RESPONCE PAR PASSERAT
Vous voulez estre hermite, hermite allez voos rendre, Cachez-vous dans les bois pour fuir Gupidon,
ean Passerai. poêt« et pamphlétaire célèbre, se i Troyes, en iSSi, acheva ses étuiies à Paris. Nommé professeur d'humanités, il relut et ap-
Je n'enten rien qui n'offense mes sens,
Et par le temps mes doulenrs.ne s'apaisent.
Tu as beau faire, ô soleil ! ta reveuS, Enflammant l'air d'amoureuse elairté, Tu ne sçaurois chasser l'obscurité.
Qui m'environne et qui couvre ma yeuë.
Tu luis par tout, fors que dedans mon ame, Mais dedans moy tu n*as point de pouvoir : Nulle dairté je ne puis recevoir STelle ne vient des beaux yeux de ma dame.
Rien ne s'égale à ma dure souffirance, Belle Diane, et j'atteste vos yeux Que mon trespas me plairoit beaucoup mieux Auprès de vous, que vivre en vostre absence.
Mais on ne meurt d'une extrême tristesse, Bioi que l'esprit soit du corps séparé : S'il estoit vray, je n'eusse tant duré, Et par ma fin ma douleur eust pris cesse.
Comme des monts les ombrages descendent, Quand le soleil loin de nous se départ. Si mon soleil tourne ailleurs son regart, Mille firayeurs dans mon ame s'espandent.
Le desespoir aussi-tost s'en rend maistre. Rien ne sçauroit contre luy m'assenrer.
Et les poasers qui me font soupirer, D^un soucy mort cent mille en font renaistre.
Helas! perdez ceste rage importune, Uostes cruels des esprits angoisses :
Je sçay mon mal et le connois assex, Tay trop d'amour et trop- peu de fortune.
Soit que Phœbus environne la terre, Soit que la nuict mette fin i son cours. Obstinément vous me presseï tousjours :
Je suis le champ où vous faites la guerre.
L'on veut troubler l'espoir dont je me flate, L'autre combat ma constance et ma foy.
L'autre soustioit que je ne suis plus moy, M'estant perdu pour gaigner une ingrate.
L'autre me dit qu'en vain je m'encourage. Dessus l'arène ayant fait fondement.
Et que son cœur se change incessamment, Gomme un miroir qui reçoit toute image.
Tais-toy, penser, je sçay bien le contrairt, Et sens nos feux trop vivement épris : Amour, qui fist les nœuds de noe eqirit, Quand il voudrolt, ne les sçanroft desfUre.