‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 77 sur 299 · Pollender. Loc. cit. ( Notes de l’Édition · texte numérisé non relu

Pollender. Loc. cit. ( Notes de l’Édition

MALADIES VIRULENTES

et de Brauell (4), en Allemagne, ont appelé l’attention sur la présence d’un parasite microscopique dans le sang des animaux morts de cette affection ; depuis que des recherches rigoureuses ont combattu victorieusement la doctrine de la génération spontanée des êtres microscopiques, et qu’enfîn les effets des principales fermentations ont été rattachés à la microbie, on s’habitua peu à peu à l’idée que les animaux atteints du charbon pourraient prendre les germes du mal, c’est-à-dire les germes du parasite, dans le monde extérieur, sans qu’il y eût jamais naissance spontanée proprement dite de cette affection. Cette opinion se précisa encore davantage lorsque, en 1876, le docteur Koch, de Breslau, eut démontré que la bactéridie sous sa forme vibrionienne ou bacillaire pouvait se résoudre en véritables corpuscules-germes ou spores (1 2).

Il y a deux ans, j’eus l’honneur de soumettre au Ministre de l’Agriculture et au président du Conseil général d’Eure-et-Loir un projet de recherches sur l’étiologie du charbon (3), qu’ils accueillirent avec empressement. J’eus également la bonne fortune de rencontrer dans M. Maunoury, maire du petit village de Saint-Germain, à quelques lieues de Chartres, un agriculteur éclairé, qui voulut bien m’autoriser à installer, sur un des champs de sa ferme, un petit troupeau de moutons dans les conditions de parcage généralement suivies en Beauce. En outre, le Directeur de l’Agriculture mit obligeamment à notre disposition deux élèves bergers de l’Ecole de Rambouillet pour la surveillance et l’alimentation des animaux. Les expériences commencèrent dans les premiers jours d’août 1878. Elles consistèrent tout d’abord à nourrir certains lots de moutons avec de la luzerne que l’on arrosait de cultures artificielles de bactéridies charbonneuses, chargées du parasite et de ses germes. Sans entrer dans des détails qui trouveront leur place ailleurs, je résume dans les points suivants nos premiers résultats :

Malgré le nombre immense des spores de bactéridies ingérées par tous les moutons d’un même lot, beaucoup d’entre eux échappent à la mort, souvent après avoir été visiblement malades; d’autres, en plus petit nombre, meurent avec tous les symptômes du charbon spontané et après un temps variable d’incubation du mal qui peut aller jusqu’à

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