Genève, 1873, vii-482 p. in
6. Voir les résultats obtenus par Pasteur, p. 379-380 du présent volume.
7. Hervieux. Lecture du Rapport officiel sur les vaccinations pratiquées de 1878 à 1879. Bulletin de l’Académie de médecine, séance du 18 mai, 2e sér., IX, 1880, p. 500-501. i potes de l’Édition .)
noire est partagé. Pour les uns, et clans ce nombre se trouvent MM. Depaul, Ilervieux, Delpech, Broca (*)..., le virus-vaccin ne serait que le virus variolique modifié. Les autres, MM. Chauveau, Bouley, etc..., croient à 1 indépendance absolue des deux virus. Ces derniers, il faut le reconnaître, peuvent appuyer leur opinion sur les résultats des expériences 1res bien conduites de la Commission lyonnaise (1805) [*]. Les premiers ont pour eux des observations de la nature de celle qu’a présentée dans la dernière séance M. le D1 2' Broca. Ce sont des impressions plutôt que des preuves, et je suis loin d’en méconnaître toute 1 importance. Mais l’Académie me permettra de lui faire observer que la question dont je parle s’est éclairée tout récemment d’un fait nouveau qui tend à faire pencher la balance du côté de M. Depaul et de ceux qui partagent sa manière de voir. Dans le travail que j’ai communiqué récemment au sujet du choléra des poules (3), j’ai montré qu’il existait deux virus de celle maladie, l’un très infectieux, l’autre de forme bénigne, et que je pouvais passer du premier au second. Sous ce rapport, suivant moi, l’histoire de l’affection dite du choléra des poules est scientifiquement bien plus avancée que ne l’est celle des affections variolique et vaccinale.
Les expériences de la Commission de Lyon n’ont examiné qu’une des laces du sujet, la possibilité de passer de la variole à la vaccine ou inversement, par une modification des virus dans le corps de certains animaux. Les résultats ont été négatifs. Mon travail sur le choléra des poules me paraît exiger que la question dont il s’agit soit remise à l’étude. Car ce n’est point par le passage du virus infectieux de cette affection a travers le corps de certains animaux que j obtiens le même virus sous sa forme bénigne et atténuée.
M, Jules Guérin : ... Depuis les grandes discussions qui onl eu lieu au sein de cette Académie (4), il y a une dizaine d’années, il est acquis à la science que la vaccine, c est la variole des animaux ((‘O tv -pox et horsc—pox 1, inoculée à 1 homme et humanisée par ses transmissions successives à travers les géné-
1. Depaul, Delpech, Broca sont intervenus dans la discussion de ce Rapport Ibid p. 501-505.
2. Vaccine et variole. Nouvelle étude expérimentale sur la question de l’identité de ces deu x allections. Etude laite au nom de la Société des sciences medicales de Lj'on par une Commission composée de MM. Boudet, Cliauveau, Delore, Dupuis, Gailleton, Horand, Lortet, P. Meynet et Viennois. Rapport par MM. A. Chauveau, Viennois et P. Meynet. Paris. 1805, 105 p. in-8». — Voir aussi : Chauveau (A.). Recherches expérimentales de la Société des' sciences médicales de Lyon sur les relations qui existent entre la variole et la vaccine. Bulletin de V Académie impériale de médecine, XXX, 1864-1865, p. 808-816.
3. T oir. p. 303-312 du présent volume : Sur le choléra des poules.
4. Rapports et discussions sur l’origine de la vaccine. Bulletin de l'Académie impériale de médecine. XXVII, 1861-1802: XXVIII, 1802-1863; et XXIX, 1863-1864. (Notes de l’Édition.)
M A L A I) I E S Y I RU L E X T E S
rations. Cette notion, formulée d abord par moi en principe et confirmée en fait par M. Depaul, est aujourd’hui universel iement acceptée. Ce serait en méconnaître la valeur et la certitude que de la soumettre à de nouvelles expériences, que je regarde comme tout à fait inutiles.....
M. Pasteur: Je maintiens que l’identité du virus varioleux et du virus-vaccin n’est pas démontrée, et que cette question, depuis les expériences de la Commission lyonnaise, expériences postérieures à celles dont parle M. Guérin et qui les infirment, réclame de nouvelles expériences.
M. Bi , o t : ... M. Pasteur tombe, suivant moi, dans une grave erreur, quand il croit pouvoir, logiquement, conclure de la manière dont se comportent certains virus à la manière dont se comportent tous les virus. De ce que M. Pasteur est parvenu à atténuer ce qu’il appelle le virus du choléra des poules, il ne s’ensuit pas, le moins du monde, que I on puisse, de la même manière, atténuer le virus varioleux. Nous savons tous, en effet, que chaque virus a une évolution particulière.
M. Pasteur: Je crains de n’avoir pas été compris. La question est de savoir s’il y a, oui ou non, indépendance d’origine entre la vaccine et la variole, entre le virus vaccinal et le virus varioleux. Les relations qu’on prétend exister entre le vaccin et la variole humaine ne nie paraissent pas appuyées sur des expériences suffisamment démonstratives. M. Blot a traité une question que je n’ai pas soulevée.
Je regrette que M. Depaul li ait pas cru devoir intervenir dans cette discussion ; sa grande autorité et sa compétence spéciale pourraient élucider beaucoup de points douteux.
M. Depaul : ... Mais je m’aperçois que j’ai dépassé les quelques minutes qui m’avaient été accordées, et je répète en terminant que j’ai le regret de ne pas partager l espoir qu’a conçu M. Pasteur, de résoudre les questions d’origine de la variole et du vaccin avec des expériences sur le choléra des poules.
M. le Président : Je prie l’Académie de vouloir bien remettre à une autre séance cette importante discussion...
M. Pasteur : Il faut consulter l’Académie. Je désire répondre immédiatement à M. Depaul, si l’ordre du jour le permet. Dans le cas contraire, je le ferai dans la prochaine séance. M. Depaul n’est pas autorisé, le moins du monde, par l’ensemble des faits connus, à s’exprimer comme il vient de le faire sur l’identité du virus varioleux et du virusvaccin. — Quant à ce qu’il a dit du choléra des poules, j’ose ajouter qu’il n’a pas mon travail présent à l’esprit. Je reviendrai sur ce point dans la prochaine séance.