‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 198 sur 259 · DE TIMOLEON DE COSSÉ · texte numérisé non relu

DE TIMOLEON DE COSSÉ

cm TE DE BRISSAC *

0 mort ! contente toy ! Ton char est honoré D'une riche despouille et de trop belles armes ; Tu peux bien t'assouvir, si tu te pais de larmes ; Ilcros ne fut jamais si justement pleuré.

Mars ne doit désormais se tenir asseuré, Âins redouter craintif et fuir les allarmes, Voyant devant ses yeux, entre mille gensdarmes, Le jeune Mars gaulois palle et deûguré.

Mais, las! que sçay-je, moy, si Mars, esmeu d'envie, A point forcé la mort à le priver de vie! 0 Mars, s'il est ainsi, tu t'es bien abusé!

Car, s'il a remporté tant d'honneur sur la terre. Or' qu'il est immortel, il sera plus prisé, Et sera révéré «omme dieu de la guerre.

' Ce jeune seigneur, d'une bravoure intrépide, fut tué au siège de Mucidan, en Périgord, le 28 avril 1569, à l'âge de vingt-six ans. De là les justes legrets auxquels Desportes servit d'interprCte. 11 était né en ISiS et servit de compagnon, pendant son enfance, h Charles IX, qui, devenu roi, le fit geniilhominc ordinaire de sa chambre et colonel général de Finfanterie française au delà des Alpes. Il débuta dans la carrière militaire, en 1501 au siège de Itouen, et cumbaltit la même année pour défendre Paris. Il secourut M.iltc en ti>G5, et força les Turcs à se rembarquer, les poursuiv i mi'iue ^u que sur le rivnge.

EPITAPHBS.

DE LUY-MESMR

Brissac estoit sans peur, jeune, vaillant et fort : 11 est mort toutesfois. Passant ne t'en estonne, Car Mars, le dieu guerrier, pour monstrer son eifort, Se prend aux plus vaillans et aux lasches pardonne.

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