AUX DAMES
Sous le ciel plus serain, vers Theiirease contrée D'où part le beau soleil refaisant son entrée, Et où d'un feu pins doux ses rais sont allumez, Nait l'oyseau merreilleux, dont nous sonunes nommez, îliraclc de nature et son plus bel outrage. L'or, le pourpre et l'azur s'esclate en son pennage; Il s'engendre soy-mesme, et presque en un moment Se sent vivre au berceau qui (ùt son monument; Car lors qu'il a passé dix siècles de sa vie, Et que le cours du tans, dont la force est ravie. L'a rendu plus débile, au soleil recourant, Et couché sur le haut d'un palmier odorant S'offre, heureuse victime, à la flame céleste; Pour renaistre plus beau de sa cendre qui reste. Avantureux oiseau I de qui remln>asement Et la vie et la mort naist du ciel seulement. L'Amour qui dans nos cœurs loge et prend nourriture. Oiseau tant renommé, tient de ceste nature : Il ressemble au phénix, son destin est pareil. Qu'on les nomme tous deux les oiseaux du soleil ; Car de deux beaux soleils viejnt la flamme immortelle, Qui de sa propre fin nostre amour renouvelle, Lors que les longs travaux, le tans ou la rigueur De sa force première ont domté la vigueur.
454 MASQDÂRADES.
Donc, ô vous, nos soleils, par qui sont retournées. Avec un seul regard toutes nos destinées. Qui nous faites mourir et renaistre à l'instant, Consommez dans un feu dont l'esprit est contant, Or' que la longue peine en aimant supportée De nos jeunes désirs a la force mattée. Et qu'il semble qu'Amour décline en vieillissant, Chassez la pesanteur qui le rend languissant ! Rajeunissez sa vie, ô flambeaux salutaires ! A ces embrasemens nous courons volontaires, Invoquant vos rayons afin d'estre brûlez. Et d'un fécond trespas nous voir renouveliez. Trop heureux de penser que la flamme divine. Qui nous doit consommer, ait céleste origine!