SUR
SONNET
Qu'eusses-tu fait, Amour? ta flamme estoit esteinte, Ton arc, vaincu du tans, s'en alloit tout usé, Et ton doré carquois, de flèches espuisé, Nous faisoit désormais moins de mal qvie de crainte-
Si l'on monstroit d'aimer, ce n'estoit que par feinte, Pour tromper seulement quelque esprit peu rusé ; Car tu n'avois un trait qui ne fut tout brisé, Ny cordage qui put rendre une ame contrainte.
Par ces vers seulement tu as repris naissance; Ils t'ont armé de traits, d'attraits et de puissance, Et te font derechef triompher des vainqueurs.
Et d'autant plus, Amour, surpassent-ils ta gloire. Que tu n'acquiers sans eux une seule victoire, Et qu'ils peuvent sans toy captiver mille cœurs.
ET } LU RIDA PiyGl.M
Pcicte (ie circoiislauce.
LE COiVrENL? DE CE VOLUME