‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 2)Chapitre 104 sur 155 · AOTHEUR DES FL AI/MES SAINTES · texte numérisé non relu

AOTHEUR DES FL AI/MES SAINTES

Amour, a^visant ce portrait, Tout soudain le perça d'un trait, Pour se vanger des Oammes saintes, Qui les siennes avoient estaintes.

«Tu as mon. ouvrage defTail, Dit le peintre; Amour, qu*as-tu Fait, Laissant le vif, et ta sagctte Perdant sur l'image muette ? »

Amour vespond : « Je n'y puis rien; Rien n'y sert mon arc, mon lien; Si je l'approche, il faut me rendre.

Pour son art, ses vers et sa voix.

Au lieu d'un que je pense prendre, Je deviens esclave de trois. »

A MADEMOISELLE DE CHASTEAUiNEUF*

Je ne veux désormais m'enquerir davantage Que tu peux avoir fait, larron malicieux, De tant de jeunes cœurs surpris en tant de lieux, Laissant mesmes au ciel marque de ton outrage.

Tu nous les ravissois pour bastir cet ouvrage, Ce royal Ciu$teauni!(if, ton palais gracieux. Où lu vas reposer, las d'outrager les dieux, Y retirant tes feux, tes traits et ton cordage.

Devant ce Chasteaunedf, pour embellir le liront, Tu pens les plus beaux cœurs, comme les chasseurs font Des grands cerfs et sangliers qu'à force ils peuvent prendre.

Le mien s'y fust peu voir au plus haut lieu plantt* ; JMais pour ce que sans crainte il t'avoit résisté, ■ 0 cruel, par despit tu l'as réduit en cendre !

Page 1