M A L A D I !•: K V I II U L K N T E S
produit de la variole des animaux {cow-pox et horse-pox ), inoculée à l’homme et humanisée par la succession de scs transmissions chez l’homme.
Non seulement M. Pasteur a maintenu sa déclaration initiale, mais prétextant, sans raison, qu on I avait accusé d’ignorance, il nous a retourné 1 accusation, celte lois sans réticence ni équivoque, et il a affirmé que tout ce que j’avais dit en particulier sur la vaccine et la variole était complètement inexact.
11 résulte de ce court exposé de l’état de la question :
1° Que M. Pasteur a à nous communiquer des expériences propres à faire connaître les véritables rapports de la vaccine avec la variole;
2° Qu’il se propose de déduire de ses expériences la constitution certaine' et définitive de la vraie vaccine, et, comme application générale de ses recherches, une méthode de vaccination pour toutes les maladies virulentes;
.> finalement, que les opinions de bon nombre de nos collègues, < • I, les miennes en particulier, sont complètement inexactes...
Al. le I RESIDENT : Voulez-vous prendre la parole en ce moment, Monsieur Pasteur ?
M. Pasteur : Non, Monsieur le Président. Je n’ai pas compris le sens de la Communication de M. .1. Guérin.
RAPPORTS DE LA VACCINE ET DE LA VARIOLE {'
M. J. Guérin : ... Il y a trois points sur lesquels je; demanderai des explications a M. Pasteur : I" sur les relations de la vaccine avec la, variole • 1‘ sur le vaccin du choiera des poules ; et .1° sur la vaccination generale des maladies virulentes , dont le vaccin du choléra des poules ne serait qu’un cas particulier, une application.
Dans une des dernières séances, avant son départ, M. Pasteur nous avait déclaré que nous ne connaissions rien ou pas grand’chose sur les relations de la vaccine avec la variole, epi il fallait, de nouvelles expériences pour établir ou 1 identité ou la diflérence des deux virus. Je lui avais répondu i-j que pour moi, pour bon nombre de nos collègues, la vaccine humaine, c était la variole des animaux inoculée a h homme et humanisée par ta série de ses transmissions à l'homme. M. Pasteur a nié qu’il en fut ainsi ; j ai demandé ses preuves, ses observations, ses expériences : je les lui redemande aujourd’hui. Est-ce clair ?
1. Bulletin de l Académie de médecine , séance du 28 sep terni ire JKHO, 2* sér.. IX, p. U9I- 1001. Ont pris part à la discussion dans cette séance : Bouillaud, .1. Guérin, Pasteur.
2. Guérin (J.). Variole et vaccine. Ibid., séance du 20 juin 1830, 2" sér., IX, p. 027-028. (Note de l’Edition.)
MALADIES VIRULENTES
M. Pasteur (Q : Je iu’aifait aucune négation de ce genre. Par ce que vient de dire M. Jules Guérin, il est sensible que ce qui lui lient u cœur, c’est que, dans la séance du 29 juin, après qu’il eut fait une courte lecture sur les rapports de la vaccine avec la variole, M. le Préident m’ayant demandé si je voulais répondre, je me bornai à dire : Non , monsieur le Président, je n'ai pas compris la Communication de M. Jules Guérin.
Si M. Jules Guérin a pu croire que dans cette réponse il y avait une sorte de dédain pour ses paroles, il est dans l’erreur. J’étais parfaitement sincère et puisqu’il lui plaît de revenir sur ce débat, je vais prouver qu’en effet, M. J. Guérin a parlé d’une manière incompréhensible sur les rapports de la variole et de la vaccine. Voici comment il s’est exprimé sur ces rapports :
« La vaccine humaine est le produit de la variole des animaux (cow-pox et horse-pox) inoculée à l’homme et humanisée par la succession de ses transmissions chez l’homme » (1 2).
En bon français, cela signifie, et il n’est pas besoin d’être clinicien pour s’en rendre compte :
La vaccine, c’est la vaccine.
Voilà ce qui m’a fait dire : Je ne comprends pas, et je répète que je ne comprends pas.
Avant d’aller plus loin j’attendrai, de pied ferme, que M. J. Guérin ait éclairci cette logomachie.
M. J. Guérin : M. Pasteur n’a pas répondu à la seconde question que je lui ai posée. Qu’est-ce que la vaccine du choléra des poules? 11 est indispensable que nous soyons édifiés sur ce second point pour entreprendre l’examen de la doctrine générale de M. Pasteur. Encore une fois, je prie notre éminent collègue de nous donner cette explication.
M. Pasteur : Je vous répondrai après que vous aurez éclairci votre ph rase du 29 juin. — Vous avez déjà été fort indiscret lorsque vous avez qualifié d 'incorrecte la réserve que j’ai gardée sur le vaccin du choléra des poules 3).
1. Interventions de Pasteur clans cette séance. Ibid., p. 992-993, 994, 995, 997 et 1001.