‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 2)Chapitre 150 sur 155 · DOMINE, NE IN FURORE TUO ARGOAS MR · texte numérisé non relu

DOMINE, NE IN FURORE TUO ARGOAS MR

Seigneur, helas ! ne repren mon ofiiense En ta juste fureur;

SIS (EITTRBS CHREMIENNRS.

A la rigueur ne puny mon erreur, Kt de ton ire esteins la violence.

Tes polgnans traits dedans moy sont flchet, Tes mains me sont contraires, Toute ma chair est couverte d*ulceres, Et toute paix fUit devant mes péchez.

Car tant de maux, dont mon aroe est coupable, Vont mon chef surpassant, Et tout â coup, comme un fardeau pressant, Chargent mon dos d'un poids insupportable. De pourriture et de sang tout noircy, Coulent mes cicatrices Pour ma folie, et courbé de mes vices. Je marche â peine angoisseux et transi. L*ardeur cuisante, en mes reins allumée, Les poingt d'elancemcns; Rien n*est en moy qui soit franc de tourmens, Ueu n'est entier sur ma chair entamée.

L'affliction m'a du tout rabaissé, Rien plus ne peut me plaire; Las ! je rugis et ne cesse de braire Les serremens dont mon cœur est pressé. Tout mon désir s'ouvio devant ta face, Seigneur, et les regrets De ce cœur mien ne te sont point secrets; Tu sçais ma plainte avant que je la face. Le cœur me bat de tristesse et d'esmoy, Ma vigueur est passée; De mes deux yeux la clairté m'a laissée, lis ne sont plus, mes yeux, avecque moy. Ceux dont j'ay veu ma fortune suivie.

Me regardent de loin ; Mes plus prochains me laissent au besoin Rt mes haineux se jettent sur ma vie.

Us ont semé maint rapport diffamant, Ceux qui mal me pourchassent; Et pour me prendre aux filets qu'ils m'enlassenf Sans fin, desseins sur desseins vont tramant. Mais, comme un sourd que l'air frapé ne touche. Je ne leur respons point ; Je suis muet, quand leur langue me poind. Toute réplique est tarie en ma bouche.

Or pour autant que je n'ay mon recours Qu'à ta majesté sainte, Tu respondras aux Bonpirs de ma plainte, Seigneur mon Dieu, ma force et mon secours !

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