LIVRE
Teu que, mcsine eu brûlant, assez fier il sera Qu'autre feu que du ciel n'ait puny son audaci\
Traitei le bien ou mal, je n'en seray toiKiiû; Car, pour dire te vray, c'est un cœur débauehé Que le plaisir des sens journellement enyvre:
Quand je veux l'étonner d'un mauvais traiteroenl. Il me repond, helasi trop véritablement, Que quiconque vous laisse est indigne de vivre.
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Or que mon beau soteit loin de moy se l'étiré, Que verrez-vous, mes yeux, qui vous puisse éclairer? 11 vous faudra tous^ours aveuglez demeurer, Soit que le jour s'abaisse ou qu'il commence à luire.
Or' que le ciel matin, pour assouvir son ire. Me ravit mon espoir, que pourray-je espérer? De tous contentemens je me veux séparer : Regrets, soucys, travaux, c'est vous que je désire.
On me verra seulet, par les bois écarter, Pour en mille hauts cris tristement m'éclatcr. Guidé de desespoir et d'amoureuse rage.
Si vous pouviez, mes yeux, me fournir tant de pleurs. Que f y peusse noyer ma vie et mes douleurs, Helas ! j'auroy tir^ profit de mon dommage 1
Pour estre absent du bel œil qui me tue. Las I mon désir ne va diminuant ; Mais, dedans moy, tousiiottrs continuant, Plus il me ronge et plus il s'évertue.
Un vain objet se présente à ma vue, Be oent penser» m'aflbiânt et tuant, fit sens Amour perçant et remuant Mon cœur sanglant de sa griffie pointue.
Miaerieordel Amour, je te supply, Fay tant pour moy, que je mette en ouMv Ceste beauté dont ma douleur procède.
Las! qu'ayjeditf Amour, garde t'en bien : Tayme trop mieux ne m*alleger en rien : Le mal «at grand, mais pire est le remède.
Lors que le trait par vos yeux décoché Rompit le roc de ma poititoe dure»