Interventions de Pasteur : Ibid., p. 488-492 et p
4. Hervieux. Septicémie puerpérale. Ibid., p. 481-488. ( Notes de l'Édition.)
MALADIES VIRULENTES
sur ce point, il n’est pas prouvé du tout que la fièvre puerpérale résulte de la présence d’organismes microscopiques. Mais ce qui est moins prouvé encore peut-être, c’est qu’elle soit le résultat d’une de ces forces occultes qu’il désigne sous le nom de miasme. La question est grosse de difficultés; ce n’est point par des discours ou des assertions a priori qu’on peut la résoudre; il faut se mettre à l’étude, l’esprit dégagé de toute prévention.
M. Hervieux s’est exprimé en ces termes dans la séance du 11 mars : «. Je pose en principe que les organismes inférieurs connus : vibrions , bactéries , bâtonnets , corps mouvants, sont impuissants à expliquer la septicémie puerpérale f1). » Cette assertion prématurée et excessive m’a fait prendre immédiatement la parole au nom de la théorie des germes. Me reportant à des observations, de quatre années de date, inédites parce que je les trouvais insuffisantes et que je les gardais dans mes notes comme des pierres d’attente, j’ai appelé l’attention sur un microbe dont j’avais constaté, à la Pitié, la présence dans un cas de fièvre rapporté par M. Vulpian à des conditions de puerpéralité.
Dès le lendemain de notre courte discussion du 11 mars, grâce à l’obligeance de M. Hervieux lui-même, nous reconnaissions, dans son propre service, que les lochies d’une femme accouchée depuis quatre jours, et dont l’état n’inspirait pas la moindre inquiétude, ne montraient pas d’organismes au microscope; qu’il en était tout autrement de celles d’une femme atteinte de fièvre puerpérale... etc. Arrêtonsnous à ce seul fait : il est inutile de reproduire les autres observations, très dignes d’intérêt pourtant, que j’ai consignées au Bulletin de V Académie dans sa séance du 18 mars dernier (2).
Trouvez-vous bon et naturel, dirai-je à M. Hervieux, que le pus de toutes les muqueuses vaginales et utérines soit putride par une grande abondance d’êtres vivants microscopiques et que le pus du péritoine en soit rempli ? Pourquoi ne pas craindre que leur présence ne vienne, tout au moins, compliquer le mal ? Moi qui ai la foi, comme vous dites, non pas une foi aveugle, mais cette foi qui porte en avant dans la recherche de la vérité, qu’est-ce que je vous demande en ce moment où les preuves de l’étiologie du mal vous sont inconnues? Je vous demande, dès après l’accouchement et jusqu’à complet rétablissement, d’empêcher l’apparition de ces infiniment petits. Puisque chez une accouchée dont l’état était irréprochable ces infiniment petits se sont