‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 284 sur 299 · M A L A D I E S AIR U L E N T E S · texte numérisé non relu

M A L A D I E S AIR U L E N T E S

« Je ne saurais, dit-il, leur refuser les soins qu’elles demandent, mais combien je voudrais être plus vieux de quelques mois. »

Ne faudrait-il pas un établissement spécial?

De 1 avis de M. Pasteur, ce sera indispensable et la dépense ne sera pas lourde. 11 suffirait d’y avoir un médecin et deux personnes chargées du soin des animaux servant aux expériences. Toutefois, il convient d’attendre quelques mois encore et jusqu’à ce que l’efficacité de la méthode soit affirmée par de nombreux succès.

M. Pasteur lait connaître que le traitement qu’il applique n’a aucune action fâcheuse sur la santé des personnes qui v sont soumises.

M. Dujardin-Beaumetz demande si M. Pasteur peut recevoir toutes les personnes mordues.

M. Pasteur répond affirmativement. Il ajoute qu’il est facile de les traiter. 11 a du virus en quantité suffisante, et, tous les jours, M. le D1' Grancher, professeur à la Faculté de médecine, vient dans son laboratoire pour y pratiquer les opérations. En un quart d’heure, on peut faire d’assez nombreuses piqûres. Un seul établissement suffirait pour toute la France.

D’autre part, il serait peut-être dangereux de mettre ce virus entre des mains inexpérimentées.

Les personnes soumises à ce traitement ne sont pas malades, et il n’y a pas lieu de les placer dans un hôpital. L’essentiel est d’agir vite et de terminer en quelques jours la série des inoculations.

M. Brouardee demande s’il est possible de pratiquer les inoculations un mois ou six semaines après la morsure.

M. Pasteur croit pouvoir répondre affirmativement, sans avoir une certitude expérimentale absolue. Il ajoute qu’il vient de recevoir de M. le Dr Moreau, de Mustapha (Algérie), un télégramme lui annonçant que quatre enfants ont été mordus, il y a deux mois, et que l’un d’eux est mort le 5 novembre. Ce docteur lui demande, en même temps, s’il voudrait bien traiter les trois autres. Il a accepté. Il espère que ces enfants pourront être guéris ^ mais si l’un d’eux venait à mourir, les premiers symptômes de la rage venant à se déclarer au cours du traitement, on pourra savoir quel est le virus qui a amené la mort : la rage devrait se déclarer sur les lapins environ le quinzième jour, au cas où l’inoculation aurait été faite avec du virus de chiens de rues, le septième, si c’était du virus des inoculations préventives.

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