‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 2)Chapitre 102 sur 155 · X IX · texte numérisé non relu

X IX

ri vous la nrenet laide, adieu toute amitié! L'esprit, tenant du corps, est plein de mauvaistit'i Vous aurez la maison pour prison ténébreuse. Le soleil désormais à vos yeux ne luira : Brefi on peut bien penser s'elle vous desplaira, Quand la plus belle femme en trois jours est fascheu6««

Celuy n'avoit jamais les nopces esprouvé. Qui dit qu'aucun secours contre Amour n'est trouvé. Depuis qu'en nos esprits il a fait sa racine; Car quand quelque beauté vient nos cœurs embraserj La voulons-nous haïr? 11 la faut espouser. Qui veut guarir d'Amour^ c'en est U médecine.

Mille fois Jupiter, d'amour tout égaré, Pour les yeux de sa sœur a plaint et soupin»; Toutesfois il la hait dés qu'il l'a espousée. Et luy desplaist si fort, que, pour s'en estranger, En beste et en oyseau ne feint de se changer. Ne trouvant rien fascheux pour la rendre abusée.

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C'est un estrange cas, que le palais des dieux Ne s'est peu garantir des débats furieux Naissans du mariage, autheur de toutes plaintes, F.t que ce Jupiter, que tout l'univers craint, A guetté de Junon, cent fois s'est veu contraint De couvrir sa gran4^ur sous mille estranges failles !

La nopce est uu fardeau si fâcheux à porter, Qu'elle fait à un dieu son empire quitta : Elle luy rend le ciel un enfer de tristesse; Et trouve en ses liens tant d'infeljcité, Qu'il aime mieux servir en terre une beauli% Que jouyr dans le eiel d'une espouse déesse*

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