‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 2)Chapitre 137 sur 155 · MEUR QUEI.OS · texte numérisé non relu

MEUR QUEI.OS

(jiTJAJâ, que la nature avoit fait pour plaisir. Comme une œuvre accomplie, admirable et divine, i 'or toit ÀD}.our auj( .yeux et Mars en la pôiteMie; .i Wicn d'égal, entre nous, ne se pouvoit choisir.

le voyant, on briUnit d'envie ou de désir;

* Voyez la noie de la page SI.

- Mignon de Henri III, mort i la suite d'un duel. Le 27 avril 157S, pour vider une querelle légère qu'il avait eue, le jour prt cèdent, avec d'Kntmguet, protégé des Guises, ii se rendit, k cinq heures du malin, au marché aux chevaux, près de la Bastille. Maugiron et Livarot lui servaient de seconds : hiberac et Schomberg accompagnaient son antagoniste. Maugiron et Schoml)erK demeurèrent morts sur la place ; Riberac décéda le lendemain; Livarot fut ux semaines au lit ei guérit; Quelus reçut dix-neuf coups, languit trente-trois jours et expira le 9 mai, au grand désespoir du rot Le prince avait fait tendre des chaînes dans la rue Saini-Antoine pour le préserver du bruit des voitures. « Il aidoit à le panser et le servnH de seft propres mains, » dit rKsIoile.

Il ftit de grand courage et d'antique origine, Ayant Pâme invincible, aux vertus toute enclino, Que la soif d*aniasser n'eust sçeu jamais saisir.

En fin, croyant trop fort son cœur et sa jeunesse, Un combat sans pitié de trois à trois se dresse, Où, comme ils monstrent tous maint valeureux effort,

I/un des siens est tué, deux du parti contraire. Lui, blessé, peut guarir, mais il ne lèvent fnivp, Ayant honte de vivre après son amy mort.

DBLCY-MESME

QuELns avoit du ciel les beautez plus parfaites : Il n'estoit point humain, l'œil, le geste et le port L'accusoient pour un dieu. Croyons, puis qu'il est mort, Que les deltez mesme au trespas sont sujettes.

La fin de Sarpedon, de Memnon et d'Achille Jamais au cœur des dieux n'esmeut^tant de douleurs ; Phebus sur Hyacinthe espandit moins de pleurs, Et l'ennuy de son fils * luy sembla plus facile.

Au bruit de son trespas, soudain, Venus la belle Eschauffa tout le ciel de soupirs infinis, Renouvellant l'obseque et le dueil d'Adonis, Et pour mourir sur luy se souhaita mortelle.

Diane aux noms divers«. qui les forests habite, Enoor que la pitié peu la puisse esmouvoir, Brisa son arc d'angèisse, estimant de revoii* Le beau corps tout sanglant du trop chaste Hippolyte.

Les Grâces sans confort rompant leurs blondes tresseçi En semoient son tombeau, qui de lys blanchissoit; La Jeunesse a(|ligée à l'entour gemissoit, L'Honneur, la Courtoisie et mille autres déesses.

Et, bref, les deitea fbrent toutes contraintes. En ce triste accident, de monstrer leur eunuy ; La beauté seulement ne fit lors point de plaintes, ^ ' Car elle print naissance et mourut quand et luy.

Page 1