‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 35 sur 299 · Lister (J.). Loc. cit. ( Notes de l’Édition · texte numérisé non relu

Lister (J.). Loc. cit. ( Notes de l’Édition

SEPTICÉMIE PUERPÉRALE fi)

M. Hervieux : ... Je me résume : 1° Contrairement aux proto-organismes cpii sont répandus partout dans la nature, et qui paraissent, en somme, bien inoffensifs, puisque nous vivons au milieu d’eux sans en être incommodés, le miasme puerpéral ne se plaît, ne prospère et n’exerce guère son action que dans certaines localités très circonscrites.

2° Tandis que l'es proto-organismes auraient besoin, suivant les partisans de la théorie des germes, d’une solution de continuité pour s’introduire dans l’économie, le miasme puerpéral ne connaît aucune barrière épithéliale. Il atteint la femme enceinte, le nouveau-né et même le fœtus tout aussi bien que la femme en couches. 11 a même le pouvoir de sévir sur des sujets placés en dehors de l’état puerpéral.

Il y aurait donc de grandes chances pour que le miasme générateur de la septicémie puerpérale ne fût point un vibrion. Ce serait en tout cas un vibrion d’une nouvelle espèce, dont les caractères, la nature et la constitution physiques auraient besoin d’être déterminés. Mais, faut-il l’avouer, j ai une peur terrible, une peur dont je ne puis me défendre, et que l’Académie comprendra : c’est celle de mourir avant qu’on n’ait découvert ce vibrion-là.

M. Pasteur : Je suis vraiment confus de prendre la parole après la lecture si remplie de faits d’observations cliniques de M. le docteur Hervieux. Mais la défense de la théorie des germes et du contage vivant, à laquelle je crois fermement, m’y oblige.

Afin d’écarter certaines confusions, je voudrais tout d’abord faire observer que, suivant moi, il n’existe pas d’état sanitaire et d état épidémique proprement dits. Les faits cachés sous les expressions de pays infectés , de milieux épidémiques... correspondent à une abondance plus ou moins grande de germes et à des conditions hygiéniques, constitutionnelles ou autres, pouvant permettre leur développement plus ou moins facile. Je ne me permettrais pas toutefois d’émettre devant cette assemblée une telle opinion, si elle ne m’avait été suggérée par des études personnelles qui la démontrent péremptoirement, en ce qui concerne la maladie des vers a soie, appelée pébrine

1. Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 11 mars 1879, 2° sér., VIII. Communication de Hervieux, p. 238-256. Intervention de Pasteur, p. 256-26U.

ou maladie des corpuscules. Si les mots à’ épidémie, de pays infectés... ont été souvent prononcés, c’est bien dans les mille et mille articles ou brochures publiés au sujet de cette dernière affection, depuis l’année 1848, où elle apparut, h l’année 1865, où je commençai à m’en occuper. Je pourrais vous donner les preuves les plus certaines que, ayant réussi à préparer de la graine de vers à soie, tout à fait exempte de la maladie, il était facile, en pleine constitution dite épidémique, en plein pays infecté, de conserver saine, ou de laisser contagionner les éducations issues de cette graine. Elevait-on par exemple cette graine sous le même toit qu’une autre graine malade, quoique sur des claies distinctes et séparées, la contagion était manifeste : toutes les chrysalides, tous les papillons devenaient malades et fournissaient une graine fatalement destinée à périr. La graine saine, au contraire, restait saine ou ne donnait que quelques papillons malades, si on l’élevait isolément et qu’on ne laissât pas des allants et venants apporter le mal dans des visites plus ou moins fréquentes. J’ose engager les jeunes médecins à faire une lecture approfondie de mes Etudes sur la maladie des vers ci soie (*) ; ils y trouveront le premier exemple d’une maladie à la fois héréditaire et contagieuse, poursuivie, non seulement dans ses caractères propres et dans les lésions qu’elle détermine, mais dans les propriétés et le développement de son contage microscopique et vivant. Ils y trouveront également l’étude d’une autre maladie, la flacherie , qui n’offre pas moins d’intérêt.

Avant d’aborder le point que je veux mettre plus particulièrement en lumière, relativement à la fièvre puerpérale, je veux écarter encore les arguments déduits des obscurités pathologiques.

Dans la dernière séance (1 2), je vous ai parlé des propriétés du microbe, auquel il faut rapporter exclusivement l’affection dite choléra des poules. Je vais à mon tour invoquer des faits remarquables et des plus obscurs si l’on ne sait rien de l’étiologie du mal, mais qui deviennent lumineux et comme obligés quand la théorie des germes les éclaire. Inoculez des poules par une culture du microbe à l’état de pureté : toutes, ou du moins la très grande majorité, périront en douze à quarante-huit heures environ. Inoculez au contraire un même nombre de cochons d’Inde, et bon nombre ne succomberont pas; tous néanmoins auront des abcès dans la région de l’inoculation. Prélevez une trace du pus des abcès de ceux qui doivent se guérir, vous trouverez ce pus prêt pour un développement nouveau dans les

2. Voir p. 493-497 du présent volume : Discussion sur « la peste en Orient ». ( Notes de l'Édition.)

MALADIES VIRULENTES

milieux de culture appropriés, prêt également pour donner la mort à des poules. Quoi de plus obscur que ces faits, si vous les séparez complètement de l’explication qu’ils comportent dans la théorie des germes ? Quoi de plus naturel, au contraire, à la lumière de cette théorie ? Dans le cochon d’Inde, le microbe trouve un milieu moins propre à sa propagation que celui de la poule. Il y localise ses désordres, si l’on peut ainsi dire, mais il est là néanmoins dans l’abcès qu’il a provoqué, prêt pour un développement meilleur dans un milieu de culture approprié, prêt aussi pour une culture plus facile dans un organisme vivant, celui de la poule par exemple.

Autre mystère plus saisissant encore : le microbe dont je parle se cultive dans divers bouillons. Or, toute culture échoue avec le bouillon d’eau de levûre, l’un de ceux néanmoins qui conviennent le mieux pour la culture de la bactéridie charbonneuse, par exemple. Transportez ce fait dans la pathologie et quel profond mystère !

M. le docteur Hervieux disait, à la fin de sa lecture, après avoir combattu savamment les applications qu’on veut faire de la théorie des germes à l’étiologie de la fièvre puerpérale : Je crains bien de mourir avant d’avoir vu le vibrion qui produit cette fièvre. Eh bien, que l’Académie me permette de dessiner sous ses yeux le dangereux microbe auquel je suis porté en ce moment à attribuer l’existence de cette fièvre. C’est vraisemblablement l’une des nombreuses espèces ou variétés de ces petits organismes que j’ai rencontrés si souvent dans mes études depuis 1860, qui ont la forme de petits chapelets de grains sphériques. C’est à l’une de ces variétés que, en 1861, j’ai rapporté la fermentation dite visqueuse (*); c’est à l’une de ces variétés qu’est due une des fermentations de la feuille du mûrier dans le canal intestinal des vers à soie, propre à la maladie dite flaclierie (1 2). C’est à l’une de ces variétés encore que j’ai attribué, en 1862, la fermentation ammoniacale des urines (3), etc. Les auteurs allemands, préférant désigner ce groupe d’organismes, que j’ai le premier fait connaître en leur assignant des caractères de ferments vivants, par des noms latins, les appellent des microsporon ou des micrococcus. Ils en ont recherché et constaté la présence dans une foule de cas pathologiques, notamment dans la diphtérie et dans la fièvre puerpérale (Œrtel, Orth, YValdeyer). Pour moi, voici ce que j’ai vu et à quelle occasion. L’Académie n’a

1. Voir, p. 134-135, tome II des Œuvres de Pasteur : Sur la fermentation visqueuse et la fermentation butyrique.

2. Voir, p. 205-218, tome IV des Œuvres de Pasteur : Chap. II. Nature de la maladie dite des morts-flats ou flacherie.

3. Voir, p. 247-253, tome II des Œuvres de Pasteur : § 1. Urine. [Notes de l’Édition.)

pas oublié peut-être qu’en 1875 M. Gosselin avait présenté à l’Académie des sciences une note de M. Albert Bergeron (4) au sujet des organismes microscopiques qu’on a souvent rencontrés dans des abcès ouverts ou fermés. L’auteur concluait à une génération spontanée pour les abcès fermés. Je m’élevai contre l’absence de rigueur dans le raisonnement et dans les inductions, et n’ayant jamais eu l’occasion de rechercher la génération spontanée dans les faits obscurs de la pathologie, je me mis immédiatement à l’œuvre, parcourant les hôpitaux et demandant partout des abcès à observer. Des faits que j’ai recueillis, aidé alors dans ces études par M. Gayon, j’extrais les suivants : Beaucoup d’abcès montrent l’organisme en couples ou en chapelets de grains que je dessinais tout à l’heure sur le tableau. Un de ceux qui me l’ont olîert en plus grande abondance est un abcès du cou qui fut ouvert par notre confrère M. Bouley, en ma présence, le 23 avril 1875, rue de Meaux, dans une écurie de la compagnie Lesage. Tout autour de l’abcès, et sur une grande surface, la peau était un peu dénudée. Je l’ai vu également dans des abcès fermés sur des hommes et des femmes.

Dans le service de M. Alphonse Guérin, à l’Hôtel-Dieu, le 7 mars 1875, je trouvai le même organisme, du moins semblable de forme et de diamètre, dans des abcès que portait une jeune femme de dix-neuf ans, atteinte de lymphangite à la suite d’une écorchure du pied ; les abcès s’étaient propagés dans la jambe et dans la cuisse.

Le 30 avril 1875, à la Pitié, j’observai dans le service de M. Yulpian une femme qui était. entrée à l’hôpital avec beaucoup de fièvre et d’abattement faisant croire à une fièvre typhoïde. Cet état avait suivi des pertes utérines, terminées par l’émission de caillots sanguins. Elle présentait des abcès multiples aux jambes et aux bras. Le pus d’un abcès ouvert au bras gauche a montré les couples et les chapelets de grains pareils à ceux des abcès précédents. Elle mourut huit jours après, le 7 mai, et, à l’autopsie, son sang montrait l’organisme. L’idée me vint alors que la fièvre puerpérale pourrait bien être déterminée par l’organisme dont je parle; que, dans tous les cas, les abcès et la fièvre de la femme qui précède avaient dû être provoqués par cet organisme, et que la femme du service de M. Guérin, si elle fût accouchée sous l’influence de ses abcès, serait morte également de fièvre puerpérale. Quant à l’abcès du cheval et aux autres, je les cite

1. Bergeron (A.). Note sur la présence et la formation des vibrions dans le pus des abcès. Comptes rendus de l'Académie des sciences, LXXX, 1875, p. 430-432. Voir aussi, p. 20-26 du présent volume : Communication à propos de « la présence et la formation des vibrions dans le pus des abcès ». ( Note de l'Édition.)

MALADIES VIRULENTES

seulement comme preuve que les abcès chauds contiennent souvent le susdit organisme dont les germes doivent être fort répandus.

L’Académie voit assez, par ce qui précède, que j’énonce ici des faits et des inductions plus ou moins hypothétiques, que j’aurais conservés, comme je l’ai fait depuis l’année 1875, pour des projets d’études ultérieures sur la fièvre puerpérale. C’est tout à fait accidentellement que j’ai été conduit à en parler; je m’estimerais fort heureux si ce que je viens de dire engageait quelques-uns des savants membres de cette Académie à me fournir de nouvelles occasions d’études dans cette direction.

[SEPTICÉMIE PUERPÉRALE] (i)

M. Pasteur, à la suite de la présentation, par M. Robin, de la Note [de M. Y. Feltz (2 3)], annonce que mardi dernier il a communiqué à l’Académie de médecine quelques observations sur l’étiologie de la fièvre puerpérale; que, dans le courant de la semaine, il a fait des études nouvelles à la Maternité, dans le service de M. le D1' Hervieux, et à Lariboisière, dans le service de M. Maurice Raynaud. R informera de ces dernières demain l’Académie de médecine et ultérieurement l’Académie des sciences.

SEPTICEMIE PUERPÉRALE (3)

M. Pasteur (4) : Lorsque, dans la dernière séance, j’ai pris la liberté de présenter quelques observations sur les conclusions de la lecture de M. le D1' Hervieux, j’ai exprimé le désir d’avoir des occasions nouvelles d’étudier la fièvre puerpérale. Dès le lendemain, M. le Dr Her-

1. Comptes rendus de l’Académie des sciences , séance du 17 mars 1879. LXXXVIII,

2. Feltz (V.). Recherches expérimentales sur un leptothrix trouvé pendant la vie dans le sang d'une femme atteinte de fièvre puerpérale grave. Ibid., p. 610-612.

3. Bulletin de V Académie de médecine, séance du 18 mars 1879, 2e sér., VIII, p. 267-274. — Ont pris part à la discussion dans cette séance : J. Guérin, Depaul, Hervieux et Pasteur.

4. Intervention de Pasteur. Ibid., p. 271-274. ( Notes de l’Édition.)

La Communication de M. Pasteur a été déposée sur le bureau après la discussion, le temps n’ayant pas permis de la lire. ( Note du Bulletin.)

vieux, avec un très louable empressement dont je ne saurais trop le remercier, voulut bien me permettre de faire quelques observations dans son service de la Maternité.

Une femme, accouchée depuis quelques jours, était en proie à une fièvre puerpérale très caractérisée; la mort était certaine. Elle eut lieu le dimanche matin, à 6 heures.

Les lochies de cette femme, examinées mercredi, lochies très fétides, étaient remplies de microbes divers, mobiles ou immobiles, au nombre desquels se trouvait, en grande quantité, l’organisme en grains sphériques associés par deux, par quatre ou formant les chapelets que j’ai dessinés dans la dernière séance. Le sang recueilli au doigt par une piqûre d’épingle n’offrait que d’une manière douteuse la présence de cet organisme, mais, ensemencé dans un milieu de culture, le sang donna un développement, sans mélange de microbes d’une autre nature, de ce même organisme formé de couples de grains ou de chapelets de grains.

Deux nouvelles cultures du sang eurent lieu encore pendant la vie, puis sept heures et trente-deux heures après la mort.

Ces dernières se firent par une gouttelette prise au pied, et par du sang de la veine fémorale. Le résultat fut le même. Développement à l’état de pureté du même organisme. A l’autopsie, le pus de l’utérus, des trompes, des lymphatiques de l’utérus montrait cet organisme, mais associé à d’autres sous forme de points, de très petits bâtonnets, quelques-uns mobiles.

M. Maurice Raynaud eut l’obligeance de m’envoyer du sang et des lochies d’une femme atteinte d’une fièvre puerpérale très grave. Les lochies ont donné le même résultat que celles de la femme de la Maternité dont je viens de parler. A l’hôpital Lariboisière, nous avons recueilli, avec toutes les précautions de pureté indispensables, du sang d’une veine de la cuisse, vingt heures après la mort, et, par une ponction, un peu de pus de la cavité du péritoine. La culture du sang montra l’organisme en petits grains, et toujours sans association à d’autres organismes, dans des cultures au contact de l’air ou dans le vide. Le pus du péritoine était rempli de cet organisme en chapelets dont le nombre des grains était quelconque, atteignant souvent dix, vingt, trente grains et davantage. Il y était associé au très petit microbe que j’ai signalé dans une Note antérieure, lue en mon nom et au nom de MM. Joubert et Chamberland (*), comme un générateur très

1. Voir p. 112-130 du présent volume : La théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie. ( Note de l’Édition.)

MALADIES VIRULENTES

actif du pus, car la culture ne donna plus cette fois la pureté, c’est-àdire que l’organisme en chapelets de grains à peu près sphériques se trouva associé aux très petits bâtonnets étranglés que je rappelle. Cette circonstance nous engagea à cultiver également le pus de la cavité péritonéale de la femme morte à la Maternité. Le résultat fut le même que pour la morte de Lariboisière, c’est-à-dire que la culture donna le microbe en chapelets de grains, et le microbe qui engendre facilement le pus, quoique, je le répète, dans les deux cas le sang n’ait donné, par la culture, qu’un seul de ces microbes, celui formé par couples ou par chapelets de grains sphériques.

Je ne saurais trop insister ici sur cette circonstance que les deux microbes dont je viens de parler plus spécialement sont des plus communs ; on les trouve partout. Il est facile de les extraire des eaux communes. Je m’expliquerai plus tard sur ce que cette assertion peut avoir d’étrange, quand on y joint cette autre affirmation que l’étiologie de la fièvre puerpérale devra être cherchée de préférence aujourd’hui dans la présence d’organismes microscopiques associés au pus.

A la Maternité nous avons examiné des lochies de deux femmes, accouchées depuis quelques jours et en bon état de santé. Les lochies n’avaient pas d’odeur sensible et ne contenaient pas d’organismes visibles au microscope.

En résumé, plus encore peut-être que dans la dernière séance, je suis porté à croire qu’il faut diriger les recherches vers la constatation de la présence des organismes microscopiques dans la fièvre puerpérale, avec l’idée qu’ils sont probablement les déterminants de cette très dangereuse maladie, dont les symptômes et la marche s’expliqueront sans doute également par la nature variable des microbes associés au pus.

Le pus, lorsqu’il est pur, est, pour ainsi dire, sans effet nuisible sur l’économie ; que si l’on injecte dans la jugulaire d’un cochon d’Inde du pus pur, il se produit des abcès métastatiques, qui se résorbent avec la plus grande facilité; mais si le pus contient des organismes microscopiques qui trouvent, dans le sang ou dans quelque autre liquide de l’économie, un milieu propre à leur développement, les accidents les plus graves peuvent se montrer, accidents variables avec la nature du microbe ou des microbes associés aux globules du pus. Rien de plus différent, par exemple, que les affections déterminées sur les animaux par l’organisme en chapelets de grains, par les petits organismes qui engendrent facilement le pus, comme celui que j’ai rappelé tout à l’heure, comme d’autres encore qu’on trouve dans les eaux communes;

et les différences s’accusent davantage encore si l’on considère les organismes infectieux tels'que le vibrion septique, la bactéridie charbonneuse, le microbe des animaux de basse-cour. Les mots infection purulente, septicémie, bactérihémie, sont des expressions génériques. Les espèces en sont très nombreuses, suivant le contagium vivum qui les fait apparaître.

J’espère que M. le docteur F. Guyon apprendra bientôt à l’Académie, comme il me l’a fait connaître à moi-même, d’après les prévisions de notre Note (4) des Comptes rendus de V Académie des sciences (Pasteur et Joubert, tome LXXXIII, 1876), que l’acide borique a donné entre ses mains de très bons résultats pour empêcher le développement de l’organisme qui produit les urines ammoniacales. Il y a lieu d’essayer de laver les premières voies génitales, et pour ainsi dire constamment, au moyen de la solution de cet acide que les muqueuses paraissent très bien supporter et qui s’oppose au développement des organismes dont je viens de parler, lorsque la solution, saturée à la température ordinaire (elle est alors à 4 pour 100 d’acide), est employée en proportion convenable, d’un dixième environ du volume total du liquide de culture.

On devrait, suivant moi, proscrire l’emploi des eaux communes pour les lavages des voies génitales. Quoi de plus simple que d’user seulement d’eau qui aurait été portée à 115°?

SEPTICÉMIE PUERPÉRALE (2)

M. Pasteuii (3) : Je m’empresse de remercier M. le docteur Hervieux de sa très intéressante Communication et de l’indulgence de ses jugements en ce qui me concerne (*•).

Toutefois, c’est avec une vive contrariété que je me vois engagé dans une discussion sans issue possible, présentement du moins. Certainement, etM. Hervieux a bien fait de condamner les exagérations

1 Voir p. 80-84 du présent volume : Sur la fermentation de l’urine. (Note de l'Édition.)

2. Bulletin de l'Académie de médecine , séance du 6 mai 1879, 2e sér., VIII, p. 481-494. — Ont pris la parole dans cette séance : Hervieux, Pasteur, Depaul, Bouley et Colin.

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