Bert (P.). Loc. cit. ( Notes de V Édition
MALADIES V I R U L E N T K S
virus charbonneux et de l’immunité qu elle est à même de conférer.
Je vous sais gré, monsieur, de constater que vous et vos élèves avez bien changé de conviction depuis la publication du Recueil impérial sanitaire de 1881. Loin de nier aujourd’hui le grand fait de l'atténuation des virus et en particulier du virus charbonneux, vous l'exaltez comme une conquête scientifique de première importance. Nous sommes complètement d’accord sur ce point. C’est bien vainement que vous essayez de reporter l’honneur de cette découverte à une personne qui n'a fait que suivre l’inspiration de mes premiers travaux (r .
Pourquoi donc, en 1881, prétendiez-vous que le principe même de la méthode d’atténuation du bacillus anthracis reposait sur une erreur ?
Au lieu de reconnaître que vous vous êtes trompé en affirmant qu’à 42'’-43° le bacillus donne des spores, ce qui est, en effet, de tout point contraire au principe de la méthode, telle que je l’avais exposée, vous cherchez à vous excuser en assurant que ma Note du 28 février 1881 (-) donnait d’une manière incomplète le procédé d’atténuation du virus charbonneux. Ce qui est vrai, c’est que, quand vous vous êtes astreint à suivre les indications de cette Note, pas à pas, sans y rien changer, vous avez réussi, comme le savant docteur Feltz et plusieurs autres, à atténuer le virus charbonneux et à obtenir des cultures dépourvues de spores à 42°-43°.
Mais si vous vantez aujourd’hui la valeur de la découverte de l’atténuation des virus sous le rapport scientifique, vous vous empressez de la condamner au point de vue pratique.
Je craindrais, monsieur, d’affaiblir vos critiques, en ne citant pas textuellement sur ce point le principal passage de votre brochure :
« En France, dites-vous, le nombre des moutons vaccinés s’élevait, au commencement du mois de septembre, à 400.000, et celui des bêtes à cornes à 40.000. Les pertes occasionnées par les inoculations préventives étaient, suivant les estimations de Pasteur, de 3 pour 1.000 pour les moutons, et de 0,5 pour 1.000 pour les bêtes à cornes. Il va de soi que je ne mets nullement en doute l’exactitude de ces chiffres, mais il est nécessaire d’y ajouter un commentaire. Ces chiffres, en effet, ne nous apprennent absolument rien, si ce n’est qu’un nombre considérable d’animaux ont subi l’inoculation préventive sans inconvénient. Or, ce qui nous importe, c’est de savoir si le but de l’inoculation préventive a été atteint, et si ces animaux ont réellement acquis l’immu-