SUR LA MORT DU JEUNE MAUG1R0N
Amour, ayant là-haut quelque malice faite, Courrouça Jupiter et tai banni des cieux,
' La chute de Phaëton.
^ Mignon de Henri III, qui servit d< nH (l'Entragues, dit Enlragû^, et resta
Luy, qui cherche en la terre un beau lieu pour retraite, Comme il voit Uaugiron, vient loger eu ses yeux.
là, plus chauds que les siens, des brandons il odvise, Et des traits acerez d'un plus aigre soucy; De quoy, fier et contant, tout l'Olympe il mesprise, Et veut forcer les dieux à luy crier mercy.
Mais devant se jouant des feux dont il abonde, Dès qu'il en tire aux cœurs un essay seulement. On croit que Phaêton vient rebrûler le monde, Fors que chacun se plaist en son embrasement.
Jupiter, qui voit tout, son malheur considère, S'il ne rompt les desseins de l'enfant Gyprien : Je sçauray, ce dit-il, plein d'ardante colère. Qui sera le plus fort de ses feux ou du mien.
D'entre tous les éclairs, le tonnerre et l'orage Choisissant un long trait, de trois pointes ramé, L'élancé à Maugiron, qui, plein d'ardant courage, Harchoit lors à l'assaut pour son roy tant aimé.
Geste divine foudre ainsi roide jettée, Long-tans contre l'éclair de ses yeux combatit; Tous deux estoient du ciel ! En fin elle est domtée, Mais devant de ses yeux le gauche elle amortit.
Apres ce grand combat, Amour croist ea audace. Car il reconnoist bien, dés qu'il s'est r'asseuré, Qu'il n'a pas moins d'attraits, ny de force et de grâce, Et que tousjours son coup droit au cœur est tiré.
J'asseure un fait certain, bien que tel il ne semble: Depuis il fut plus beau, plus clair, plus redouté, Car le feu de ses yeux s'unit lors tout ensemble. Et perça tous les cœurs de plus vive clarté.
Le grand Jupiter mesme en eut l'ame ravie, Mais, pour punir Amour, à regret et forcé. Enjoint à Lachesis de lui trancher la vie : Un dieu, sans se vanger, n'endure estre offencé.
Geste fatale sœui*, qui jamais ne repose. Et n'aime que le sang, la tristesse et l'ennuy. Comme pour son amy courageux il s'expose, L'estend mort dessus l'herbe et l'Amour quand et luy.
raconté plus haut. Le roi était épris pour tous deux d'un ainour excessif. Il baisa leurs cada\Tes et leur fît couper les cheveux i>our les garder : ij détacha, comme un souvenir, les pendants d'oreille de Queius. Leurs corps iurent exposés sur un lit de parade, et le prince ordonna que toute b cour assisterait à leurs r.;néniilles. Ayant gardé la chambre quelques jours sans f;«ire voir, il reyut après des vbites de condoléance. Roaavd flt Detportes furent invités par lui à chanter ses mignoDS ; il leur éleva ém toa»beaux superbes, ornl's de statues.
EPITAPUES. 479
Plusieurs ont soustenu que la mort rigoureuse * Pour plaire à Jupiter n'avança son trespas; Mais que de ses beautés elle estoit amoureuse, Et, voulant en jouir, le ravit d'ioy-bas.
DE LUÏ-MESMË
Quel nouveau Diomede, altéré de mon sang, T'a raeurtry, cher enfant? disoit Venus la belle. 0 céleste impuissance 1 ô cruauté nouvelle! Qu'un dieu mesroe en ce tans des mortels ne soit flranc!
Lavant de pleurs son corps, d'où sortoit un estang De couleur tyrienne, à sa tresse est cruelle. Et par maint chaud soupir de puissance immortelle S'efforce à ranimer ce marbre firoid et blanc.
« Ce n'est pas Gupidon, c'est Maugiron, déesse, » Luy dit quelqu'un tout bas, pour l'oster de tristesse; Mais elle jette alors des cris plus enflammez,
Et sent de sa douleur la poison plus amere, Car, ainsi que d'Amour, de l'autre elle estoit mère, Et les derniers enfans sont tousjours mieux aimez.
SIJR LA imu tïE HADAÎIOISELU de UObTAÏS
La clarté tJti ail leil d<;viiil pasle et desMle, Sur Ië point que Rq$>tain d'entre noiis dlâpatut,.. Itoalfli»^ noTit mais le jour qne U beaulù mourut^ f:ar Ilostain fut k nom de la beaulii parfaite»
Elle i^rvîten terre aux Grâces de reLiEtiLe; Aniaur^ âous son adveu, toute Fronce coLirut. (Jul l'a veit, l adora. CLolon, qui la feiut, Ne fusl eju'eUft e^t aveuf^icT eust esté &a sujelle.
Rc^Lain, autrefois Taiw, oi** Le dueil ûe nos yeui* riair flamlicaa d'jcy'ba$, luisant soleil des deux. Les dcstiiis a as amans ta Imnîere ont voilée,
Afin t|oê Icurj» ÊspitSt trop en terre arrestez, Re^o^nfîu&sent le ciel pour lejour dee beautcz, T(3 voyant dans le ciel si ^udain revolée.