‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 206 sur 259 · DE DAMOISELLE JEANNE DE LOYNES · texte numérisé non relu

DE DAMOISELLE JEANNE DE LOYNES

POUR M. SORBAD, SON MABT

Helas! ciel inhumain, et toy, dur monument, Vous avez entre vous partagé ma richesse 1 L*un a ravy l'esprit de ma chère maistresse. L'autre enserré son corps qui luy sert d'ornement.

Désolé que je suis 1 pour tout allégement Mes yeux noircis de pleurs en ces deux parts je dresse. Or' je les levé au ciel, et or' je les abbaisse > Vers ce lieu qui retient mon seul contentement.

Las! si mes justes cris se peuvent flure entendre, Puis que mon cher thresor vous ne voulei me rendre. Ciel et tombeau, de grâce, octroycMmoy ce bien :

Ciel, ravis mon esprit comme cil de ma dame, Assemble-les ensemble, et toy, cruelle lame. Sers de tombe à mon corps comme tu fiis an sien.

DE MADAME MABGOERITE

DUCHESSE DE SAVOTE*

Tu nous veux perdre, 6 Dieu plein de vengeance! Tu nous veux perdre, et ton cœur despité Comme un torrent respand sa cruauté, Noyant du tout nostre foible espérance.

Il ne restoit rien d'entier de la France, De pur, de saint, d'une antique bonté.

Que Marguerite, humaine defté, Et ta rigueur couvre cette influance.

■ Fille de François I*% morte à Turin en 1874, « au grand regret du duc et de tous les gens de bien, dit l'EstoUe. Entre ses perfections, eUe eKoit tellement craignant Dieu, poursuit-il, et revêtue d'une si héroïque charité, que, s'estans quelquefois rencontrés des g^itibbommes françois qui, se trouvans en nécessité, la fkisoient prier de leur vouloir presser de l'argent, non-seulement leur en donnoit phis qu'ils ne demandoient, mais les consoloit et leur disoit : «Je vous donne de bon cœur ce que vous m^we^ (( demandi! à prester, car je suis fiUe de roys si grands etti libénsu, qu'ils a m'ont appris, non à prester, mais à donner libo^demeot. »

•i74 KPITAI'HES.

Oue fcroiis-nous, ô chetifs ! désormais? I/appuy des bous, le recours et la paix Uevole au ciel, sa première origine.

Ton cœur, ù Dieu 1 devoit estre assom7 Du sang gaulois, du roy si-tost ravy, î^ans arracher cette plante divine.

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