‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 125 sur 299 · CONSEILLER INTIME DU GOUVERNEMENT, A BKIILIN · texte numérisé non relu

CONSEILLER INTIME DU GOUVERNEMENT, A BKIILIN

Paris, ce 25 décembre 1882.

Monsieur,

En 1881, vous avez attaqué nies travaux, à la hâte et à la légère, dans le premier volume du recueil de Y Office sanitaire impérial allemand^). A Genève, le 5 septembre 1882, j’ai réfuté en passant vos erreurs. Il est fâcheux que vous vous soyez alors refusé à une discussion publique. Si différentes que soient les conditions d’un débat qui ne peut plus s’engager face à face et en présence de juges compétents, je les accepte cependant.

Je n ai apporté, dites-vous, au Congrès de Genève, aucune nou- ' eauté scientifique. Vraiment, monsieur! 1 ne méthode générale d'atténuation des virus par une simple exposition à l’action de l'oxygène de 1 air, la connaissance de nouveaux microbes, la recherche des conditions de leur atténuation, variables selon leurs propriétés respectives, tout cela n’a rien qui vous paraisse nouveau! Il est vrai que, dans le recueil allemand que je citais tout à l'heure, vous avez laissé croire que l’atténuation des virus était une fable, l’effet probable de quelque adultération de mes cultures ou du dépôt d’un germe étranger sur l’aiguille servant à la vaccination.

Quelque habitué que je puisse être aux contradictions de toute sorte, j a\ oue que j ai été déconcerté en lisant dans votre brochure que :

« Dans l’étude d’une maladie, je ne recherche pas les microbes, que je ne m inquiète pas de savoir où ils sont, et que je laisse de côté, dans chaque cas particulier, la démonstration du caractère parasitaire. »

Il faut vraiment avoir ces lignes sous les yeux pour se persuader qu’elles ont été écrites.

« C est ainsi, continuez-vous avec assurance, que Pasteur ne dit pas s il a, dans la maladie désignée par lui comme nouvelle maladie de la 1 a8e, exploré les organes de l’enfant qui a succombé à la rage et qui lui a ser\ i de point de départ pour des expériences d’inoculation et, avant tout, s il a recherché microscopiquement dans les glandes sublinguales la présence du microbe spécifique. »

Je retrouve ici, monsieur, un nouvel exemple du procédé de discus-

l. Ivoch (R.). Znr Aetiologie des Milzbrandes. Mittheïlunffen aux dem kaixerl. Gexundheitxamte, I, 1881, p. 49-79. {Note de l'Édition.)

sion qui vous a déjà servi en 1881 ; vous me prêtez des erreurs que je n’ai pas commises ; vous les combattez et vous en triomphez bruyamment. Où donc avez-vous lu un travail de moi relatif à une « nouvelle maladie de la rage » ? Sans doute dans quelque récit de seconde main.

Non, monsieur, je n’ai jamais affirmé avoir trouvé une nouvelle maladie de la rage. J’ai dit et je répète que j’ai trouvé une maladie nouvelle ') qui a été obtenue pour la première fois par la salive d’un enfant mort de la rage, que cette salive, ou plutôt le mucus buccal inoculé aux lapins, les a fait périr rapidement par la présence d’un microbe que personne n’avait signalé avant nous, car j’écris en mon nom et au nom de mes trois collaborateurs, MM. Chamberlain], Roux et Thuillier. Cet organisme microscopique, je l’ai décrit; j’ai indiqué les lésions qu’il provoque; j’ai démontré que ce microbe, quoique pathogène pour les chiens eL les lapins et quoique présent dans le mucus buccal des personnes qui meurent de la rage, n’a pourtant aucune relation quelconque avec l’étiologie de cette dernière maladie; qu’enlin on le rencontre habituellement dans la bouche d’enfants morts de maladies communes et également dans la salive de personnes adultes en pleine santé. Voilà ce que j’ai dit, et ce qu’il était facile de vous rappeler. Nous continuez imperturbablement:

« Pasteur, quand il essaya de transmettre la rage du cadavre de cet enfant aux animaux, employa, non pas le tissu même de la glande sublinguale, mais la salive; or on sait que celle-ci contient un nombre incalculable de diverses bactéries, notamment, comme Vulpian et Sternberg- l’ont montré, des bactéries pathogènes, même chez l’homme tout à fait sain. (Vulpian, Bulletin de V Académie de médecine , 29 mars 1881 ; et Sternberg, National Board of Health Bulletin , 30 avril 1881). »

Vous ignorez donc, monsieur, que la salive rabique était la seule substance dans laquelle on eût constaté la présence du virus rabique et qu’aujourd’hui encore, on conteste la présence de ce virus dans les glandes; ce n’est pas là toutefois ce que je veux relever. Je veux montrer simplement que vous possédez l’art de mêler les choses et de confondre les dates, (pie MM. Vulpian et Sternberg sont venus non pas devancer, mais confirmer la constatation de l’existence d’un microbe pathogène dans la salive de personnes en pleine santé. Il suffit de se reporter aux séances des 22 et 29 mars 1881 de l’Académie de médecine. Voici d’ailleurs comment s’est exprimé M. Vulpian, le 29 mars 1881 : « Je regrette de n’avoir pas été présent à l’Académie, lorsque

1. Voir, p. ">59-506 du présent volume: Sur une maladie nouvelle provoquée par la salive d'un enfant mort de la rage. [Note de l'Édition.)

MALADIES Y I RU LE NT liS

M. Parrot a lu la Lettre de M. Pasteur, insérée dans le dernier Bulletin (1). J’aurais informé l’Académie que j’avais provoqué la mort assez rapide d’un lapin, en lui faisant subir une injection sous-cutanée de salive normale provenant d’adultes sains... Le sang du premier lapin et celui du second, examinés quelques heures après la mort, contenaient de nombreux microbes ; plusieurs d’entre eux, dans chaque préparation, offraient les caractères de ceux qui ont été trouvés par M. 1 ■)asteur dans le sang de lapins morts à la suite de l’inoculation de la salive provenant d’enfants morts d’hydrophobie rabique ou d’enfants morts de broncho-pneumonie. M. Pasteur avait eu la complaisance de me montrer ces microbes, et j’ai pu ainsi les reconnaître facilement (2 . » Ai-je besoin d’ajouter que Sternberg, monsieur, d’après votre texte même, n’arrive que le troisième dans la constatation de l'existence de ce microbe ?

Préoccupé, comme vous l’êtes visiblement, d’enlever une part de nouveauté à la découverte du nouveau microbe de la salive et de la maladie qu'il détermine, vous affirmez gratuitement que cette maladie est identique à la septicémie des lapins de Davaine, ce qui est absolument inexact. Gomme vous avez la prudence de ne donner aucune preuve de votre assertion, je n’ai pas à m’y arrêter.

Votre méthode générale d’argumentation se retrouve dans la manière dont vous présentez ce que j’ai dit d’un autre microbe également nouveau, celui que nous avons rencontré dans la matière éeumeuse sortant des naseaux cl’un cheval mort de l’affection appelée fièvre typhoïde du cheval.

Pourquoi me faites-vous dire qu’à Genève j'ai parlé de la découverte du microbe même de la fièvre typhoïde des chevaux? Tout au contraire, j’avais fait observer expressément que je laissais de côté la question de savoir si notre microbe, malgré son origine, avait une part quelconque dans la cause de cette affection. Vous savez très bien que ma Communication à Genève avait pour objet principal de donner des exemples d’atténuation de virus par l’influence de l’oxygène de l’air, et que pour l’un de ces exemples j’ai pris le microbe dont je viens d’indiquer l’origine. Vous affirmez, en outre, sans la moindre preuve, que ce quatrième microbe est encore identique au microbe pathogène

1. Lettre dans laquelle j’annonçais à l’Académie la présence, dans la salive d’enfants morls de maladies communes et dans celle d’une personne adulte, en pleine santé, du microbe nouveau que j’avais découvert dans la salive d’enfants rabiques, et où je concluais que la maladie produite par ce microbe n’avait aucune relation avec la rage. [Voir, p. 570-571 du présent volume : Lettre au Dr Parrot, le 22 mars 1881].

2. Vulpian. Inoculation de salive. (Note lue par le Secrétaire perpétuel.) Bulletin de X Académie de médecine , séance du 29 mars 1881, 2° sér., X, p. 394-395. ( Xote de l'Édition.)

ŒUVRES IJE PASTEUR

de la salive. C’est une nouvelle erreur de voire part. Ces deux microbes diffèrent entre eux physiologiquement, autant qu’il est possible. Le jour ou vous voudrez être édifié sur ce point et sur tous les points qui précèdent, je serai a votre disposition devant un congrès ou devant une commission dont vous pourrez même désigner les membres.

Si vous acceptez ma proposition, vous ne maintiendrez peut-être pas le ton d’assurance que reflètent les termes que j’extrais de votre brochure même :

(< . 1 out cela lut négligé il s’agit du quatrième microbe précédent)

et un hasard malin voulut que, ici encore, on trouvât le fatal microbe en 8 (pii tue les lapins en vingt-quatre heures environ. Qu’il s’agisse encore ici de la même septicémie du lapin que déjà Davaine avait décrite et qui est identique à la maladie nouvelle (de la rage) de Pasteur, c est ce qui ue saurait laire l’ombre d’un doute pour quiconque

se connaît en inoculation sur les animaux . Même en admettant que

I inoculation du mucus du cheval provoque chez le lapin une variété non encore observée d’infection expérimentale, je considérerais cette découverte comme d ordre tellement secondaire que je ne la jugerais pas devoir etre communiquée a un congrès international comme une chose importante. »

Ce beau dédain, monsieur, pour ces pauvres microbes en forme de 8 lait sans doute partie de votre méthode d’exploration des maladies qui o 11 re avec la mienne, dites-vous, une différence radicale. Il est regrettable quelle vous porte à laisser de côté ce que les autres estiment digne des plus sérieuses études, et permettez-moi de penser que, a\ ec plus d attention pour les petites choses, vous auriez peutclre mieux suivi les détails de ma première Note du 28 février 1881 (*) au sujet de 1 atténuation du virus charbonneux; vous vous seriez en oulie épargné cette erreur de croire qu’à 43° le bcicillus anthracis donne des spores, et qu’en conséquence le principe même de la méthode de 1 atténuation de ce bacille est controuvé.

ô ous revenez, monsieur, sur l’expérience de l’inoculation du charbon aux poules par le seul fait d’un refroidissement des sujets (C. Cette expérience mérite bien, en effet, toute votre attention ; car elle a cl<> jugée jusqu a présent comme l’une des expériences remarquables de la physiologie. En 1881, clans le recueil de l 'Office sanitaire alle-

U Voir, p. 332-888 du présent volume: De l’atténuation des virus et de leur retour à la virulence.

2. Voir, à ce sujet, les Communications p. 210-222 du présent volume. (Notes de l'Édition.)

ni and i '), vous avez clouté de son exactitude. Plus réservé aujourd’hui, vous l acceptez comme vraie. Je vous sais gré de ce nouveau cliano-ement d opinion, louteiois, vous n’acceptez pas l’interprétation que j’ai donnée de ses résultats. Le moyen de maintenir les ailes des poules et de lixer celles-ci sur une planchette n’a pas votre approbation ; vous concluez, ce qui est peu logique, de ce qui se passerait chez certains oiseaux, aux poules elles-mêmes; enfin, vous prétendez encore que, dans les conditions normales, les poules prennent le charbon dans la proportion de 33 pour 100.

Les poules allemandes y mettent peut-être plus de complaisance que les poules françaises. Quant a moi, je n’ai jamais pu donner le charbon à des poules non refroidies, quelles soient ou non fixées suides planchettes.

Comme les poules refroidies prennentle charbon et que, au moment où elles sont déjà envahies par le bacillus anlliracis , il suffit de les réchauffer pour que le bacillus disparaisse, en même temps que les poules reprennent peu à peu leur santé, je considère que ce sont là des preuves suffisantes pour conclure à un simple effet de température.

Il serait à désirer même que tous les faits physiologiques fussent établis sur des preuves aussi solides. Il serait à désirer surtout que vous eussiez de votre interprétation, à vous, un appui expérimental aussi sérieux. Mais vous vous contentez d’une interprétation toute de fantaisie en déclarant que vous avez jugé inutile de contrôler les faits.

L histoire des études anciennes et récentes relatives à l’affection charbonneuse, à son étiologie, à l’application de la vaccination nouvelle des animaux, toutes questions qui paraissent vous intéresser plus particulièrement, va mettre plus encore en évidence les faiblesses de votre polémique.

Votre premier travail porte sur le Charbon ou Milzbrand (1 2) ; il a été publié, ainsi que vous le rappelez vous-même, en 1876. Voici comment j’en ai parlé, le 30 avril 1877, devant l’Académie des sciences -:

« Dans un Mémoire remarquable, le docteur Koch a constaté que les petits corps filiformes découverts par M. Davaine peuvent passer à 1 étal de corpuscules brillants après s’être reproduits par scission,

puis se résorber . » Et plus lias, j’ajoutais : « On doit penser

que ces corpuscules peuvent survivre d’une année à l’autre sans

1. Kocii (R.). Zur Aetiologie des Milzbrandes. Mittlieilungen aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, I, 1881, p. 49-79.

2. Koch (R.). Untersucliungen über Bakterien. V. Die Aetiologie der Milzbrandkrankheit, begrùndet auf die Entwickelungsgeschichte des Bacillus anthracis (1876). Colin’ s Beitràge zur Biologie der Pflanzen, II, 1877, p. 277-310. ( Notes de V Édition .)

périr, prêts à propager le mal; c’est l’opinion du docteur Koch (*ï. »

Vous voyez, monsieur, que, l’un des premiers, j’ai reconnu le mérite de votre travail sur les spores du bacillus cinthracis et l’utilité de la connaissance de ces spores pour l’étiologie du charbon. Toutefois, si vous voulez bien vous reporter au premier volume de mes Études sur la maladie des vers à soie , vous y verrez, pages 168, 228 et 256 (-’), que la priorité de la découverte de la formation des spores dans un bacillus pathogène m’appartient, que j’ai décrit et figuré ce bacillus, que j’ai indiqué la formation des spores ainsi que la résolution de la matière environnante des filaments, que j’ai enfin démontré que ces spores ou kystes pouvaient se régénérer plusieurs années après leur formation.

Pourquoi, monsieur, avez-vous caché tout cela aux lecteurs de votre premier Mémoire ? Direz-vous que vous ignoriez l’existence de mon Ouvrage sur la maladie des vers à soie, qui a paru en 1869-70 ? Votre assertion serait sans portée; car, en fait de science, nul n’est censé ignorer une découverte; mais depuis 1877, que d’occasions n’avez-vous pas eues de revenir sur ces faits! Vous vous êtes obstiné à n’en point parler, afin de ne pas avoir à reconnaître que votre étude sur le bacille du chai bon devait être considérée, malgré son mérite propre, comme une application nouvelle de principes antérieurs que j’avais établis.

Tn îésumé, ce n est pas vous, monsieur, qui avez trouvé le mode de génération des bacilles et vibrions par spores ; ce n’est pas vous qui avez signalé leur curieux mode de formation; ce n’est pas vous qui avez reconnu leur conservation à l’état de poussière et la longue durée de leur vitalité. La précision avec laquelle j’ai décrit et figuré la formation, de ces kystes, corpuscules-germes, spores, est telle que vous auriez pu vous bornera un décalque de la planche qui la représente à la page 228 de mon Ouvrage (3), pour l’introduire dans votre Mémoire de 1876, et la faire servir à ce que vous avez dit du bacillus anthracis .

L opinion que les spores du bacille du charbon peuvent propager le mal charbonneux d’une année à l’autre, de même que les spores du bacille de la flacherie des vers à soie peuvent produire cette maladie les années suivantes, suffirait-elle à nous donner l’étiologie complète et vraie du charbon? Personne ne saurait le soutenir. La connaissance de cette étiologie ne date que de la découverte du rôle des vers de terre.

1. Voir, p. 164-171 du présent volume : Étude sur la maladie charbonneuse. 1 âges 153-154, 207 et 231-232 du tome IV des Œuvres de Pasteur.

3- Voir> t,0™6 IV des Œuvres de Pasteur, p. 207, la figure : Vibrions (A otes de l'Édition.)

de la flacherie

Voilà Ce qu'il est nécessaire de vous rappeler, monsieur. Il est vrai que cette découverte sur le rôle des vers de terre ne mérite pas, à vos yeux, la peine qu’on s’y arrête, et, dans le Recueil de l'Office sanitaire allemand , vous souriez a la pensée qu'elle ait pu attirer l’attention même de vos compatriotes. Vous avez tort, monsieur. Vous vous préparez encore le mécompte d’un changement d’opinion. C’est ainsi qu’aujourd’hui, après avoir rejeté le grand fait de l’atténuation des virus, vous êtes contraint de l’accepter et d’en faire l’éloge. Vous reviendrez au rôle des vers de terre.

La revue rétrospective à laquelle vous m’obligez n’est pas terminée. Je demande pardon au lecteur de faire un historique où les travaux qui me sont personnels tiennent beaucoup de place ; mais vous semblez, monsieur, ignorer ou méconnaître l’enchaînement des faits. Il y a dans votre brochure une foule de passages où « l’impertinence de l’erreur », ainsi que s’exprime Pascal, est vraiment trop grande.

Depuis les temps les plus reculés, tous les hommes, et plus particulièrement ceux qui s’adonnaient à la pratique de la médecine, ont rapproché deux phénomènes naturels de capitale importance : la maladie ou la fièvre et la fermentation. La pâte de farine et le moût de raisin qui, spontanément, se soulèvent et s’échauffent, rappellent à tout esprit observateur ce mouvement d’accélération du pouls qui s’accompagne d’une élévation de température et qui change l’état de toutes les humeurs du corps.

Aux diverses époques de l’histoire des sciences etde quelque obscurité que fût couverte la connaissance de ces grands phénomènes, on a été porté à croire que le mystère qui les enveloppe est de même nature. C’est ce que le célèbre professeur Tyndall, dans une de ses brillantes leçons de l’Institution royale de Londres, exprimait naguère, en citant ces profondes paroles du physicien Boyle : « Celui qui pourra sonder jusqu’au fond la nature des ferments et des fermentations sera sans doute beaucoup plus capable qu’un autre de donner une juste explication des divers phénomènes morbides (aussi bien des fièvres que des autres affections), phénomènes qui ue seront peut-être jamais bien compris sans une connaissance approfondie de la théorie des fermentations. »

Aussi vit-on, à toutes les époques, les théories médicales, et plus particulièrement celles qui concernent l’étiologie des maladies contagieuses, subir en quelque sorte le contre-coup des explications imaginées pour rendre compte du phénomène de la fermentation. Lorsque j’entrepris, en 1856, mes premières études, la doctrine de Liebig était en pleine faveur. Les ferments, disait Liebig, sont toutes ces

matières azotées, albumine, fibrine, caséine..., ou les liquides organiques qui les renferment, le lait, le sang, l’urine, dans l’état d’altération qu’elles éprouvent au contact de l’air. Ce mouvement d’altération, elles peuvent le communiquer aux matières fermentescibles qui se résolvent alors en produits nouveaux.

Sous la pression des idées ardemment et habilement défendues par le savant chimiste, au sujet de la nature des ferments, les virus et les processus des maladies furent également considérés comme des résultantes de mouvements intestins de substances en voie d’altération, pouvant se communiquer aux diverses matières de l’être vivant.

La spontanéité était invoquée dans l’origine et la marche des maladies, comme dans celles des fermentations. Pendant vingt années, tous les travaux que je communiquai à l’Académie des sciences concoururent, directement ou indirectement, à démontrer l’inexactitude des opinions de Liebig. Je fis voir, en premier lieu, que dans les fermentations proprement dites on trouve, d’une manière nécessaire, des microbes spéciaux et que là où l’on ne croyait avoir affaire qu’à des matières mortes, envoie d’altération, la vie apparaît, corrélative de la fermentation. Je constituai, d’autre part, des milieux fermentescibles dans lesquels il n’existait que trois sortes de substances : la matière pouvant fermenter, des sels minéraux, en troisième lieu, les germes du microbe-ferment. Corrélativement à la multiplication de ce dernier, la fermentation s’établissait et s’achevait. Toute matière albuminoïde étant ainsi écartée au début de la fermentation, la doctrine de Liebig s’effondra et les phénomènes des fermentations se présentèrent comme de simples actes chimiques de décomposition en relation avec la nutrition et le développement de microbes qui empruntaient aux substances environnantes, minérales et fermentescibles, les éléments de leurs propres tissus.

Permettez-moi, monsieur, une courte digression. Quand je me reporte, comme je le fais en ce moment, aux études qui m’ont occupé de 1856 à 1876, long espace de vie pendant lequel vous n’étiez pas né à la science, puisque votre premier travail date de 1876, et où mon unique préoccupation était d’isoler et de faire vivre des microbes à l’état de pureté, dans des milieux appropriés, n’est-il pas plaisant, en vérité, que vous ayez la légèreté de m’accuser de ne point savoir faire des cultures pures !

\ ous n’avez donc pas lu, monsieur, entre autres choses, dans les Comptes rendus de U Académie des sciences , cette sorte de défi que j’ai porté, en 1871, à votre éminent compatriote Liebig, au sujet de la

grande inexactitude de sa théorie de la fermentation *)? Vous n’avez donc pas lu que, s’il eût accepté de soumettre le débat à une Commission dont je lui laissais le choix des membres, j’étais en mesure de présenter à celle-ci des fermentations complètes de poids très élevés de sucre candi pur, a l’aide d’une levure uniquement formée et nourrie dans un milieu minéral sucré, circonstance qui exigeait de la manière la plus absolue que la levûre eût poussé à l’état de pureté irréprochable, au contact d’un air pur ? Mais pourquoi m’arrêter à vos puériles assertions sur le point dont je paide ? Je passe et je reprends mon récit.

La médecine humaine et la médecine vétérinaire s’emparèrent bientôt de la lumière que leur apportèrent les résultats de mes travaux. On s’empressa notamment de rechercher si les virus et les contages ne seraient pas des êtres microscopiques vivants.

Le docteur Davaine (1863) [1 2] s’efforça de mettre en évidence les fonctions réelles de la bactéridie du charbon ; le docteur Chauveau (1868) [3] établit que la virulence était due aux particules solides antérieurement aperçues dans les virus; le docteur Obermeier (1868) [4 5] signala le spirille de la fièvre récurrente; le docteur Klebs (1872) [3] attribua les virus traumatiques à des organismes microscopiques.

La preuve la plus frappante de l’influence que mes travaux sur les fermentations eurent dans la naissance et le développement du mouvement auquel nous assistons touchant l’étiologie des maladies nous est donnée par une circonstance particulière qui concerne l’histoire de l’affection charbonneuse.

Au mois d’août 1850, M. le docteur Rayer, rendant compte des recherches qu’il avaitfaites, en collaboration avec M. le docteur Davaine, sur la contagion de la maladie appelée charbon ou sang de rate, s’exprime ainsi :

« Il y avait, en outre, dans le sang, de petits corps filiformes ayant environ le double en longueur du globule sanguin. Ces petits corps n’offraient point de mouvement spontané » (6).

1. Voir, tome II des Œuvres de Pasteur, p. S61-366 : Note sur un Mémoire de M. Liebig,

relatif aux fermentations.

2 et 3. Davaine, Chauveau. Loc. cit.

4. Obermeier. Ueber das wiederkehrende Fieber. Archiv fur pathologische Anatomie und Physiologie. XLVII, 1869, p. 161 et 428.

5. Klebs, in Tiegel (E.). Ueber die fiebererregende Eigenscliaft des Microsporon septicum. Ein Beitrag zur Lehre von den fieberhaften Wundkrankkeiten. Arbeiten aus dem Berner pathologischen Institut, 1871-1872, lierausgegeben von Klebs. 1873, p. 56-72. — Tiegel dit, à la fin de son travail : « Als Ursache der accidentelle!! Wundkrankheiten bat Prof. Klebs das Microsporon septicum nachgewiesen. »

6. Rayer. Inoculation du sang de rate. Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de biologie, II, 1850, p. 141-144. ( Notes de l'Édition.)

Telle est la date véritable de la première observation sur la présence des corps bactériformes dans la maladie charbonneuse.

Pendant treize années, Rayer et Davaine ne donnèrent aucune autre attention quelconque à ces petits filaments du sang des cadavres morts du charbon. Mais Davaine nous a appris qu’il revint en 1863 sur le rôle possible de ces éléments du sang, à la suite des réflexions que lui avaient suggérées la lecture de ma Communication de 1861, à l’Académie des sciences, sur la fermentation butyrique (0. J’avais annoncé à 1 Académie que le ferment de cette fermentation, loin d’être une matière albuminoïde en voie de décomposition spontanée, comme le voulait la théorie de Liebig, était formé par des vibrions mobiles anaérobies. Davaine, frappé de la grande ressemblance de ce microbe-ferment nouveau avec les corps filiformes du sang charbonneux, se demanda si ces derniers ne seraient pas en quelque sorte le ferment de la maladie qu’il avait étudiée autrefois avec le docteur Rayer. Il faut dire, en outre, que, dans cette même année 1863, je venais de démontrer le fait si décisif que, dans l’état de santé, le corps des animaux est fermé à toute introduction de germes extérieurs, que le sang et l’urine sontdes liquides tellement exempts de germes de microbes de toute sorte qu on peut les exposer au contact de l’air, quand celui-ci esl privé des germes qu il porte naturellement en suspension, sans jamais provoquer, a toute température de l’atmosphère, la putréfaction de ces liquides naturels et leur envahissement par des êtres microscopiques (1 2).

Peu de temps après les recherches de Davaine parurent les premiers travaux de MM. Coze et Feltz (3). Ces habiles et courageux expérimentateurs placent le point de départ de leurs études dans la lecture de mon Mémoire sur la putréfaction (4).

En Allemagne, on ne se méprit pas davantage sur la nécessité de modifier profondément les idées régnantes sur l’étiologie de beaucoup de maladies, en les mettant en harmonie, comme Davaine venait de le tenter pour le charbon, avec les vues que suggéraient les résultats de ces recherches sur les microbes-ferments. Je n’en citerai qu’un exemple : au commencement de l’année 1864, un nouveau journal, le Berliner klinisclie Wochenschrift , parut à Berlin. On trouve dans son

1. Voir , p. 136-138, tome II des Œuvres de Pasteur : Animalcules infusoires vivant sans gaz oxygène libre et déterminant des fermentations.

1 ou , p. 16,>-171, lomc II des Œuvres de Pasteur : Examen du rôle attribué au gaz oxygéné atmosphérique dans la destruction des matières animales et végétales après la mort.

3. Coze et Feltz (V.). Recherches expérimentales sur la présence des infusoires et l’état du sang dans les maladies infectieuses (4 mémoires). Strasbourg, 1866-1869, in-8”.

4. Voir, p. 175-181, tome II des Œuvres de Pasteur : Recherches sur la putréfaction. (Xotes de l'Édition.)

AI AL ADI Ii S Y IR U LENT ILS

deuxième numéro une leçon clinique du savant professeur docteur I raube (4), dans laquelle il expose une doctrine nouvelle sur la fermentation ammoniacale de 1 urine. Après avoir donné l’observation de son malade, il fait les réflexions suivantes :

« Pendant longtemps, dit-il, on a regardé le mucus vésical comme l’agent de la décomposition alcaline de l’urine. On croyait que, par suite de la distension résultant de la rétention du liquide, la vessie irritée produisait une quantité plus grande de mucus, et ce mucus était pris pour le ferment qui amenait la décomposition de l’urée, en vertu d’une force chimique propre. Cette opinion (opinion de Liebig) ne peut tenir devant les recherches de M. Pasteur. Cet observateur a démontré de la façon la plus péremptoire que la fermentation alcaline, comme l'alcoolique, comme l’acétique, est produite par des êtres vivants, dont la préexistence dans la liqueur fermentescible est la condition sine qua non du processus. Le fait précédent offre une démonstration remarquable de la doctrine de Pasteur. Malgré la longue durée de la rétention d’urine, la fermentation alcaline de l’urine n’a point été produite par une sécrétion exagérée de mucus vésical ou de pus; elle ne s’est développée qu’à partir du moment où des germes de vibrions sont parvenus du dehors dans la vessie . »

On voit bien ici en opposition les deux doctrines, celle de Liebig et la mienne, sur la fermentation et leur influence réciproque et comparée dans l’étiologie d’une des plus graves maladies de la vessie, et que, dès 1864, la signification de mes recherches sur les microbes-ferments, en Allemagne comme en France, n’était douteuse pour personne.

En Angleterre, dès 1865, le docteur Lister commença la brillante série de ses succès en chirurgie par l’application de sa méthode antiseptique, universellement adoptée aujourd’hui. La lettre qu’il m’écrivit au mois de février 1874 2) et qui fait tant d’honneur à sa sincérité et à sa modestie est le témoignage vivant de l’opinion que je soutiens en ce moment. Je prends la liberté d’en reproduire quelques lignes :

« J’aime à croire que vous pourrez lire avec quelque intérêt ce que j’ai écrit sur un organisme que vous avez le premier étudié dans votre Mémoire 1 2 3j sur la fermentation lactique 1857).

« J’ignore si les annales de la chirurgie britannique ont jamais passé sous vos yeux. Dans le cas où vous les auriez lues, vous avez dû v

1. Traube. Sur la fermentation alcaline de l’urine. Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 2» sér., T, 1864, p. 233. (Résumé d’après Berliner hlinische Wochenschrift , I, 1864, n° 2.)

2. Voir le texte in extenso de cette lettre, p. 40-41, tome V des Œuvres de Pasteur.

3. Voir ce Mémoire, p. 3-13, tome II des Œuvres de Pasteur. (Notes de l'Édition.)

trouver, de temps à autre, des nouvelles du système antiseptique que, depuis ces neuf dernières années, je tâche d'amener à la perfection.

« Permettez-moi de saisir cette occasion de vous adresser mes plus cordiaux remerciements pour m’avoir, par vos brillantes recherches, démontré la vérité de la théorie des germes de putréfaction et m’avoir ainsi donné le seul principe qui pût mener à bonne fin le système antiseptique . »

En 1864 et en 1865, je démontrais que toutes les maladies des vins et des boissons fermentées en général étaient produites par des microbes que des températures bien inférieures à 100° peuvent facilement détruire, ce qui permet la conservation ultérieure de ces boissons (*). Enfin, je commençais mes recherches sur les maladies du ver à soie (2), maladies que je prouvai être également la conséquence de l’action d’êtres microscopiques divers.

Tout le récit qui précède, monsieur, vous permettra peut-être de comprendre que, si je ne suis ni médecin ni vétérinaire, comme vous aimez à le rappeler, on s’accorde cependant, en Angleterre et en Allemagne comme en France, à reconnaître la grande part d’initiative que j’ai eue dans les doctrines étiologiques actuelles.

Vous, monsieur, qui êtes entré dans la science en 1876 seulement, après tous les grands noms que je viens de citer, vous pouvez avouer sans déroger que vous êtes un débiteur de la science française.

Bien que je ne me fusse jamais livré à des études se rapprochant des travaux habituels de l’Académie de médecine, j’eus l’honneur d’être nommé, en 1873, à une place vacante dans la classe des associés libres de cette Académie. J’eus à soutenir tout de suite de vives discussions. Elles mirent en évidence l’opposition aux idées nouvelles, et que la doctrine de la spontanéité en pathologie comptait toujours de nombreux partisans. C’est ce que je rappelai dans la Note présentée à cette Académie et à l’Académie des sciences, le 30 avril 1877, en collaboration avec AI. Joubert, au sujetde la fièvre charbonneuse A :

« Un critique judicieux, disais-je, rendant compte au commencement de l’année 1877 d’une nouvelle édition d’un traité de microscopie s’exprime ainsi :

1. Tome III des Œuvres de Pasteur : Études sur le vinaigre et sur le vin.

2. Tome IV des Œuvres de Pasteur : Études sur la maladie des vers à soie.

3. Voir , p. 164-171 du présent volume: Étude sur la maladie charbonneuse.

4. Duval (M.) et Lereboullet (G.). Manuel du microscope. Paris , (2* édition), 1877, in-12. {Notes de l’Édition.)

« On a remanié ce qui a trait aux maladies parasitaires et principalement au rôle des infusoires, vibrions et bactéries. Les auteurs de ce traité estiment que l’on a singulièrement abusé de l’existence et du rôle de ces êtres animés et que jamais ils ne devront être considérés comme donnant naissance aux maladies infectieuses. C’est tout au plus si leur développement peut imprimer à l’évolution d’une maladie de ce genre un caractère spécial et si l’on est en droit de les considérer comme les agents de certaines complications de ces maladies. Ces idées sont conformes à celles queM. Paul Bert a récemment exprimées. »

En effet, M. Paul Bert venait d’annoncer à la Société de biologie, dans sa séance du 13 janvier 1877 (> , « qu’il était possible de faire périr le bacillus anthracis dans la goutte de sang par l’oxygène comprimé, d’inoculer ce qui reste et de reproduire la maladie et la mort sans que la bactéridie se montre ». Il ajoutait : « Les bactéridies ne sont donc ni la cause ni l’effet nécessaire de la maladie charbonneuse. Celle-ci est due à un virus. »

Ces faits et ces conclusions ont été produits, monsieur, postérieurement à votre premier travail de 1876 qui, vous le voyez, n’avait rien de péremptoire. Il vous eût été impossible de réfuter les résultats des expériences de M. Paul Bert.

C’est alors que je résolus d’entrer pleinement dans l’étude de cette maladie charbonneuse qui, par les nombreuses recherches auxquelles elle avait donné lieu, servait comme de point de mire dans toutes les discussions. Frappé d’hémiplégie à la lin de l’année 1868, privé depuis cette époque de l’usage de la main gauche, j’avais besoin d’un collaborateur dévoué que je trouvai dans la personne d’un ancien élève de l'Ecole Normale supérieure, M. Joubert, professeur de physique très distingué du collège Rollin.

Qu’avions-nous à faire, M. Joubert et moi, pour résoudre la question de savoir si la maladie charbonneuse doit être attribuée à une substance solide ou liquide associée aux filaments découverts par Davaine, ou si elle dépend exclusivement de la présence et de la vie de ces filaments ? Il suffisait d’appliquer les méthodes qui, depuis vingt ans, me servaient dans l’étude des microbes ferments. — Voulais-je démontrer, par exemple, que le microbe-ferment de la fermentation butyrique est l’agent même de la décomposition, je préparais un liquide artificiel mêlé à la matière fermentescible, où je faisais développer le microbe à l’état de pureté. Ce microbe ense-

1. Bert (P.). Loc. cit. — Voir aussi, à ce sujet, p. 104-171 du présent volume : Élude sur la maladie charbonneuse. [Note do L'Édition.)

meneé dans un autre liquide artificiel, semblable au premier, s’y multipliait et provoquait de nouveau une fermentation identique, et ainsi de suite indéfiniment. Il fallait donc isoler le microbe du sang charbonneux, le cultiver à l’état de pureté parfaite dans des liquides inertes et revenir alors à la recherche cl e son action sur les animaux. C’est cette méthode que nous appliquâmes avec les variantes nécessitées par l’objet de la recherche. C’est cette méthode que chacun s’elforçait de suivre et qui avait été déjà mise en pratique par quelques observateurs. Bientôt, par la Note que je lus à l’Académie des sciences, le 30 avril 1877 (*), il fut démontré cette fois sans réplique que la bactéridie découverte par Davaine en 1850 était réellement l’agent unique de la maladie. Après quelques expériences de contrôle, 51. Paul Bert s’empressa de se ranger à cette opinion devant la Société de biologie de Paris, avec une loyauté toute française (1 2). — Aujourd hui, lorsque je repasse dans mon esprit toutes les preuves qui ont été produites pour démontrer que la bactéridie est bien la cause unique du charbon, une seule de ces preuves peut-être ne laisse place au moindre doute. C’est celle qui résulte d’une expérience que nous avons faite dans les caves de l’Observatoire. Elle a consisté à abandonner à la température constante de ces caves, pendant quelques jours, dans un tube à essai un peu conique, suspendu verticalement, une culture d’ordre élevé du parasite charbonneux. Dans ces conditions, les filaments et les spores de ce parasite tombent peu à peu au fond du liquide qu’on a eu soin de choisir d’une limpidité irréprochable. On inocula ensuite simultanément le liquide des couches supérieures, par comparaison avec celui des couches profondes, et il fut constaté que le premier était inoffensif, que le second donnait la mort par le charbon. La filtration elle-même du sang charbonneux ou d’un liquide de culture sur du plâtre ou sur de la porcelaine laisse à désirer comme preuve, parce qu’on peut objecter que la matière du filtre est propre à retenir une substance dissoute dans laquelle on supposerait que réside la nocuité du sang ou de la culture.. M. Vulpian m’apprenait dernièrement qu il avait lait cette très intéressante observation que la filtration <1 une solution de strychnine, assez chargée du poison pour donner la mort a des animaux, peut céder la strychnine à la matière d’un filtre de plâtre et rendre ainsi le liquide filtré inoffensif.

J ai hâte d’aborder maintenant la discussion de l’atténuation du

1. Voir, p. 1(54-171 du présent volume: Étude sur la maladie charbonneuse.

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