‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 76 sur 299 · Voir la Communication suivante. (Note de l'Édition · texte numérisé non relu

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SUR L’ÉTIOLOGIE DU CHARBON [Avec la collaboration de MM. Chamberland et Roux] (•)

Une des maladies les plus meurtrières du bétail est l'affection qu’on désigne vulgairement sous le nom de charbon. La plupart de nos départements ont à en souffrir, les uns peu, les autres beaucoup. Il en est où les pertes se comptent annuellement par millions : tel est le département d’Eure-et-Loir. Des nombreux troupeaux de moutons qu’on y élève, il n’en est pas un seul, peut-être, qui ne soit frappé chaque année. Tout fermier s’estime heureux, et ne donne même aucune attention à la maladie, quand la mort n’atteint pas plus de 2 à 3 pour 100 du nombre total des sujets qui composent son troupeau. Tous les pays connaissent ce fléau. Il est parfois si désastreux en Russie qu’on l’y nomme la peste de Sibérie.

D’où vient ce mal? Comment se propage-t-il? La connaissance exacte de son étiologie ne pourrait-elle conduire à des mesures prophylactiques faciles à appliquer et propres cà éteindre rapidement la redoutable maladie? Telles sont les questions que je me suis proposé de résoudre, et pour lesquelles je me suis adjoint deux jeunes observateurs pleins de zèle, qu’enflamment comme moi les grandes questions que soulève l’étude des maladies contagieuses, MM. Chamberland et Roux.

Longtemps on a cru que le charbon naissait spontanément, sous l’influence de causes occasionnelles diverses. Nature des terrains, des eaux, des fourrages, modes d’élevage et d’engraissement, on a tout invoqué pour expliquer son existence spontanée; mais depuis que les travaux de M. Davaine (1 2 3 4) et de Delafond (3), en France, de Pollender (*)

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 12 juillet 1880, XCL p. 8G-94.

— Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 13 juillet 1880, 2e sér., IX, p. 682-692.

— Bulletin de la Société nationale d’agriculture de Frayice, séance du 15 juillet 1880 XL p. 522-534.

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