TROISIÈME SÉANCE
Le samedi 28 mai, à 2 heures de l’après-midi, MM. Chamberland et Roux, Gassend, Garrouste et R.ossignol choisissent deux moutons; tous deux sont noirs et proviennent de la ferme de Mémorant ; ils sont âgés de deux ans. L’un d’eux, qui porte le n° 14 dans les tableaux des températures annexés à ce rapport, a été vacciné deux fois ; l’autre est indemne.
A l’aide de la seringue Pravaz, on inocule à ces deux animaux, à la face interne de la cuisse droite, dans les tissus sous-cutanés, cinq divisions d’un liquide très virulent. Le liquide en question provient d’une culture bacléridienne qui date de quatre ans(4) et possède le plus haut degré de virulence.
Au moment de l’expérience, ces deux animaux accusent les températures
suivantes :
Le vacciné . 38°4
Le non vacciné . 38°3
1. C’est-à-dire : dont l’origine remonte à quatre ans. ( Note de l’Édition.)
MALADIES VIRULENTES
Le dimanche 29 mai et les jours suivants, la température n’a pas varié d’une façon sensible chez le vacciné : le 29, elle est à 38°5 ; le 30, à 38°4 ; le 31, à 38°4 ; le 1er juin, légère fièvre, le thermomètre accuse 40° ; le 2 juin, tout symptôme fébrile a disparu, le thermomètre ne marque plus que 38°4.
Chez le mouton non vacciné , l’intoxication bactéridienne ne tarde pas à produire son effet. Le 29 mai, à 2 heures, nous constatons une température de 40°. Cet animal est triste, la respiration accélérée, le pouls petit, précipité; la face interne de la cuisse droite est chaude, la peau est soulevée par un œdème chaud, douloureux, d’une dimension égale à celle de la moitié de la main. Ce lendemain matin, 30 mai, les hommes chargés du soin des animaux le trouvent mort à 4 heures : il était encore chaud, la mort ne devait remonter qu’à quelques heures.