LIVRE I. Cl
Baidcr son Iront, sa liuuclie cl srs yeux plein:» de tlaïue; Non, il n'est rien si doux que Testât d'un amant.
Nais SI, durant le tans qu'elle nous favorise, Un rigoureux départ nous force à la laisser. Quelle extrême douleur peut la nostre passer? II est donc bien-heureux, qui garde sa franchise.
Encor on se contente en cet esloignement, - Car l'esprit s'entretient de douces souvenances, On pense à la revoir, on se paist d'espérances : Il n'est donc rien si doux ï^ue Testât d'un amant.
Mais après le retour trouver sa place prise, Luy Voir le cœur changé, n'estre plus reconnu, Et se voir délaissé pour un nouveau venu : Est-il pas plus heureux qui garde sa franchise?
Vous qui goustez d'amour le doux contentement, (Ihantez qu'il n'est rien tel que Testât d'un amant ; Vous qui la liberté pour déesse avez prise, Chantez qu'il n'est rien tel que garder sa franchise.