‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 166 sur 299 · SUR LE ROUGET, OU MAL ROUGE DES PORCS · texte numérisé non relu

SUR LE ROUGET, OU MAL ROUGE DES PORCS

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Bollène (Vaucluse), ce 2 décembre 1882.

Ln mon nom et au nom de l’un de mes collaborateurs, M. Thuillier, qui m a accompagné a Bollène, j’ai l’honneur de vous communiquer brièvement quelques résultats nouveaux concernant une désastreuse maladie des porcs.

On évalue a plus de vingt mille le nombre des animaux morts, cette année, du mal rouge dans les porcheries des départements de la vallée du Rhône.

Nos recherches se résument dans les propositions suivantes :

I. Le mal rouge des porcs est produit par un microbe spécial, facilement cultivable en dehors du corps des animaux. Il est si ténu qu’il peut échapper à une observation même très attentive. C’esL du microbe du choléra des poules qu’il se rapproche le plus. Sa forme est encore t elle d un S de chiffre, mais plus fin, moins visible que celui du choléra. Il diffère essentiellement de ce dernier par ses propriétés

physiologiques. Sans action sur les poules, il tue les lapins et les moutons.

II. Inoculé à l’état de pureté au porc, à des doses, pour ainsi dire, inappréciables, il amène promptement la maladie et la mort avec leurs caractères habituels dans les cas spontanés. Il est surtout mortel

pour la race blanche, dite perfectionnée, la plus recherchée par les cultivateurs.

IIL Le 13' Klein a publié à Londres, en 1878, un travail étendu sur le rouget, qu’il appelle pneumo-entérite du porc (a).; mais cet auteur

P. 11204121^ r6ndUS 'Ie l'Acadëmie des séance du 4 décembre 1882, XCV,

2. Klein (E.) Report on infections pneumo-cnteritis of the pig (so-eallecl pig-tvphoid )

pTg9 28°0 26 rn ^ ot ^ Gemment Boacd! London, T, L

du SorT Sw „ / v r?n°:eiirit0 lnfectieus<‘ Porc, encore appelée fièvre typhoïde VÉdüion l Académie de médecine. 2- sér., VIII, 1879, p. 998-1007. (.Vote de

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s’est entièrement trompé sur la nature et les propriétés du parasite. Il a décrit comme microbe du mal rouge un bacille à spores, plus volumineux même que la bactéridie du charbon. Très différent du vrai microbe du rouget, le bacille du IT Klein n’a, en outre, aucune relation avec l’étiologie de cette maladie.

I\ . Après nous être assurés par des épreuves directes que la maladie ne récidive pas, nous avons réussi a l’inoculer sous une

forme bénigne, et l’animal s’est montré alors réfractaire a la maladie mortelle.

\ . Quoique nous jugions que des expériences nouvelles et de contrôle soient encore nécessaires, nous avons, dès à présent, la confiance que, a dater du printemps prochain, la vaccination par le microbe Virulent du rouget, atténué, deviendra la sauvegarde des porcheries.

M. A. Loii , aide-préparateur au laboratoire que je dirige, nous a assistés dans nos expériences; mais ce qui nous a été particulièrement précieux, c’est l’obligeance de M. Maucuer, vétérinaire distingué de Bollène, qui s’est mis à notre disposition avec un zèle sans borne, dont je suis heureux de le remercier publiquement. M. Maucuer est la première personne qui, dès l’année 1877, a appelé mon attention sur le mal rouge des porcs, en insistant sur le danger d’une affection capable de tarir une des dernières ressources de l’agriculture dans le département où il exerce l’art vétérinaire.

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