‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 163 sur 299 · Voir, p. 505 du présent volume. ( Notes de l'Édition · texte numérisé non relu

Voir, p. 505 du présent volume. ( Notes de l'Édition

MALADIES VIRULENTES

cations que j’ai indiquées le 26 janvier à Melun, et je suis satisfait des premiers résultats.

Permettez-moi, Messieurs, de vous exposer où j’en suis aujourd’hui de mes travaux sur cette intéressante question.

L’inoculation telle qu’elle est pratiquée actuellement imprègne l’organisme ou ne l’imprègne pas; si parfois elle a lieu sans accidents consécutifs, cependant ces accidents ne sont pas rares; par accidents, il faut entendre la mort, mais le plus souvent la perte de la queue, l’amaigrissement de l’animal et enfin l’obligation de l’abattre.

A la séance du 26 janvier, à Melun, je disais qu’on arriverait à connaître l’étiologie de ces accidents par une étude comparée des effets du virus pur et de ceux du virus impur. Toutes les études faites jusqu’à ce jour démontrent qu’on ne saurait attacher trop d’importance à une inoculation absolument pure. Si l’expérimentateur ne s’entoure pas de toutes les précautions, il s’expose à des mécomptes; je n’en veux pour preuve que ce qui vient de se passer à l’École de Turin (*)•

Tout dernièrement plusieurs professeurs de cette École ont voulu procéder à des expériences sur la vaccination charbonneuse, et celles-ci n’ont pas réussi.

La première et la deuxième vaccination se sont faites sans le moindre accident; mais à l’inoculation de contrôle qui se pratique avec du virus très virulent, des vaccinés et des non vaccinés sont morts des suites de cette inoculation. Ce cas a fait grand bruit; on trouve toujours des gens bien disposés à condamner, même sans l’entendre, la vaccination charbonneuse. La Gazette cle Turin me fut envoyée, elle contenait in extenso le résultat des expériences négatives à Turin. J’ai reçu, en outre, le résumé d’une conférence qui avait été faite exclusivement dans le but de dissuader les éleveurs d’avoir recours à la vaccination. On ne voulait tenir aucun compte des succès obtenus en France.

Il y a cependant en Italie un autre professeur (2) qui a agi isolément, mais avec toutes les précautions indiquées, et il a réussi.

La cause de l’insuccès de Turin réside uniquement dans le manque absolu de précautions de la part des expérimentateurs.

Les professeurs de l’École de Turin ignoraient un point capital, qui est celui-ci : Quand un animal meurt du charbon, son sang est plein de bactéridies, uniquement de bactéridies ; vient-on à l’inoculer 1 heure, 2 heures, 3 heures, 4 heures, 5 heures et même 15 heures

1. Voir, à ce sujet, p. 452-458 du présent volume : La Commission de l’École vétérinaire de Turin.

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