‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 115 sur 299 · I. — L’atténuation des virus et la vaccination · texte numérisé non relu

I. — L’atténuation des virus et la vaccination

Pour ces observateurs, ces découvertes n’existent pas. Elles sont lettre morte. Lorsque j’eus pris connaissance de leurs désobligeantes diatribes, sans prendre la peine de leur répondre, je m’empressai de préparer les choses de façon qu’ils eussent sous les yeux la preuve de leurs méprises. Je fis ce que j’ai fait souvent pour les contradictions auxquelles toutes mes recherches ont donné lieu.

Le grand intérêt agricole du sujet m’en donna les moyens. A ma demande, M. le Ministre de l’agriculture de Prusse nomma une Commission qui fut composée de :

MM. Beyer, membre du Conseil supérieur du gouvernement, président ;

D1' Virchow, professeur, conseiller intime médical;

Comte Zieten-Schwerin, de Wustrau;

Dr Dammann, professeur, directeur de l’École vétérinaire de Hanovre ;

Zimmermann, de Benkendorf;

Rimpau, de Schlanstedt;

Œmler, vétérinaire départemental;

Dr Roloff, directeur de l’École vétérinaire de Berlin;

Dr Muller, professeur de cette École;

et sous la surveillance de laquelle, avec l’aide de M. Thuillier, attaché

1 Lceffler. Loc. cit., p. 136-138. (Note de l'Édition.)

à mon laboratoire, furent faites des expériences de vaccination charbonneuse sur une grande échelle.

Le Rapport de la Commission, confié au professeur Millier, vient de paraître à Berlin. Il est intitulé : Expériences sur V action des inoculations contre le sang de rate , par la méthode de Pasteur, faites par ordre de M. le Ministre de V agriculture , des domaines et des forêts sur des animaux des races bovine et ovine du domaine de Packiscli. — Berlin, 1882 r1).

Le docteur Koch et ses élèves doivent maintenant savoir à quoi s’en tenir sur la découverte de l'atténuation des virus.

IL — La septicémie.

Lorsque, en 1877, j’ai abordé l’étude du charbon, avec la collaboration de M. Joubert, les esprits étaient encore très partagés sur le rôle de la bactéridie dans cette affection. Tous les doutes au contraire sur ce microbe, envisagé comme cause exclusive du mal, tombèrent après la publication de notre Note du 30 avril 1877 (Étude sur la maladie charbonneuse, par MM. Pasteur et Joubert. Comptes rendus de U Académie des sciences, LXXNIV, 1877 [p. 900-906; et p. 164-171 du présent volume]). On pourrait à la rigueur invoquer pour preuve de ce que j’avance le passage suivant du docteur Koch, dans un Mémoire du recueil déjà cité. Après avoir considéré les démonstrations de notre Note comme superflues, il s’exprime ainsi (2) :

« Déjà le premier travail de Pasteur (il s’agit précisément de cette Note du 30 avril 1877), qui tendait à démontrer que les bacilles sont vraiment la cause de l’affection, présentait ce caractère.... Or, Brauell ^3), en démontrant que le sang du foetus (d’un animal mort du charbon) n’est pas virulent, Davaine (4 5), en montrant que le sang dilué au millionième ne perdait pas sa puissance, Tiegel et Klebs (s), en annonçant que le sang débarrassé des bactéries par la filtration deve-

1. Les Rapports sur les expériences de Packiscb sont consignés dans Chamberland (Ch.). Le charbon et la vaccination charbonneuse. Paris, 1883, in-8°; p. 215-229.

loir aussi : Muller (C. F.). Die Milzbrandimpfungen in Packiscb. Archiv fur die wissenschaftliche und prahtische Thierlieilkunde , VIII, 1882, p. 319-338. — Die Schutzimpfung gegen den Milzbrand nach dera Pasteur’schen Verfahren. Ibid., p. 468-479. — Weitere Mittheilungen liber die in Deutschland ausgeführten Schutzimpfungen gegen den Milzbrand nach dem Pasteur schen Verfahren. Ibid., IX, 1883, p. 163-166; p. 241-243; p. 396-398.

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