‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 153 sur 299 · Guérin (J.). Loc. cit. ( Noie de l’Édition · texte numérisé non relu

Guérin (J.). Loc. cit. ( Noie de l’Édition

2. Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 5 octobre 1880, 2e série, IX, (J. Guérin p. 1008-1014 ; (Pasteur) p. 1010, 1013, 1014-1016.

MALADIES VIRULENTES

cependant une véritable gravité lorsque, et c’est le cas le 'plus habituel, elle \ient à se déclarer dans une basse-cour un peu nombreuse, qu’elle peut décimer et même quelquefois dépeupler totalement en quelques semaines. Lette maladie peut donc porter un préjudice considérable à nos exploitations rurales, où la production de la volaille et des œufs constitue une spéculation très lucrative.

« louteiois, il est possible d’arrêter le développement de cette maladie, et la présente instruction a pour objet de porter à la connaissance des agriculteurs les moyens d’atteindre ce but.

« 1 ous les cultivateurs savent reconnaître le choléra des poules. Dès que le mal les a envahies, les bêtes prennent un air de tristesse, elles deviennent somnolentes, perdent leurs forces, ne s’éloignent plus quand on les chasse; la température du corps s élève ; la crête devient violette par suite d’une modification dans la circulation ; enfin la mort arrive souvent quelques heures après 1 apparition des premiers symptômes.

« Des recherches scientifiques récentes ont établi d’une façon certaine que cette maladie est produite par un organisme microscopique qui se développe dans les intestins, passe dans le sang et s’y multiplie avec une rapidité extraordinaire. Ce parasite est évacué dans la fiente et peut ensuite passeï dans les animaux qui picorent les fumiers ou mangent les grains qui ont pu être salis par la fiente.

« Si un animal vient à mourir et qu’il y ait lieu de craindre le choléra des poules, il iaut aussitôt laire sortir les volailles de la basse-cour et les maintenir isolées les unes des autres. On doit ensuite nettoyer la basse-cour et le poulailler en enlevant le fumier, et en lavant à grande eau les murs, les perchoirs et le sol. L’eau employée contiendra par litre 5 grammes d’acide sulfurique, et on se servira pour ce lavage d’un balai rude ou d’un brosset. Quand il se sera écoulé une dizaine de jours sans qu’aucune mort se soit produite, on pourra considérer le mal comme disparu et on ne maintiendra plus dans l’isolement que les volailles qui manifesteraient de l’abattement, de la tristesse, de la somnolence.

« Ces moyens, si simples dans leur emploi, suffiront pour arrêter les progrès de la contagion et en empêcher le retour ; appliqués dès le début du mal, ils limiteront les pertes à un chiffre insignifiant. »

M. Pasteur: Oui, parfaitement, telle est la circulaire; mais ce qui suit appartient au journal.

M. J. Guérix : Voici les réflexions du journal :

« Dans une récente séance de l’Académie des sciences, M. Pasteur a annoncé qu il avait découvert le microbe ou germe virulent de la maladie connue sous le nom de choléra des poules » — M. Pasteur m’interrompt pour laire remarquer que ce n’est plus la circulaire, mais l’article du journal que je lis. C est ce que je viens de dire. Mais qu’importe? je continue — « qui fait souvent de ruineux ravages dans nos basses-cours. II ajoute qu’en allaiblissant, par un procédé qu’il se réserve de publier, la virulence de ce

ŒUVRES DE l’ A ST EUR

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microbe, on peut l’inoculer aux volailles et les préserver, par cette vaccination, de la maladie.

« La découverte citée peut avoir une grande importance pour les éleveurs. Mais il reste à V éminent savant à nous faire connaître le moyen qu'il emploie pour affaiblir la virulence du microbe, avant de I inoculer. »

Voilà les deux documents dont j’avais déclaré l’existence de souvenir. Je n’admets pas qu’il y ait feu confusion entre ce que j’ai prêté à la circulaire et à l’article du journal. D’ailleurs, le résultat est exactement le même. Je n’avais d’autre but que de démontrer les inconvénients de ces publications prématurées d’ébauches scientifiques très contestables et très contestées, surtout de choses dont on veut garder le secret.

[I me reste à dire quelques mots sur la lin de la discussion de la dernière séance, (rue l’on a avec raison suffisamment obscurcie. J’ai la bonne fortune de pouvoir la réduire à quelques mots d’une précision, d’une clarté incontestables. C’est M. Pasteur lui-même (pii vous a donné ce précieux résumé. Je ne l’avais pas entendu, mais je le trouve imprimé dans le Huile! in, et dans des ternies que je n’ai connus qu en les lisant.

Voici: « La vaccine humaine est le produit de la variole des animaux (cow-pox et horse-pox) inoculée à l’homme et humanisée par la succession de ses transmissions chez l'homme.

« En bon français, cela signifie, et il n’est pas besoin d’être clinicien pour s’en rendre compte :

« La vaccine, c’est i.a vaccine.

« Voilà ce qui m’a fait dire: Je ne comprends pas, et je répète que je ne comprends pas.

« Avant d’aller plus loin, j’attendrai, de pied ferme, (pie M. J. Guérin ait éclairci cette logomachie. »

C'est simple, c’est clair, c’est net comme un précipité chimique : « Lu bon français, la vaccine, c’est la vaccine. » Voilà pour le fond. Pour la forme : tout ce que j’ai dit des rapports de la vaccine avec la variole « c’est de la logomachie ». J’avais espéré, je l’avoue, après ma déclaration de la dernière séance, quelque chose de plus aimable, de plus gracieux de la pari de mon contradicteur. Je passe condamnation sur la forme, je me rattraperai sur le fond. Après la solution donnée par M. Pasteur, voici la mienne.

M. Pasteur avait contesté (pie nous connussions quoi que ce fût des rapports de la vaccine avec la variole. Je lui ai invariablement répondu que ces rapports sont aujourd’hui parfaitement connus : «pie ht vaccine, c'est la variole des anima a. r inoculée, à li homme.

M. Pasteur: Oui, je suis de votre avis, la vaccine c’est la variole des animaux inoculée à l’homme et humanisée par ses transmissions successives.

M. J. Guérin: Aux négations réitérées de M. Pasteur, M. Blot (4), que j’ai l’honneur de voir en ce moment devant moi, a invité notre contradicteur à

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