XXXI I
Marchands, qui recherchez tout le rivage more Du froid septentrion, et qui, sans reposer, A cent mille dangers vous allez exposer. Pour un gain incertain, qui vos esprits dévore,
Venez seulement voir la beauté que j'adore, Et par quelle richesse elle a sçeu m'attiser : Et je suis seur qu'après vous ne pourrez priser Le plus rare trésor dont l'Afrique se dore.
Voyez les filets d'or de ce chef blondissant, L'éclat de ces rubis, ce coral rougissant. Ce cristal, cet ebene, et ces grâces divines.
Cet argent, cet yvoire; et ne vous contentez Qu'on ne vous montre encor mille autres raretez. Mille beaux diamans et mille perles fines.
Si tost qu'au plus matin ma Diane s'éveille '".■ . 0 Dieux ! jugez mon heur I), je suis à son lever, l.t voy tout le plus beau qui se puisse trouver Depuis les Indiens jusqu'où Phœbus sommeille.