‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 184 sur 299 · Colin, p · texte numérisé non relu

Colin, p

4. Colin. Nouvelles expériences sur la culture des bactéridies charbonneuses dans le sol. Ibid., séance du 25 janvier 1881, p. 103-128.

5. Voir, p. 559-566 du présent volume : Sur une maladie nouvelle provoquée par la salive d'un enfant mort de la rage. (Notes de l’Édition.)

ym\ pas employer cette expression, dont je ne reconnais pas la justesse dans ces cas, des granules mouvants, comme les a décrits M. Vulpian et il y en a toujours sous la forme de 8 de chiffre ; en chapelets, etc

M. Pasteur : Ah! je vous attendais aux vibrions. Eh bien, nous n axons chez les animaux morts de la nouvelle maladie aucun des phénomènes qu’indique M. Colin, et l’organisme que j’ai décrit comme caractéristique de la nouvelle maladie n’est jamais associé au moindre vibrion, ni à des granules mouvants, pour me servir de son

expression. Enfin, nous n’avons jamais rencontré la moindre odeur putride.

Je ne veux retenir de la Communication de M. Colin que le désir qu’il a exprimé de nous voir établir les résultats de nos expériences, non point dans un laboratoire, mais devant une Académie. Je sollicite donc avec empressement la nomination d’une Commission, aux travaux de laquelle M. Colin, je l’espère, prendra part...

M. Colin

Je préfère ne pas en faire partie.

M. Pasteur: Dès lors, vous êtes jugé dans vos convictions. C’est comme pour le charbon spontané ; vous n’avez que des opinions et vous craignez la lumière. Cette Commission pourrait se réunir cetle semaine; M. Colin assisterait à ses séances, soit en ma présence, soit en mon absence ; je tiens à me mettre tout entier à sa disposition. Je m engage, quant à moi, à inoculer, d’une part, la septicémie à des animaux; au bout de vingt-quatre heures, ces animaux présenteront tous les caractères habituels de la septicémie aiguë, expérimentale, étudiée par diverses personnes dans cette Académie ; et, d’autre part, je reproduirai en même temps ce que j’appelle la nouvelle maladie, puisqu’elle ne ressemble à aucune des affections connues. Ces expériences une fois instituées en présence de la Commission, l’Académie dans sa prochaine séance sera juge. L’examen du sang suffira, à lui seul, pour éclairer tout le monde. Le sang, dans la septicémie, au moment de la mort , ne montre pour ainsi dire jamais de vibrions effectifs, tandis que celui des animaux morts de la nouvelle maladie c ontient toujours, et souvent à profusion, le nouvel organisme à auréole, aérobie et immobile.

M. Colin : Je désire rester simple spectateur.

M. Pasteur: Vous y serez acteur; car vous serez tenu de déclarer qu il s agit ou qu’il ne s’agit pas de septicémie dans les expériences

que je ferai devant la Commission, et que j’avais raison de croire à une différence absolue cfe la septicémie et de la maladie nouvelle.

L’Académie, consultée, décide la nomination de cette Commission. Sur la proposition de M. le Président, MM. Bouley, Vulpian, Davaine, Alph. Guérin et Villemin sont appelés à en faire partie ; MM. Pasteur et Colin pourront naturellement s’adjoindre à la Commission (d).

[LETTRE AU Dr PARROT] (“2)

A Monsieur le docteur Parrot.

Paris, 22 mars 1881.

Monsieur et très honoré collègue,

Dans la visite que j’ai eu l’honneur de vous faire, le 4 mars courant, à l’hospice des Enfants-Assistés, je vous ai informé que le nouvel organisme microscopique observé pour la première fois dans le sang des lapins inoculés par la salive de l’enfant mort de la rage à Sainte-Eugénie, le 11 décembre dernier, et au sujet duquel j’ai fait des Communications à l’Académie de médecine, le 18 janvier, et à l’Académie des sciences, le 24 du même mois (a), en mon nom et au nom de MM. Chamberland, Roux et Thuillier, avait été retrouvé par nous dans un nouveau cas de rage. C’était une enfant de cinq à six ans, morte de la rage le 24 février, dont M. Maurice Raynaud avait bien voulu me signaler l’existence.

Quoique antérieurement nous ayons inoculé sans succès à des lapins trois salives prises sur des personnnes adultes mortes de mala-

1. On trouvera aux Documents, p. 751-753 du présent volume, le Rapport de Villemin : Siales expériences d’inoculation de salive rabique présentées par M. Pasteur. ( Note de l'Édition.)

2. Bulletin de l'Académie de médecine , séance du 22 mars 1881, 2° sér., X, p. 380-381. Lettre communiquée à 1 Académie de médecine par le Dr Parrot dans sa Communication : L organisme microscopique trouve par M. Pasteur dans la maladie nouvelle provoquée par la salive d’un enfant mort de la rage. Ibid., p. 379-381.

3. Voir, p. 557-558 du présent volume : [Expériences faites avec la salive d’un enfant mort de la ragej; et p. 559-566 : Note sur la maladie nouvelle, provoquée par la salive d’un enfant mort de la rage. [Notes de l’Édition.)

MALADIES VIRULENTES

dies communes, il nous a paru nécessaire de reproduire c.es essais d’inoculation avec des salives d’enfants.

Dans ce but, j’ai eu recours à votre obligeance, et vous m’avez autorisé à prélever des salives chez les pauvres petits morts de votre hospice des Enfants-Assistés.

Il est fort heureux que nous ayons eu cetle pensée; car des lapins inoculés par des salives prises sur les petits cadavres dont je parle nous ont offert le même organisme virulent pour les lapins et non pour les cobayes. Une seule salive de personne adulte, en pleine santé, recueillie à jeun, le matin, nous a offert le même microbe; mais il n’est pas douteux qu’on pourrait le trouver souvent et que cet organisme doit être un de ceux qui habitent les premières voies digestives.

En conséquence, la nouvelle maladie n’a aucune relation avec la rage.

On ne peut se défendre d’un sentiment de surprise en apprenant l’existence dans la salive, particulièrement dans la salive des enfants, d’un microbe spécial, dont l’inoculation aux plus petites doses amène si facilement la mort des lapins et même des chiens.

J’y vois, pour ma part, un symptôme nouveau de grand avenir pour la connaissance étiologique des maladies dont la cause doit être attribuée cà la présence et au développement d’organismes microscopiques.

Veuillez agréer, Monsieur et très honoré collègue, l’hommage de tout mon respect.

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