‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 14 sur 299 · Intervention do Pasteur. Ibid., p · texte numérisé non relu

Intervention do Pasteur. Ibid., p

d. Comptas rendus de l'Académie des sciences, séance du 15 février 1875, I.XXX n. 480- 'i!!2. [A otes de !' Édition .)

MALADIES VIRULENTES

tanée, toujours en quête de preuves pour leur chère doctrine, puisqu’ils ont été jusqu’à présent dans l’impossibilité d’en instituer euxmêmes de sérieuses. Il n’y a qu une chose qui les a fort ennuyés, c’esl que tous les abcès ne contiennent pas des vibrions. L’un d’eux disait a -M. Gosselin : Je vous « battrais » bien pour n avoir pas trouvé des vibrions dans les abcès des enfants. En effet, pourquoi les matières albuminoïdes des abcès des enfants ne se transforment-elles pas en vibrions? C’est gênant pour la théorie.

Comme je la cherche depuis vingt ans, cette génération spontanée, sans la trouver; bien au contraire, prouvant à chaque pas que toute expérience nouvelle produite pour l’affirmer est erronée, dès que l’on annonce des faits en sa faveur, j’accours pour les voir. Ne pouvant faire pousser des abcès dans mes vases de laboratoire afin de vérifier les résultats avancés par M. Gosselin, n’ayant pas été nommé de la Commission de l’Académie des sciences, j’ai demandé que l'Académie de médecine instituât à son tour une Commission qui saurait bien se procurer et procurer à moi-même des éléments d’observation. Voilà pourquoi j’ai pris la parole mardi dernier.

A cette occasion ai-je eu tort de me montrer sévère dans mes appréciations? Ai-je eu tort de plaider la cause du respect delà vraie méthode expérimentale et d’engager les jeunes savants a suivre la voie des efforts persévérants et des publications longuement élaborées, surtout dans des questions aussi ardues ? Ai-je eu tort de rappeler, au sujet du travail de M. Alb. Bergeron. une série de recherches, toutes entachées d’erreur ? L’Académie et M. Gosselin vont pouvoir en juger.

Il y a dans le travail de l’élève de M. Gosselin un fait dont je pouvais éprouver tout de suite la valeur.

« Si à une préparation renfermant des vibrions par myriades, dit M. Alb. Bergeron, on ajoute une goutte de solution d’hyposulfite de soude à 10 pour 100, on fait disparaître, on détruit en grande partie les animalcules, tandis que ceux qui restent deviennent immobiles. »

Et plus loin : « Le liquide qui jusqu’à présent me semble être le plus approprié à la destruction des vibrions est la solution d liyposulfite de soude. »

Or, ces assertions sont tout à fait inexactes : la solution d’hyposulfite de soude n’a jamais détruit ni fait disparaître un seul vibrion.

M. Gosselin : Mais M. Bergeron n a jamais eu 1 intention de démontrer la génération spontanée.

M. Bergeron dit tout simplement ceci dans son travail : On trouve des

vibrions dans certains abcès chauds et pas dans d’autres, on les trouve chez les adultes et pas chez les enfants, et voilà tout ; il n’a nullement songé à la génération spontanée.

M. Pastbuk : Je m’en réfère aux citations que j’ai faites de son travail, et je suis heureux des rectifications qu’y apporte M. (Josselin.

Je serais très obligé, très reconnaissant envers M. Gosselin s’il voulait bien me mettre à même de constater les faits que M. Alb. Bergeron a observés.

DISCUSSION SUR LA FERMENTATION

M. Pasteur (1 2 3) : Je demande à l’Académie la permission de ne répondre que dans la séance prochaine aux Communications de MM. Colin (:i) et Poggiale (4). .le m’étais proposé d’appeler aujourd'hui l’attention de l’Académie sur une question qui m’avait été posée dans la dernière séance par M. Bouillaud et que notre illustre confrère a exprimée à peu près en ces termes : quels sont les ferments des ferments (5)? J’ai d’ailleurs fait apporter ici pour la séance de ce jour le dispositif d’une expérience qui ne saurait attendre pour être soumise opportunément à l’Académie.

Avant d’entrer dans les détails que comporte la réponse à faire a la question de M. Bouillaud, il est indispensable que je rappelle brièvement des résultats que j’ai communiqués il y a huit jours à l’Académie des sciences (6). Aussi bien méritent-ils d’attirer au plus haut

1. Bulletin de l’Académie dé médecine, séance du 2 mars 1875, 2e sër., IV, p. 280-257. — Ont pris part à la discussion, dans cette séance : Colin, Pasteur, Cossklin, Vulpian, Poggiale.

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