LIVRE I. i^S
En fin il se retire honoré justement, Et sent entre les siens un grand contentement, Racontant sa prouesse en tant et tant d'allannes. Et qu'il a fait essay de toutes sortes d'armes.
J'en pensois faire autant, loin d'Amour retiré, M'asseurant fermement d'avoir tout enduré, Et que, quand il voudroit autresfois me reprendre. D'autres nouveaux tourmens je ne pouvois attendre : J'avois porté l'ennuy d'aimer sans estre aimé, J'avois sans recueillir pour un autre semé, J'avois souffert la mort qu'on sent pour une absance, J'avois au desespoir long-tans fait résistance, J'avois soity le mal qui vient d'estre privé B'un grand contentement, dés qu'il est arrivé; Puis j'avois soustenu le regret et la rage D'aimer plus que mon cœur une dame volage ; J'avois esté jaloux, insensé, furieux.
Portant la glace au cœur et le feu dans les yeux ; Et si quelque autre peine en reserve se treuve. Ainsi qu'il me sembloit, j'en avois fait espreuve. Vais ce n'estoit qu'une ombre, or' helas I je le sens, Depuis que vos regars, enchanteurs de mes sens, Vont embrasé l'esprit d'une flamme nouvelle, Depuis que vostre main, pour mon malheur trop bello, M'a volé ma raison et m'a percé le cœur D'un trait envenimé de soucis et de peur.
Las 1 on dit que l'Amour oste la connoissance. Et ce dieu trop cruel pour croistre ma souffrance, Me rend les yeux plus clairs, aAn de voir mon mal, Et qu'à vostre grandeur je ne suis pas égal. Je le connois assez, dont je me désespère. Mais en le connoissant je ne puis le contraire, Et faut qu'en voyant bien mon malheur préparé. Les yeux ouverts, je coure au naufrage asseuré.
Madame, en ce seul point vous pouvez bien connoistre Que de ma liberté je ne suis plus le maistre : Donc, helas! si je foux, vous osant adorer, (Test une loy fatale : Amour me fait errer. Amour qui me transporte avec tant de puissance Qu'en voyant que je faux, je soustiens mon olfancc.
Je dy qu'un jeune amant doit estre audacieux. Et qu'un esprit divin n'a pour but que les cieux; Je dy que ma douleur, qui de vous prend naissance, De mon loyal service est digne recompanse. Et que le mal d'Amour, qui me guide au trespas, Vaut mieux que tous les biens qu'(m reçoit iey bas.
Aussi durant mon raal oe qui plus me travailtf , , C'est, Iielas I que j'ay peur que le tourment mu faille; ' I Car je gouste en soufflant tant de contentement ;. ,
i I Que je ne crains rien tant que d'estre sans tourment, /li/^ On dit qu'un vieux Romain, lorsque Rome et Carthago, De tout cet univers combatoient l'héritage, Pour ne manquer de foy, quittant femme et maison, Et ses enfans pleurans, revint en sa prison, nien qu'il fùst asseuré qu'une mort tre»-cruelle Seroit l'injuste prix d'un acte si fidelte. Or* j'en fay tout autant : car, cruel contre moy, Je consens à ma mort pour ne trahir ma foy ; Et ce qui plus me plaist, languissant de la sorte. C'est que je suis unique au mat que je supporte. Et ne sçaurois sentir de plus cruel malheur Que si quelque autre amant egalloit ma douleur ^
Je fais un magaziu de soucis et de paines. De tristes desespoirs et de morts inhumaines ; J'en garde pour le jour et pour l'obscurité. Ne voulant demeurer sans estre tourmenté. Car si je ne suis propre à vous faire service, Au moins ce m'est honneur que pour vous je langtiisse. C'est pourquoy de tourmens je suis si désireux, Veu que sans mes tourmens je scrois malheureux ; Et le jour que je sens quelque nouvelle attainte. Je révère ce jour comme une feste sainte. Je vous suis donc, madame, obligé grandement. Puis que pour vous aimer j'ay cet heureux tourment.
Or ne m'estimez point estre si téméraire. D'attendre en vous servant quelque plus grand salaire, Car puis que mes douleurs je ne vous puis payer, J'aspinrois en vain à plus riche loyer. Je désire, sans plus, que vous soyes contente Que je prenne de vous ce bien qui me tourmente, Que je vive pour vous, que je meure par vous, Et que vos yeux cruels ne me soient jamais doitv. Car de mon seul penser je reçoy tant de gloire. Et de ce que j'osay débattre la victoire • En la guerre d'Amour, où je perdy le cœur, Qu'estant de vous vaincu, je m'estime vainqueur. Et sens mon amitié trop bien recompensée. Me souvenant sans plus du vol de ma pensée.
* Dans les premt' res éditi(»is, le poêle comparait ses peines amoureuses aux supplices des martyrs chrétiens et sa constance A leur inébraniatile foi. ÎA dévotion lui a fait depuis changer cette strophe.
MVRlî I. 5?»
Que je ftis malheureux de me laisser reprendre! Non, je devois mourir plustost que de me rondie, La mort m*eust été belle et favorable aussi. Veu que mesme en vivant je suis mort et transi : Je suis mort poiur le bien et je vy pour la paine, B'une vie ennuyeuse, importune, inhumaine, Pleine de desespoirs, longue pour les malheurs. Et courte pour pleurer m^ cruelles douleurs.
Lasl j'ay Terme les yeux pour ne voir ma misère ! Devois-je pas penser que mon seul adversuirr, Mon mortel ennemi justement courroucé, Amour, que ma révolte avoit tant oflfencé, Ne cesseroit jamais qu'il n'en eust pris vengeance, Et qu'il n'eust chastié ma folle outrecuidance? Je le devois penser, mais je ne l'ay pas fait ; Non orgueil et mon cœur à ce coup m'ont desfait.
Xestois si toneraire et si plein de jeunesse, Que j'estimois qu'Amour n'auroit la hardiesse De se reprendre à moy, moy qu'un juste dédain Avoit tout firaichement anaché de sa main t Aussi n'est-ce pas luy, qu'il n'en prenne la gloire. Jamais plus de mon cœur il n'eust eu la victoire; Je l'eusse bien tousjours contre luy deffendu. Cest à vous seulement que je me suis rendu, Madame ; helas ! c'est vous qui renchainez mon ame ! Vous rafollez mes sens, vous attisez la flame Qui brûle mon esprit, tellement allumé, Qu'il ne sera long-tans sans estre consumé.
Pourquoy donc ce cruel prend-il si grand* audace? Pourquoy me poursuit-il et me donne la chasse? Pourquoy fait-il le brave, et se rit de me voir Encor une autre fois réduit sous son pouvoir? Ce n'est par son effort : j'avois perdu la crainte De voir jamais par luy ma franchise contrainte.
Et si de ces propos il se trouve offençé. Pour me faire advoûer que je suis insensé, Qu'il gaigne tant sur vous par force ou par prière, Que vous laschiez mon ame en vos yeux prisonnière ; Puis qu'il se mette aux champs garny d'arc et de Irails, Employant les regars plus embellis d'attraits, Pourveu que je sois seur de vos yeux que j'adore. Pour voir s'il pourra bien me captiver encore ;
Hais il n'en fera rien, il connoist trop mon cœur, Dont vostre seul effort pouvoit estre vainqueur.
Je connoy maintenant que nostre ame divine, Tenant tous^ours du ciel, lieu de son origine, Présage nos malheurs devant que d'advenir. Et nous en advertit, aHn d'y prévenir; Ou que quelque démon, ou quelque autre puissance Nous fait devant le mal en avoir connoissance. De mon mal toute chose assez m'avertissoit : Oyant parler de vous le cœur me fremissoit, Ma couleur se changeoit, mon ame estoit esmuè: Bref, je vous redoutois ains que vous avoir veuê, Gomme mon ennemie, et celle qui devoit Me rendre entre les mains d'un qui me poursuivoil.
Il me souvient tousjours que je mourois d'envie De voir vos yeux divins, clairs flambeaux de ma vie. Et de parler à vous; d'autant qu'on me disoit Que le ciel vous aimoit et vous favorisoit. Qu'il se plaisoit en vous, et qu'il vous avoit faite Pour monstrer icy bas quelque chose parfaite.
Or, bien que de vous voir il me fust mal aisé, Et que de ce désir mon cœur fust embrasé. L'heur qui m'accompagnoit fist tant de résistance, Que pour lors mon vouloir n'eust aucune puissance ; Quelque chose en chemin tousjours me retardoit ; Car lors d'un œil bénin le ciel me regardoit. Il m'avoit pris en charge, et, tuteur debonnaira, Destoumoit loin de moy tonte chose contraire. Mais, depuis quelque tans, à mon dam j'ay connu Qu'il m'e^oit sans ma faute ennemy devenu. Et que son mouvement, qui fait les destinées, Avoit changé le cours de mes claires journées. Plus d'aucun bon aspect je ne suis regardé, D'un malheureux démon mon discours est guidé, Qui, troublant ma raison de cpnseil depourveu^, A fait bon gré mal gré que je vous aye veuê.
Et vrayment, bien qu'il soit contre moy dépité, Encor eut-il pitié de ma fatalité; Car le jour malheureux que je vous vey si belle. Jour de mon infortune et de ma mort cruelle, Il ne fist que pleuvoir, l'air estoit tout noircy Et se tenoit couvert d'un grand voile obscurcy, Foif pour ne voir le point de ma perte prochaine. Ou qu'il portast le dueil de ma mort inhumaine ; Mesme ce jour maudit, comme je m'avance Pour sortir du logis, le pié je me blessé :
Mais le malheur, que feus pour guide en mon voyage
Fist que je ne pris garde à si mauvais prnsage;
Toutesfois par trois fois je voulus retourner,
Et mon mal à la An je ne peu destoumer.
Vais qui se fust doublé qu'Amour eut eu puissance
De me ranger alors sous son obéissance!
On dit qu'il est c(Hiçeu d'aise et d'oisiveté,
Et lors un seul moment je li'estois lirreslé;
Mon corps et mon esprit vaguoient sans nulle cesse,
Les soucis me faisoient une angoisseuse presse,
Long-tans devant le jour j'en estois ré\eillé;
Et bref je me sentois tellement travaillé,
Que j*estois las de vivre, et pensois que ma vie
Aux plus cruels malheurs fust alors asservie;
Mais, lors que je vous vey, soudain je connu bien
Qu'auprès du mal d'Amour tout autre mal n'est rien.
Dés que je vey vos yeux, j'oubliay toute affaire, Mesme je m'oubliay ; car je ne peu distraire Mes yeux de vos regai-s, mes yeux me trahissoienf ; €ar volontairement vers vous ils s'adressoient Et, voyauit flamboyer vostre lumière sainte, Estonnez et ravis, ils vacilloient de crainte, S'en retiroient un peu, puis ils vous regardoient Pendant que tous mes sens de frayeur se rendoient, Et que cent mille esprits plehis de subtile flanie Troubloient mon sang esraeu, ma raison et mon aine. Je connu bien mon mal qusllid mon cœur l'eut reçeu, Mais, las! ce fut trop tanl que je m'en aperçeu.
Car celant ma douleur par mes yeux confessée, Je fer comme la biche alors qu'elle est blessée : Elle niit le chasseur, mais elle ne fuit pas Le fer qui la traverse et li guide au trespas. Ainsi je vous laissay ; car j'avois espérance Qu'un mal pris en voyant finiroit par absance. 0 peu ftdelle espoir les amans décevant, Tu n'es rien qu'un fantôme enflé d'air et de vaut ! Je retourne au logis brûlant d'ardeur cruelle. Et connu, mais en vain, ma playe estre mortelle, Et que le fer qu'Amour au cœur m'avoit caché, Par la mort seulement pourroit estre arraché.
Je sentois la poison dans mes os écoulée. Qui faisoit ses efforts; mon ame esloit brûlée. Non cœur estoit saisi, mes esprits languissoient, Mille pcnsers communs dedans moy s'amassoienl ; J'estois confus moy-mesme et ne sçavois que faire, Sinon de blasphémer la fortune contraire ;
^ ËLEGIKS.
Tuis je lu'eii repeiUuis, de crainte d'ofleiiser Ces courtois ennemis qui me Tont trespasser, Je veux dire vos yeux, dont la puissance sainte Fait que l'on tient Amour en honneur et en crainte.
Las ! dés ce triste jour que je languis ainsi, De chose que ce soit je n*ay plus de soucy; Je fuy tous les esbats où je me soulois plaire, Je me tiens à l'escart pour rêver solitaire Et pour penser en vous : cVst tout mon réconfort, Et rien que ces pensers n'ont empesché ma mort ; Mort que j'avancerois, vcu le mal que j'endure, Mais je crain, me frappant, nuire à vostre figure, Qu'Amour dedans mon cœur grava si vivement, Qu*elle ne doubte rien, fors la mort seulement.
Or, je veux donc durer pour la rendre durable, Et ne veux plus nommer mou estât misérable ; Mais je diray qu'Amour m'est un Dieu fort bénin D^omer un cœur humain d'un portrait si divJn Et si beau, que luy-mesme, afin qu'il le contemple, Jamais ne m'abandonne et fait de moy son temi»le.
Hus j'esloigue * les yeux qui nourrisse^it ma ilanie, Hus je sens leur effort au plus vif de mon ame, Et connoy désormais que oSest trop vainement Que je veux m'alleger par un éloignement Ma (lèvre en est plus forte, et l'absence inhumaine Cause en moy chacun jour quelque nouvelle paine. Quelque nouveau soucy, quelque nouveau pensei% Et tousjours mes travaux sont à recommencer.
Dieu, que le souvenir est une estrange chose ' II m'importune tant, que plus je ne repose ;. 11 me sait, il me presse, au lever, au couclier, Partout je le rencontre et ne m'en puis cacher ; Il rend en le touchant mon ulcère incurable» Encor, ô souvenir ! tu m'es fort agréable; Je t'aime infiniment, car tu me fais revoir Ce qu'belas! je désire, et n'espère l'avoir! Or* que je suis absent du bel œil qui me tué, Cet heureux souvenir le présente à ma veuc ; 11 me fait repenser au bien que j'ay passé, le le sens en mon cœur de nouveau ramassé ;
> Je fuis*
LIVUE 1. â30
Jft m'entretiens ainsi, c'est tout ce que je panse ; Nais du plaisir perdu triste est la souvenance.
ifouvent un vain espoir qui m'abuse tousjours, Fait semblant en mon mal de me donner secours ; Il me suit importun, encor que je le chasse, El (hit tant qu'en mon cœur il gagne quelque place ; Mais, las I s'il fait le doux et me vient consoler, C'est pour croistre ma peine et la renouveler.
N'agueres cet espoir, par sa belle apparance, N'abusa tell^nent, que je pris asseurance De revoir dans trois jours le soleil de mes yeux, Dont la vive clarté sert de lumière aux cieux. Dieu, que j^eu de pensers durant ces trois journées ! Cen'estoient pas trois jours, c'estoient trois mille années. Qui remplissoient mon cœur d'attente et de désir, Et qui le faisoient fondre en l'objet du plaisir.
Durant le premier jour je ne cessoy de dire : Uél si dedans trois jours un plus beau jour doit luire,
0 jours qui n'avez point pour mes yeux de clarté! Hastez-Tous de passer, c'est trop tard arresté.
Je verray dans trois jours la beauté que j'adore. Nais, las! qu'en sçay-je rien? Ce feu qui me dévore, Qu'Amour tient en mon cœur jour et nuict allumé, Peut-estre avant trois jours m'aura tout consumé. Et puis, pourroy-^e bien, esloigné de ma dame, Vivre trois jours entiers sans esprit et sans anie? Non, je mourray devant, et ne faut espérer Que pour la voir encor je puisse assez durer.
Ainsi ce jour passoit, et la nuict avancée, Ains que le beau soleil sa course eust commencée, Je tournoy mon esprit au nombre qui restoit. Et contre sa longueur mon désir contestoit. Je ne pouvoy durer d'extrême impatience, Et tousjours mon ardeur croissoit en violence, Et disois en pleurant : 6 jours avancez-vous ! Soyez-moy, s'il vous plaist, plus courtois et plus doux ; llastcz votre voyage. Et toy. Parque importune, Puis qu'un si pront destin doit changer ma fortune. Ne me fay point mourir, arreste un peu ton bras, Puis, ce terme accomply, fay ce que tu voudras ! Ne me clos point les yeux, ô mort ! je te supplie, Puis que dedans deux jours je dois revoir ma vie.
Voilà comme ce jour passoit tout lentement, taisant place à la nuict au noir accoustrement,
1 leine de visions, ennuyeuse, effroyable.
Qui trop plus que le jour me rcndoit misérable ;
Car mes sens, qui n'estoient autre part divertiiF, Se trouvoieot en ma peine eux-mesme$ conveilis.
Espérant et douteux je ne sçavoy que faire. J'accusoy ïa longueur de la nuict solitaire, Qui, contraire à mon bien, jamais ne s'avançott; De cliardons espineux mon lict se herissoit, Qui me poignoient partout, quand j'y faisoy demeure. Je m'en jettoy dehors mille fois en une heure VovLT regarder le ciel et si l'aube du jour, Courriere du soleil, avânçoit son retour.
« 0 trop cruelle Aurore! ennuieuse, ennemie, Qui te retient, disoy-je, ainsi tard endormie? Te plais-tu maintenant si fort à caresser Ton vieux mary fascheux, qui ne fait que tousser, Immobile, impotent, qui foiblement t'embrasse. Et qui te refroidit de ses membres de glaee? Tu ne dois si long-tans en paresse couver. La femme d'un vieillard matin se doit lever. Mais, lasl j'ay belle peur que tu sois arrestée De quelque autre plaisir, qui te rend moins hasiée ; Tu reposes, contente, au sein de ton amy. Et laisses ton vieillard en son lict endormy. Si «c dois-tu pourtant, amoureuse couiTiere, Laisser tout l'univers privé de ta lumière. Oi' sus, leve-toy donc, rens le jour çîïaircy ; Si tu vois tes amours, je n'en suis pas ainsi. »
Tels ou semblables mots d'une voix courroucC'c Je disoy toute nuict, furieux de pensée : Puis le jour se monstroit, jour qu'il falloit passer Ains que voir la beauté qui me fait trespasser. Tant plus on se voit près d'une chose espérée, Et plus raflfection s'en fait démesurée.
Depuis le point du jour jusqu'au soleil couché. Je fu plus que devant de pensers empesché. De plus poignans désirs mon ame estoit attainte, Mon cœur douteux floloit entre l'aise et la crainte, Et n'estimoy jamais que le jour dcust finir, Pour jouyr du bon-heur que j'atteudoy venir. Las ! le jour finit bien, et la nuict nourricière Des soucis espineux, esteignit sa lumière : La nuict aussi passa, puis le jom- ensuivant, Hais mon espoir ti-ompeâr n'enfanta que du vant. Ce ne fut qu'un faux songe, et sa promesse vaine ^*e perdit dedans l'air, se moqUant de ma painc. Je ne veux jamais plus en aimant espérer ; Car l'espoir ne vaut rien qu'à mes maux empirei*.