‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 2)Chapitre 151 sur 155 · ŒUVRES CHRESTIENNES. TA'J · texte numérisé non relu

ŒUVRES CHRESTIENNES. TA'J

Que leur audace en plaisir ne se baigne, S'ils me voyent broncher; Car je ne puis foire un pas sans clocher, Et la douleur en tous lieux m'accompaigne. Je dy ma faute, et repense espleuré Aux maux qui me captivent; Et cependant ils fleurissent et vivent, Le nombre croist contre moy conjuré.

Eux, coustumiers de faire un mauvais change, Mat pour bien m'ont rendu.

Et maint faux bruit à ma honte espandu, Pouree qu'au bien ma volonté se range.

Las ! ne me laisse, et n'esloigne de moy Ta faveur souhaitée; A mon secours tien l'oreille apprestée, Seigneur mon Dieu, mon sauveur et mon i*oy!

PSAL. LI

mSERERE HEI DEUS SECCMDUlf, ETC.

0 Dieu ! par ta clémence aye de moy pitié Et me sois favorable, Suivant tes grand's bontez purge la mauvaistié Et les transgressions d'un pécheur misérable. Lave-moy davantage, et te plaise effacer Geste tache espandue; Car je cognoy ma faute et la voy sans cesser. Qui s'offre espouventable à mon ame esperdue. A toy seul j^ay péché, j'ay faict mal devant toy, Et l'horreur de mon vice Te fera trouver juste aux propos de ta loy, Et vaincras l'insensé qui reprend ta justice. Voylà, j'estoy souillé dés que je fu receti Dans ce val de misère; Je me suis veu coupable aussi-tost que coifceu. Et couvoy le péché dans les flancs de ma mère. I.a vérité te plaist, tu veux qu'en nos espris Ferme elle s'enracine; C'est pourquoy les secrets, bénin, tu m'as appris Et les destours cachez de ta liante doctrine. Asperge-moy d'hyssope, et je verray soudain Ma souillure effacée; •S'il te plaist, ô Seigneur 1 me laver de ta main, Je passeray la neige en flocons amassée.

ŒUVRES CHRE6T!ENNES.

Tu donneras, Seigneur, à mon cœur désolé La joye et la liesse De mes péchez remis, j'en seray consolé, Et mes os resjouis, qui toraboyent de tristesse. Destourne uo peu ta face et tes yeux courroucez De ma faute excessive; Ou si tu me veux voir, soyent devant effacez Tous ces maux, dont l'horreur de ta grâce me prive. Crée un cœur net en moy par ta sainte bonté, Vray Dieu que je reclame, Et d'un nouvel esprit, promt à ta volonté. Inspire ma poictrine et rechange mon âme. Ne me rejette, helas! misefable et banny De ta face amiable, Et de ton sainct esprit, ton amour infini. Ne m'oste la conduite et l'appuy sepourable. -Ren-moy de ton salut le soûlas désiré, Et d'esprit volontaire Heigle et soustien mes pas ; j'instruiray l'esgaré, Radressant les pécheurs au chemin salutaire. 0 Dieu de mon salut ! absous-moy de l'erreur Homicide et cruelle; Et lors, vrayment touché d*une sainte fureur. Ma langue annoncera ta justice étemelle. Seigneur, ouvre ma lèvre, et ma bouche dira Ta louange sacrée; Mon ame, autre victime à tes yeux n'offrira. L'holocauste aussi bien n'est point ce qui t'agrée. Le sacrifice à Dieu c'est un cœur tout, brisé Du dueil de son offence; 0 Dieu ! jamais de toy n'est le cœur mesprisé, Qui froissé s'humilie et qui fait pénitence. Las 1 Seigneur, à Sion sois doux et gracieux Par ta volonté sainte.

Afin qu'encore un jour nous voyons de nos yeux Que ta Hierusalem de murailles soit ceinte. Lors tu prendras à gré que l'on t'aille immolant De justes sacrifices, L'entière oblatiou, l'holocauste brûlant.

Et qu'on charge l'autel de veaux et de genices.

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PS AL. LXXXVIll

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