‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 116 sur 299 · Davaine. Loc. cit · texte numérisé non relu

Davaine. Loc. cit

5. Tiegel. Die Ursache des Milzbrandes. Nachschrift von Klebs. Arbeiten aus dem Berner pathologischen Institut, 1871-1872. Wilrzhurg, 1873, p. 130-137. (Notes de l'Édition.)

MALADIE S Y I R U L E N T E S

nait inoffensif, avaient suffisamment démontré cela... Il est vrai, ajoute Jvocli, que l’on pouvait objecter que, pour rendre le sang charbonneux virulent, les bacilles devaient exister, mais que cette infection résultait, non de l’action des microbes, mais d’un poison spécial qui y reste adhérent. Au fond et au point de vue pratique, cette objection n’avait aucune importance ».

M. Zuber, professeur au Val-de-Grâce, qui a résumé pour la Revue (l’hygiène de M. Vallin le Mémoire du professeur Koch, joint à cette citation les remarques suivantes :

« Comme les opinions peuvent différer! Nous pensions, et beaucoup de monde avec nous , que cette objection était cl’ une importance capitale , et nous reprochions précisément aux auteurs qui sont cités plus haut d’opérer sur un liquide complexe par des procédés compliqués qui rendaient les résultats douteux. C’est pour cela que nous avions salué avec joie les expériences au moyen des cultures à la vingtième , à la quarantième... génération , parce que le résultat était débarrassé de toutes les complications gênantes et paraissait clair et net à tous les yeux! » (Zuber. Revue d’hygiène , 20 février 1882.)

Une autre preuve des doutes qui s’emparaient des meilleurs esprits, touchant le rôle des bactéridies, est donnée par un passage de M. Chauveau dans son travail sur les virus (4) ; je regrette de ne pouvoir le citer, n’ayant pas le texte sous les yeux.

Ce qu’on ne doit pas omettre surtout, c’est la Note présentée à la Société de biologie par M. Paul Bert, à la veille, pour ainsi dire, de notre Note du 30 avril, le 13 janvier 1877, postérieure par conséquent aux travaux de Brauell, de Davaine, de Tiegel et Klebs, de Koch luimême :

« Je puis, disait M. Paul Bert, faire périr la bactéridie de la goutte de sang par l’oxygène comprimé, inoculer ce qui reste et reproduire la maladie et la mort, sans que la bactéridie se montre. Donc les bactéridies ne sont ni la cause ni l'effet nécessaire de la maladie charbonneuse. Celle-ci est due à un virus (1 2). »

Est-ce que cette expérience de M. Paul Bert ne venait pas à l’appui des assertions de MM. Jaillard et Leplat, dans la discussion qu’ils soutinrent contre le docteur Davaine devant l’Académie des sciences (3).’

1. Chauveau (A). Nature du virus-vaccin. Comptes rendus de l'Académie des sciences, LXVI, 1868, p. 289, 317 et 359.

2. Bert (P.). Nouvelles recherches sur le sang de rate. Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de biologie, séance du 13 janvier 1877, XXIX, p. 19.

3. Voir, à ce sujet, p. 161-162 du présent volume : Note au sujet de la Communication de MM. Leplat et Jaillard; et p. 162-163: Observations verbales présentées à la suite de la Communication de M. Davaine. (Notes de l’Édition.)

Je le demande à M. Koch : au nom de quel argument aurait-il pu, à ce moment, protester contre les faits avancés par M. Paul Bert? Ce qui est certain, c’est que personne ne s’en est avisé.

Bref, dans toutes les obscurités que je rappelle, d’où est venue la lumière, sinon des Notes que nous avons publiées les 30 avril et 16 juillet 1877? (Voir, Comptes rendus de V Académie des sciences , Pasteur et Joubert, LXXXIY, p. 900 et LXXXV, p. 101) [C.

Dans ces Notes complétées par celle du 29 avril 1878 ( Comptes rendus de V Académie des sciences et Bulletin de V Académie de médecine , intitulée : la théorie des germes), et faite en collaboration avec MM. Joubert et Chamberlancl (2), la découverte du vibrion septique proprement dit n’a-t-elle pas mis en évidence les erreurs commises jusque-là? Comment ! ce vibrion est isolé, étudié dans ses propriétés, démontré être anaérobie , cultivé à l’état de pureté dans des cultures successives à l’aide du vide, atténué même ou rendu à sa virulence, et le Dr Koch ne craint pas d écrire que « Pasteur n’a jamais eu devant les yeux la septicémie infectieuse dans sa forme non compliquée (3 4 », alors que nous avons donné, d’une part, le moyen infaillible d’avoir la maladie et proposé, [d’autre part], pour séparer le vibrion septique de la bactéridie charbonneuse, ce procédé si simple de semer le sang qui renferme ces deux microbes : 1° dans le vide; 2° au contact de l’air. Dans le premier cas on recueille le vibrion septique pur, parce qu'il est anaérobie; dans le second cas, la bactéridie se multiplie seule, parce qu’elle est aérobie exclusivement. Contrairement à la vérité, Koch prétend que, pour obtenir cette maladie, j’injecte sous la peau d’un animal une ou plusieurs seringues de liquide putride, mode d’opérer dont je ne me suis jamais servi dans aucune de mes recherches.

C’est à croire que le D1' Koch ne lisait mes Communications que dans les travestissements de M. Colin, d’Alfort.

Sur quoi peut encore s’appuyer M. Koch (4) pour critiquer le mot septicémie et le remplacer par celui d'œdème malin , dénomination qui eût été impardonnable dans le sujet, puisque chacun sait qu’en France l’expression œdème malin désigne une des formes du charbon chez l’homme? N’eùt-il pas été convenable de sa part de conserver à une

1. Voir, p. 1G4-171 du présent volume : Étude sur la maladie charbonneuse, avec la collaboration de M. Joubert; p. 172-188 : Charbon et septicémie, avec la collaboration de M. Joubert.

2. Voir, p. 112-130 du présent volume : La théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie, avec la collaboration de MM. Joubert et Ghamberland.

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