‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 175 sur 299 · DISCUSSION SUR L’ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA A TOULON · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR L’ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA A TOULON

M. Fauvel : ... En résumé, les faits apportés par M. Brouardel n'ont pas modifié mon opinion, à savoir : que 1 épidémie ne s’étendra pas, quelle restera, stérile, quelle n est pas le choléra asiatique, qu’il s’agit d'une épidémie de choléra /lustras née sur place, qui s’éteindra sur place, aussi bien à Marseille qu’à Toulon, sans se propager —

M. Pasteur (1 2) : Et l’épidémie de 1865? ... Je demande la parole ... Je n’ai que deux mots à dire...

Voix nombreuses : Parlez!

M. Pasteur : L’argument principal que Al. Fauvel a toujours fait valoir pour établir que le choléra de Toulon n’était pas de caractère asiatique, consiste à dire que ce choléra de Toulon n’est pas envahissant.

Or, que voyons-nous lorsque nous étudions les épidémies antérieures de choléra asiatique, celle de Toulon en 1865, par exemple? Les décès cholériques, inscrits jour par jour, nous montrent que le premier jour il y a eu 1 décès; le second 2; le troisième 1; le quatrième 0, et ainsi de suite pendant quinze jours, époque à laquelle le chiffre des décès est monté à 8, puis à 23 et plus, pour décroître peu à peu.

Le caractère envahissant n’existait donc pas en 1885, et cependant AL Fauvel et personne après lui n’a douté qu’il ne se fût agi à cette époque du choléra asiatique.

Il faut donc considérer l’argumentation de AL Fauvel comme nulle et non avenue pour le cas actuel; son assertion doit être également considérée comme telle.

1. Bulletin de V Académie de médecine, séance du lei juillet 1884, 2e séi\, XIII. p. 837-857. — Ont pris part à la discussion dans cette séance : Le Roy de Méricourt, Fauvel, Brouardel et Pasteur. Celte discussion s’est poursuivie à l'Académie de médecine jusqu’à la fin de l’année 1883, sans autre intervention de Pasteur. (Xote de l'Édition.)

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