‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 187 sur 299 · SUR LA RAGE · texte numérisé non relu

SUR LA RAGE

[Avec la collaboration de MM. Ga

VM BERLAND, RoiX ET T IlL

ILL1EIÎ

L Académie se rappellera peut-être que depuis le mois de décembre dernier, avec l’aide de MM. Chamberland et Roux, auxquels a bien voulu s adjoindre M. rhuillier, nous avons commencé l’étude de la

rage

Lu rapprochant les symptômes extérieurs de cette maladie de certaines observations histologiques laites sur le cerveau de personnes ou d’animaux morts de la rage, et en considérant qu’on n’a pas, jusqu’à présent, communiqué l’affection par l’inoculation du sang des rabiques, on a été porté à penser que le système nerveux central et de préférence le bulbe qui joint la moelle épinière au cerveau et au cervelet sont particulièrement intéressés et actifs dans le développement du mal. Cette opinion a été soutenue, il y a deux ans avec distinction, par M. le D' Duboué (*). Cependant les expériences récentes de M. (laitier, professeur à l’École vétérinaire de Lyon, laissent planer une grande incertitude sur le véritable siège d élaboration du virus rabique.

« Le virus rabique, dit ce savant observateur, existe dans la bave, tout le monde le sait. Mais d où vient-il ? Où est-il élaboré?...

« Jusqu’à présent, je n’ai constaté l’existence du virus rabique chez le e nen enragé que dans les glandes linguales et sur la muqueuse buccopharyngienne...

« J ai inoculé plus de dix fois, et toujours avec le même insuccès, le produit obtenu en exprimant la substance cérébrale, celle du cervelet, celle de la moelle allongée de chiens enragés. »

1. Comptes rendus de l Academie des sciences, séance du 30 mai 1881, XCII. p. 1259-126i Bulletin de l Academie de médecine, séance du 31 mai 1881, 2' sér., X, p 717-719 No lue par le Secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine.

i»-a DTÜE- De la ph^'siol°gie Pathologique et du traitement rationnel de la rage Pari lo /y, in-o°. D

3. Galtier. [Sur la transmissibilité de la rage du chien au lapin Bulletin de V Académie de médecine, séance du 25 janvier 1881 °« de l'Edition.)

(Note lue par Bouley).] sér., X, p. 90-94. ( Notes

ff

J’ai la satisfaction d’annoncer à l’Académie que nos expériences ont été plus heureuses. x4 diverses reprises, et souvent avec succès, nous avons inoculé le bulbe rachidien, et même la portion frontale d’un des hémisphères et le liquide céphalo-rachidien. Dans ces conditions, la rage a eu les durées d’incubation habituelles.

Le siège du virus rabique n’est donc pas dans la salive seule. Le cerveau le contient et on l’y trouve revêtu d’une virulence au moins égale à celle qu’il possède dans la salive des enragés.

Une des plus grandes difficultés des recherches sur la rage consiste, d’une part, dans l’incertitude du développement du mal à la suite des inoculations ou des morsures, et, d’autre part, dans la durée de l’incubation, c’est-à-dire dans le temps qui s’écoule entre l’introduction du virus et l’apparition des symptômes rabiques. C’est un supplice pour l’expérimentateur d’être condamné à attendre, pendant des mois entiers, le résultat d’une expérience, quand le sujet en comporte de très nombreuses. On apprendra donc, je l’espère, avec un vif intérêt, que nous sommes arrivés à diminuer considérablement la durée d’incubation de la rage et à la communiquer à coup sûr.

On arrive à ce double résultat par l’inoculation directe à la surface du cerveau, en ayant recours à la trépanation et en se servant, comme matière inoculante, de la substance cérébrale d’un chien enragé, prélevée et inoculée à l’état de pureté.

Chez un chien inoculé dans ces conditions, les premiers symptômes de la rage apparaissent dans l’intervalle d’une semaine ou deux et la mort en moins de trois semaines. J’ajoute qu’aucune des inoculations ainsi faites n’a échoué. Autant de trépanations et d’inoculations sur le cerveau, autant de cas de rage confirmée et rapidement développée. Etant donné le caractère de la méthode, on peut espérer qu’il en sera toujours ainsi. D’ailleurs la rage a été, tantôt la rage mue, tantôt la rage furieuse, c’est-à-dire la rage sous ses deux formes habituelles.

Je me borne à ce court exposé, parce que nous n’avons d’autre but aujourd’hui que de prendre date pour la connaissance d’une nouvelle méthode de recherches dont la fécondité d’application n’échappera à personne.

Aussi, tout est prêt en ce moment dans mon laboratoire pour donner aux études sur la rage une grande extension (*).

Cette dernière phrase ne figure qu’au Bulletin de V Académie de médecine. (Note de l'Édition.)

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