‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 33 sur 190 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

SONNET

Qu'eusses-tu fait, Amour? ta flamme estoit esteinte, Ton arc, vaincu du tans, s'en alloit tout usé, Et ton doré carquois, de flèches espuisé, Nous faisoit désormais moins de mal qvie de crainte-

Si l'on monstroit d'aimer, ce n'estoit que par feinte, Pour tromper seulement quelque esprit peu rusé ; Car tu n'avois un trait qui ne fut tout brisé, Ny cordage qui put rendre une ame contrainte.

Par ces vers seulement tu as repris naissance; Ils t'ont armé de traits, d'attraits et de puissance, Et te font derechef triompher des vainqueurs.

Et d'autant plus, Amour, surpassent-ils ta gloire. Que tu n'acquiers sans eux une seule victoire, Et qu'ils peuvent sans toy captiver mille cœurs.

ET } LU RIDA PiyGl.M

Pcicte (ie circoiislauce.

LE COiVrENL? DE CE VOLUME

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