‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 3)Chapitre 78 sur 163 · ELEGIE XVIII · texte numérisé non relu

ELEGIE XVIII

Ccluy n'avoit d'Amour essayé la puissance, Qui le fit un enfant privé de connoissance, Ouvert, sans fiction, sans yeux, sans jugement. Aussi nu de conseil comme d'accoustrement ; Car, pour rendre une amour étemelle et secrelte, Trompant les aiguillons de la tourbe indiscrette, 11 faut avoir des yeux, estre sage et rusé. Et se masquer le cœur d'un propos déguisé, Qui paroisse sans art, entier et véritable. Autrement une amour ne peut estre durable.

Ceux le sçavent assez qui, craignans les dangers Qu'apporte un haut désir, par leurs yeux messagers Font entendre à leur dame, à secrettes volées, L'ardeur et la grandeur des flammes recelées r Et par tout autre part déguisans leur tourment, Monstrcnt de n'aimer point, discourent librement; Et souffk-ans sans mot dire en longue patience, Attendent que le tans leurs douleurs recompense,

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