‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 228 sur 299 · DEUXIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉANCE

Le 17 mai, la même affluence de curieux assistait à l’épreuve de la seconde vaccination sur les animaux déjà inoculés le 5 mai. Une Commission, nommée par la Société d’agriculture de Meaux, assistait également à cette expérience. Cette Commission était composée de MM. Benoist, de Lizy-sur- Ourcq, conseiller général de ce canton ; Borgnon, vétérinaire à Couilly ; Butel, vétérinaire à Meaux, et d’un certain nombre d’agriculteurs de cet arrondissement.

Cette fois, l’inoculation fut pratiquée, chez les moutons et la chèvre, à la face interne de la cuisse gauche et, chez les vaches et le bœuf, en arrière de l’épaule gauche.

Le liquide vaccinal, employé dans cette circonstance, est loin d’être aussi inoffensif que le premier ; d’habitude, lorsqu’on l’inocule d’emblée à des moutons, il amène la mort de ces animaux dans l’énorme proportion de 50 p. 1 00.

Les températures furent prises chez tous ces animaux pendant six jours consécutifs, les 17, 18, 19, 20, 21 et 22 mai. Le 24 mai, on se contenta de la prendre sur quelques sujets seulement.

( Voir les tableaux /ios 3 et 4 ci-annexès pour les températures.)

Tableau n° 4. — Températures.

Bœufs et vaches vaccinés. — 2e vaccination.

AGE

SIGNALEMENT

18 mois . . .

Bœuf cotentin.

5 ans . . .

Vache cotenline (n° 1).

3 ans . . .

Vache cotenline (n° 2).

20 mois . . .

Vache cotenline (n° 3).

9 à 10 ans .

Vache bretonne (n° 4).

8 ans . . .

Vache bretonne (n° 5).

Comme la première fois, cette deuxième opération n’a été suivie d aucun mouvement fébrile très appréciable ; chez tous les opérés, à part quelques rares exceptions, que je signalerai plus bas, 1 appétit et la gaieté se sont conservés. À première vue, moutons vaccinés ou non ne diffèrent absolument en rien.

Voici succinctement les quelques faits particuliers que nous avons observés, M. Garrouste et moi, sur les moutons et les vaches.

Moutons.

Les 17, 18, 19, 20, 21 et 22 mai, aucun changement appréciable. Sur le n° 10 on constate cependant une nodosité au point de la dernière inoculation. Le mouton n° 21, ([ni est un agneau de sept mois, nous a paru triste le len-

MALADIES VIRULENTES

demain de la vaccination ; la température est en effet montée chez lui à 40° ; mais cette tristesse n’a été que passagère ; le lendemain, la température n’était plus qu’à 39°2, et les jours suivants tout rentrait dans l’ordre.

Bœufs et vaches.

Chez ces animaux, les effets de la vaccination n’ont guère été plus appréciables. Sur la vache n° i, on constate, le 19 mai, de l’œdème autour du point de l’inoculation, et cle la sensibilité; mais la gaieté et l’appétit sont conservés, il n’y a pas de fièvre, la température est à 37°7. Cet œdème persiste encore le lendemain ; le 21 mai, il est disparu. Cliez la vache n° 3, la peau est adhérente dans la partie où a eu lieu 1 inoculation, et la sensibilité est manifeste sur ce point; le lendemain, l’adhérence fait place à un léger œdème qui persiste encore le 20 mai, mais le 21 mai il n’en reste plus de traces.

Les bêtes n° 4 et n° 5 présentent toutes deux, le 21, un œdème assez étendu à gauche, tout autour de la partie où a été pratiquée la vaccination ; le 24 mai, même état; le 28, tous ces œdèmes étaient résorbés. Aucun sujet n’a accusé de fièvre.

Le 17 mai, en quittant Pouilly, M. Pasteur avait fixé au 31 mai le jour de l’épreuve suprême; toutefois il avait décidé que, le 28 mai, du virus très virulent serait inoculé, d’une part à un mouton vacciné et, d’autre part, à un mouton non vacciné.

La même opération devait être renouvelée le lendemain 29 mai sur deux autres sujets pris dans les mêmes conditions.

Ces deux essais avaient pour but de démontrer aux personnes qui viendraient à la séance du 31 mai, que les prédictions de M. Pasteur se réaliseraient en tous points ; elles avaient en outre pour objectif la possibilité de pouvoir démontrer à l’assistance que les animaux morts présenteraient les lésions particulières au sang de rate.

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