‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 200 sur 299 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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MALADIES VIRULENTES 621

ment spécial, à proximité du local où seront préparés les agents prcservatiis. M. Pasteur pourrait-il nous dire s’il existe des projets relatifs à 1 institution si urgente d’un établissement de ce genre?

M. Pasteur (*) : Je m’empresse de remercier M. le Président et notre Confrère M. \ ulpian de leurs appréciations si indulgentes et de 1 occasion qu ils veulent bien m’offrir, de dire ce que je pense d’un établissement vaccinal contre la rage. Au début de l’application de la méthode, je pensais qu’il serait indispensable de subir les inoculations préventives très peu de temps après les morsures. Lorsque le maiie de V illers-b arlay (Jura) me pria d’appliquer au courageux berger Jupille le traitement qu’on pouvait déjà considérer avoir réussi pour Meister, je lui répondis qu’entre les deux sujets existait une différence essentielle, dont je ne pouvais prévoir l’influence sur le résultat du traitement. Pour Meister, soixante heures seulement s’étaient çcoulées entre l’instant des morsures et le traitement; pour Jupille, au contraire, six jours pleins; je rappelle cette circonstance, afin de montrer ce que je pensais, au début des inoculations préventives.

Depuis ces deux premiers inoculés, d’après les conseils des l)1' Y ulpian et Grancher, comprenant bien que je ne pouvais exclure personne, il m’est arrivé de traiter une foule de mordus, après un long intervalle de temps. Or, jusqu’à présent, en laissant de côté le malheur arrivé à la petite Louise Pelletier, aucun accident ne s’est produit. Il semble que le traitement puisse être efficace à quelque moment qu’il intervienne, tant que les symptômes aigus de la rage n’ont pas éclaté.

Il est donc certain que, pour la France, un seul établissement peu! suffire. J’ajoute que je ne suis pas moins convaincu que rétablissement de Paris pourrait recevoir, en temps utile, toutes les personnes qui auraient été mordues en Europe. Nous avons reçu nombre de malades venant de la Russie, de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la Hongrie, de 1 Italie, de l’Espagne, beaucoup même de l’Amérique du Nord. Poui 1 Amérique du Sud, le Chili, le Brésil, l’Australie..., il faudra évidemment former, dans l’établissement de Paris, de jeunes savants qui iront porter la méthode dans ces lointains pays. On pourrait faire de même assurément pour les diverses contrées d’Europe, mais je répète que cela n’est point nécessaire. La garantie du succès des opérations sera, en outre, d’autant plus grande qu’il y aura moins d’opérateurs. Quant à la dépense de voyage et de séjour des indigents jusqu’à Paris,

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