LETTRE A M. LE SECRETAIRE PERPÉTUEL DE L’ACADÉMIE
DE MÉDECINE] (i)
Permettez-moi de protester contre les assertions émises par M. Colin, dans la dernière séance (1 2), au sujet de l’organisme microscopique que j’ai reconnu exister dans la salive de l’enfant mort de la rage, le 11 décembre dernier, à l’hospice de Sainte-Eugénie, organisme microscopique qui communique aux lapins une maladie viru-
1. Bulletin de V Académie de médecine, séance du 31 mai 1881, 2e sér., X, p. 716-717.
2. Colin. Quelques expériences sur la rage, la septicémie et le charbon. Ibid., séance du 24 mai 1881, 2e sér., X, p. 694-702. [Note de l’Édition.)
lente inconnue jusqu’à ce jour. M. Colin affirme que j’ai dit alors, — séance du 18 janvier 1 , "•* — que cet organisme est celui delà rage.
Dans cette séance du 18 janvier et dans la séance suivante, pendant laquelle, à la bibliothèque, j’ai fait voir au microscope l’organisme dont il s’agit, j’ai dit précisément que la maladie nouvelle n’était pas la rage ni la septicémie, que je ne savais rien des relations que cette maladie nouvelle pouvait avoir avec la rage, que j’étais occupé, avec mes collaborateurs, à épuiser les combinaisons expérimentales propres à fixer les incertitudes sur ce point, et l’Académie sait que depuis lors j’ai été assez heureux pour annoncer, dans une lettre à M. le docteur Parrot, qu’il y avait une indépendance absolue entre les deux maladies.
L’Académie sait encore, par le Rapport de M. Villemin (2), que devant la Commission nommée par elle, j’ai prouvé que la maladie nouvelle n’avait pas de rapport avec la septicémie, contrairement à l’assertion gratuite deM. Colin.
L’Académie m’approuvera sans doute de protestei contre des accusations d’erreurs que je n’ai jamais commises.
Veuillez agréer, etc.