Loc. ait. [Note de l’Édition
MALADIES VIRULENTES
passer à la bibliothèque, où il pourrait se convaincre de son erreur, en parcourant nos discussions antérieures sur ce point (*). En effet, messieurs, ce n’est qu’à partir de cette époque qu’on a connu le véritable rapport de la vaccine avec la variole. Jusque-là, une foule d’auteurs s’étaient évertués à découvrir, à définir la maladie vaccinogène. Il y avait eu autant d’erreurs que de chercheurs. C’étaient, comme je l’ai rappelé la dernière fois, le javard, le furoncle, la maladie aphteuse, le feu de Saint- Antoine, etc... Si M. Pasteur avait demandé à cette époque quels sont les rapports de la vaccine avec la variole, on lui eût répondu, en citant alternativement chacune de ces maladies réputées vaccinogènes. Aujourd’hui on dit à coup sûr: La vaccine, c’est la variole des animaux inoculée à l’homme, et humanisée par ses transmissions successives. Or, 1 Académie le sait, cette substitution de la vraie maladie vaccinogène, de la variole des animaux, à toutes les suppositions qu’elle a remplacées, est une découverte, la découverte des véritables rapports de la vaccine avec la variole. M. Pasteur appelle cette découverte et les moyens de la prouver : de la logomachie.
Voilà donc nos solutions respectives : l’Académie et la science choisiront.
M. Pasteur: Je répondrai à INI. Jules Guérin en commençant par la circulaire ministérielle incriminée par lui. Vous venez de l’entendre lire cette circulaire sensée, judicieuse, et vous savez maintenant, contrairement à ce qu’en a dit M. Jules Guérin, qu’il n’y est pas question du tout du vaccin du choléra des poules. J’avais donc raison, dans la dernière séance, de protester contre l’allégation de notre collègue. Mais vous avez constaté comment M. Jules Guérin, sans vous avertir, sans changer de ton, a fait suivre la lecture de la circulaire de la lecture de l’article d’un journaliste qui rendait compte de mes recherches sur le vaccin du choléra des poules; de telle sorte que, si je n’avais pas eu entre les mains ladite circulaire pour rétablir la vérité, vous auriez pu croire que celle-ci exaltait, en effet, M. Pasteur et le vaccin du choléra des poules.
M. Jules Guérin s’est plaint ensuite de ce que j’ai traité de logomachie ce qu’il a dit des rapports de la variole et de la vaccine. Je le répète, ce mot qui résume mon argumentation. Avec une obstination singulière, M. Jules Guérin vient de vous dire encore, pour exprimer les rapports de la variole humaine avec la vaccine, que la vaccine est le produit du cow-pox et du horse-pox inoculé à V homme : ce que je ne conteste pas, ce que je n’ai jamais contesté, ce qui est une vérité pour tous depuis Jenner (2), Loy (3) et la discussion académique de 1864;
1. Rapports et discussions sur l’origine de la vaccine. Bulletin de V Academie impériale de médecine , XXVII, 1861-1862; XXVIII, 1862-1863; et XXIX, 1863-1864.
2. Jenner (Edw.), Œuvres complètes. Traduites de l'anglais par J. J. de Laroque en 1800. Privas, imp. F. Agard, 233 p. in-8».
3. Loy (J. G.). Expériences sur l’origine de la vaccine. Trad. de l’anglais par Jean de Carro. Bibliothèque britannique, XXI, 1802, p. 377-398. ( Notes de V Edition.)