératare^ seconde partie, livre I, ehapitre xi, tome IX, p. 164, raconte, dVprès le Sage sans doute, la même anecdote ; il rappUque à Topera de Dupkméf qui ne lut jamais représenté.

nhii NOTICE BIOGRAPHIQUE

froidement accDflîlSM; et la Fontaine eut Tenum d'&tre chansonne:

On ne peut trop plaindre la peine De rinfortoné càadon, Qoi, fortant des eaux du Lignon, Vint se noyer en la Fontaine*.

LimèreSy avant la repréwntation, avait fait ansol quelques couplets, cdm-d entre autres :

Ah 1 que j*aime la Fontaine D^aroir fait un opéra.

On Terra finir ma peine Aussitôt qu*on le jouera.

Par TaTis d*un fin critique, Je rais me mettre en boutique Pour y Tendre des sifflets :

Je serai riche à jamais*.

L'histoire des comédies attribuées, pour une part asses mal définie, à la Fontaine, n'est pas aussi certaine que celle de ses opéras. U n'y a d'incontestable que le fait de quelque collaboration avec le comédien Ghampmeslé. Sous le nom de Pièces de théâtre de Monsieur de la Fontaine^ trois comédies furent publiées en 1702, à la Haye* : Ragoùn^ le Florentin^ qu'il ne faut pas confondre avec la petite satire de 1674, et qui n'a rien de commun avec Lulli, et Je vous prends sans vert. L'éditeur mérite d'ailleurs peu de confiance, puisqu'il avait joint à ces comédies la tragédie de Pénélope^ qui est incontestablement de Fabbé Genest. Dans les CBumres diverses de la Fontaine j dont l'abbé d'Olivet donna l'édition en 1729*, on trouve le Florentin et Je vous prends sans vert. Le faux titre de chacune de ces deux comédies porte : Pièce aitrihuée à M, de la Fontaine, Les frères Parfaict ont donné à la Fon-

I. Walckenaer, tome II, p. a47* A.n tome I, p. a68, il cite un rondeau de Stardin où il y a le même jeu sur le nom du poète.

%, La Fié de Philippe Quinault^ p. 44* — On y dit qu'il s'agissait de Jkqfhné^ mais les autres couplets désignent VAstrée, Voyex les OEupres inéJitei de J, de la Fontaine^ p. 3i3 et 3a4.

3. Chez Adrien Moetjens, i vol. in-12. — 4* Trois Tolumes in-8««

SUR LA FONTAINE. cxini

faine seul le Floreniin^ Je pou$ prends sans ven^ la Campe enefuuaée et le Veau perdu. Ils se sont ensuite corrigés quel'-* que pea, ayant appris de « personnes dignes de foi » qoe GhampmMlë avait eu beaucoap de part à ces pièces, « quoiqu'elles passent, disent-ik, pour être entièrement de M. de • la Fontaine^. » Le témoignage qui, par sa date, semble le ph» irrécusable, est celui de Furetière. Il porte, ce qui est à remarquer, sur la plus mauvaise de ces comédies, sur Bagoiin; car il n'a pu parler d'une autre dans ce passage de son Se^ ^ eond faetum (p. agi) jdaté du j^jg0Sîfita68î : « Jean de la ^11 1^^"^'* .'iici ^ Fontaine n'a pas été pluslieureuz que Boyer et que le Clero. r/ / J J Quand il a voulu mettre quelque pièce sur le théâtre, les co« ^ ^ '^^ -médiens n'en ont pas osé faire une seconde représentation, de ^{iliZA fx peur d'être lapidés. » C'est bien de Ragotin qu'il parle, la seule des comédies attribuées à la Fontaine qui ait été jouée avant i685. Furetière ne doutait pas qu'il n'y eût mis la main^ • et paraissait ne pas craindre, sur ce point, un démenti de notre poète. Ce témoignage contemporain a de la valeur.

Quant aux preuves intrinsèques, on a peine à les trouver. Il fondrait dire que la Fontaine s'est beaucoup plus trompé en s*essayant dans la comédie que dans l'opéra, et qu'il n'y pouvait faire, suivant l'expression de Mme de Sévigné, que de la mauvaise musique, si l'on ne devait tenir compte de l'extrême faiblesse de son collaborateur, et s'il n'était pas difficile de distinguer le peu qu'il est possible de croire de lui de ce qcd est (et c'est à peu près tout sans doute) de Champmeslé.

Ragotin^ tiré du Roman comique^ est vraiment misérable. Scarron y perd tout l'agrément de sa plaisante narration. L'intrigue de la comédie est sans nul intérêt. Walckenaer est d'avis que, dans les récits qui ne tiennent pas à l'action, on peut reconnaître la Fontaine* : « Jamais, dit-il, Champmeslé n'eût pu traduire en langage poétique la prose de Scarron avec la précision et l'élégance qu'on remarque dans quelques passages de cette pièce. » Admettons que ce soit souvent mieux que Champmeslé ne pouvait faire; mais il serait tny

I. Histoire du thédêro fiwtfoù^ tome XIV, p. $97, k la note. 1. OEurrtê de la Fomimmê (1817), tome IV, p. 347, ArartisêemMU dePédiieur.

CXLIT NOTICE BIOGRAPHIQUE

fort de goAler un style qui est psrfob d'un plat et grossier

bniiesqoe. Où est Ja touche fine et délicate de l'auteur des

Contes ? On relèverait bien des sottises qui n*ont pu venir que

sous la plume de Ghampmeslé. Ragotin fat représente pour la

^ / première fois le ^ avril 1684, puis quatre fois encore jus-

' qu'au 5 mai, et deux fois le 14 et le 16 juillet. Furetière,

If 4 ^Ji ^"''^ ^'^ Troisième factum du %k décembre 1686^ avoue ^ qu'il

. X . c ^>^ K^ a été inexact dans ce qu'il avait dit d'abord de la chute de la

; ^ / ,^ comédie dès le premier jour ; mais sa rectification était encore

4 y\ ^ - . l \ t V insoffisante : « Tout ce que M. de la Fontaine peut souhaiter

que je réforme en l'article qui le regarde, c'est d'avoir dit que sa pièce de théâtre n'a été jouée qu'une seule fois; car j'ai appris depuis qu'il y en avait eu deux représ^itations. » Deux, nous l'avons vu, ce n'était pas assez dire.

Il faut parler autrement du Florentin^ rqurésenté le a3 juillet i685. La Harpe loue un peu trop cette comédie, qui était restée au répertoire. C'est « un des plus jolis actes, dit-il, qui égaient le théâtre de Thalie. » Thalie en a de moindres, mais aussi beaucoup de meilleurs. Il paratt y avoir quelques souvenirs du SiciUen de Molière, surtout de son Ecole des femmps. La plus agréable scène (on l'a toujours vantée) est celle' où Harpajème, déguisé et s'imaginant n'être pas reconnu, cherche à tirer d'Hortense la confidence de ses vrais sentiments. Là certainement Champmeslé disparaît, et laisse voir mal caché derrière lui quelqu'un qui parle une autre langue, non pas un Molière, mais un homme de beaucoup d'esprit, quoique égaré loin de sa véritable vote. On n'aurait peut-être pas deviné la Fontaine; mais, une fois averti, Ton ne s'étonne pas trop cette fois de sa collaborati<Hi. Le Florentin eut, dans ses commencements, treiae représentations, dont la dernière eut lieu le ao août i685; il fot repris en janvier i686.

La Coupe enchamée fut jouée le 16 juillet i688. Si la Fontaine en fut le collaborateur, ce fut peut-être seulement en ce sens qu'elle est tirée de deux de ses contes, de celm qui porte le même titre que la pièce, et de celui des Oies de

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