‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 266 sur 299 · DU MOIS DE NOVEMBRE 1885 AU 31 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DU MOIS DE NOVEMBRE 1885 AU 31 DÉCEMBRE

Les personnes traitées à l’Institut Pasteur sont, au point de vue de la statistique, réparties en trois catégories.

I Catégorie (Tableau A) : Personnes mordues par des animaux dont la î âge a été reconnue par le résultat de 1 inoculation du bulbe, ou par le développement de la rage chez des personnes ou des animaux mordus en même temps.

On est donc absolument sur que les personnes qui sont comprises dans le tableau A ont été mordues par des animaux enragés. Ces cas permettant de poiter un jugement certain sur la méthode, il est recommandé aux personnes qui viennent se taire traiter, d apporter, chaque fois que cela leur est possible, le cadavre du cluen par lequel elles ont été mordues, pour que l’on en puisse inoculer le bulbe. Il y a aussi un très grand intérêt k ce que MM. les vétérinaires fassent connaître les cas de rage survenus sur les animaux, lorsque ceux-ci ont été mordus en même temps que des personnes traitées à 1 Institut Pasteur. En présence des cas de rage douteux, quelques vétérinaiies, s inspirant des travaux du laboratoire de M. Pasteur, inoculent, avec le bulbe de 1 animal suspect, des lapins sous la peau, ou même par trépanation. De cette façon, ils peuvent porter un diagnostic certain; il serait très désirable que cette pratique devienne pl-us fréquente.

-4 Catégorie (Tableau B): Personnes mordues par des animaux dont la rage a été reconnue à l’autopsie faite par un vétérinaire, ou par les symptômes présentés par l’animal mordeur.

Un certificat signé par un vétérinaire est toujours réclamé aux personnes qui se présentent pour être traitées, et l’on peut dire que la certitude de la rage chez 1 animal mordeur est presque aussi absolue pour les cas qui composent le tableau B que pour ceux du tableau A.

3 Catégorie (lableau C) : Personnes mordues par des animaux suspects de rage.

Un grand nombre des personnes comptées dans le tableau C ont été mordues par des animaux réellement enragés, cela ressort évidemment des

1. Annales de V Institut Pasteur, n° 1,25 janvier 1887, p. 30-41.

2. Cette statistique n’aurait dû être publiée qu’au mois d’avril 1887, car il n’est pas possible de juger avant le mois d’avril de l’efficacité des traitements faits en décembre 1886 Mais tant de renseignements inexacts et malveillants ont paru dans la presse que nous avons été obliges de rendre publics les relevés statistiques faits jusqu’à ce jour.

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détails donnés par les mordus ; mais, comme l’examen de l’animal n’a pas été lait par une personne compétente, elles sont maintenues au tableau C. D’ailleurs, 2 cas de mort par rage figurent dans ce tableau.

Parmi les personnes traitées et qui ont succombé, plusieurs sont mortes dans les jours qui ont immédiatement suivi le traitement. Elles devraient être retranchées de la statistique. Il est évident que l’effet des inoculations préventives n’est pas instantané; qu’il faut, pour que l’immunité soit acquise, qu’un certain temps soit écoulé, tout comme dans le cas de la vaccination jennérienne et dans celui des inoculations préventives contre le charbon.

L’incubation de la rage étant de 15 jours environ chez le chien quand on pratique 1 inoculation intracrânienne, il serait de toute justice de ne pas compter, pour l’évaluation de la mortalité, tous les cas où la rage a éclaté dans les 15 jours qui ont suivi le traitement. Toutefois, ces cas figurent dans la statistique et sont comptés pour le calcul de la mortalité.

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