‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 50 sur 259 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Mais, si son cœur changeoit comme l'Euripe, Sept fois le jour, deçà delà porté, Je n'auroy loy que de sa volonté :

CTest mon objet, et je suis son polype.

Ma dame, Amour, Fortune et tous les elemens, Animez contre moy, sont bandez pour me nuire : Sans plus le doux sommeil de leurs fers me retire, Et fait peur à mes maux par ses enchantemens.

0 songe! ange divin, sorcier de mes tourmens, Je voy par ta faveur ce que plus je désire : Tu me fais voir ces ypux qui font que je soupire, Et fais naistre en mon cœur mille contentemens.

Mais la rage d'Amour, qui point ne diminué, Avec tous tes efforts empesche ta venue. Et ne sens pas souvent ton doux allégement.

Donc, puis qu'il est ainsi lors que tu me visites, Helas! songe amoureux, dure plus longuement. Afin que tes faveurs ne soient pas si petites.

Jn me veux rendre hermite et faire pénitence De l'erreur de mes yeux pleins de témérité, Dressant mon hermitage en un lieu déserté. Dont nul autre qu*Amour n'aura la connoissanee.

D'ennuis et de douleurs je feray ma pitance, Mon bruvage de pleurs ; et, par Tobscurité, Le feu qui m'ard le cœur servira de clairté Et me consommera pour punir mon offance.

Un long habit de gris le corps me couvrira, AI on tardif repentir sur mon firent se lira,. Et le poignant regret qui tenaille mon ame.

D'un espoir languissant mon baston je feray. Et tousjours, pour prier, devant mes yeux j'auray La peinture d'Amour et celle de ma dame.

RESPONCE PAR PASSKRAT*

Vous voulez estre hermite, hermite allez voos rendre. Cachez-vous dans les bois pour fuir Gupidon,

ean Passerai, poêle et pampUélaire célèbre, «é i Troyet, en iSSi, icheva ses étuiies à Paris. Nommé professeur d'huaMuités, il relut et ap-

7f DIANE.

Et, pour monstrer qu'en vous est esteint son hrandon, HabîUei-TOUS de gris, c'est la couleur de cendre.

YiTex de patience, il le vous faut apprendre; Votre espoir mensonger soit changé on bourdon. Le dédain du refiis * à requérir pardon D'avoir plus demandé que ne deviez attendre.

Nais sur tout que TÂmour en ce lieu ne soit paint ; Pour guarir du chaud-mal, c'est un dangereux saint. S'il r'allume une fois vos flammes amorties.

Ne pouvant supporter cette tentation, Vous sortirei des hois et de dévotion, Et etterei biçn-tost votre tcoc aux orties.

D OR PORTBAIT

Amour de^sa main propre a portrait cet image, Afin qu'un pays froid, lourd, barbare, indonté, Qui demeoroit rebelle à sa divinité, Fust contraint de se rendre et de luy llûre hommage.

Il choisit le parfait d'un si divin ouvrage Dans le ciel, sur le vray de la mesme beauté, Vaquant à son labeur d'esprit tant arresté, Que sur la beauté mesme on voit quelque avantage.

Les Amours luy servoient : l'un brassoit les coideurs. L'autre les destrempoit en l'argent de mes pleurs, L'autre, plus curieux, admiroit l'artifice.

Quand il eut achevé, luy-mesme en fut épris. En devint idolâtre, et soudain je fus pris. Afin que de mon cœur il luy fist sacrifice.

Hé! ne sulHt-U pas qu'Amour, trop animé, Tienne mon cœur en feu qui s'accroist d'heure en heure. Sans que mes chauds soupirs, sortant de leur demeure, Donnent force à l'ardeur dont je suis consommé?

0 vent impétueux, excessif, enflamé, Cest par toy que ma flame étemelle demeure.

profondit les auteurs anciens. Henri de Mesme, prolecleor des éradili, Teut vingt-neuf ans pour commensal. U occupa la chaire d'éloquence «à laanis avait brillé, au col%e de France. Sauf un morceau, la Stâin Minifpit Ait écrite par lui et par H. Rapin. U BMmrut le 11 septembre leoi, ramiée même dans laqiMUe on publia ses flwvras poétiques pour la premîire fois. < Le dèpH d'avoir été raAué.

LITAB 11.

Ltiae lUre à mes yeux : ces ruisseaux que Je pleiirt EsteindroBt lA fouraeia dtns mon oœolr allooie.

Mais c*eat trop Yainement ciii*en espoir je m« fonde, L*e8o jii*estdnt pas Pamotir : Meptime an ereija de Tonde S'est trouvé mille fois amonrenx et brûlant.

Sus donc, ardans soupirs, monstres votre pnissanet. Rendes mon feu plus chaud, croisses sa vebeâiaace. 11 en durera moins s'il est plus violant '. -r

Si le mary jaloux de la belle Gyinis»

Qui forge à Jupiter le tonnerre et l'orage, Forgeoit les traits d'Amour, il eust maudit fonvrage Et quitté, tout lassé, son labeur entrepris.

Car ce cruel voUenr des coeurs et des espris, Nourry d'une tigresse en quelque lieu sauvage, De mille coups mortels ne contente sa rage. Et fait tousjours des cœurs sa victoire et son prix.

On perd tans contre luy de se mettre en deihnce : Un homme n'est pour fiiire A un dieu résistance, Mesme un dieu si puissant, qu'il surmonte les dieux.

Maudits soient tous ses traits et leur puissance forte ! Helas I j'en suis couvert en tant et tant de Uènx, Que cet aveugle archer pour sa trousse me porte*.

Je sçay qu'ell* ont des yeox, les antres damoiselles, Pour rendre en regardant maint et maint amoureux, Mais non pas des soleils ardans et vigoureux. Qui remplissent les coeurs de flammes immortelles.

J'avoue et veax. penser qu'il y en a de belles Assez pour travailler un esprit désireux : Mais quelle autre a ses traite si doux et rigoureux, , Qui font gouster la vie entre cent morte cruelles?

* Imité d'un sonnet ttaHsn qui cenmsaM pw cas virs:

Laiio I non baMa eh' io ardoT chs r isnMMO Foco cbe no dittragge infbna «neomt

Chei sotpir, ebe somâodo Oicono oga* bon. Il ftnno u *uo Airor plù femw e inNOsa.

• lorilé d*aB sonnet itafoQ qui débute par «otta Btropht :

Pabro lliiae d'Anmr, jia baverialni

telitaite

n DIANE.

Et, pour monstrer qu*en vous est esteint son hrandon, Habillei-Tous de gris, c*est la couleur de cendre.

Yirez de patience, il le vous faut apprendre; ▼otre espoir mensonger soit changé en bourdon. Le dédain du refus * à requérir pardon D*aToir plus demandé que ne deviez attendre.

Mais sur tout que l'Amour en ce lieu ne soit paint ; Pour guarir du chaud-mal, c'est un dangereux saint. S'il r'allume une fois vos flammes amorties,

Ne pouvant supporter cette tentation.

Tous sortirei des bois et de dévotion, Et etterei biçn-tost votre froc aux orties.

D OR PORTBAIT

Amour de, sa main propre a portrait cet image, Afin qu'un pays froid, lourd, barbare, indonté. Qui demeoroit rebelle A sa divinité, Fust contraint de se rendre et de luy foire hommage.

Il choisit le parfait d'un si divin ouvrage Dans le ciel, sur le vray de la mesme beauté, Vaquant A son labeur d'esprit tant arresté, Que sur la beauté mesme on voit quelque avantage.

Les Amours luy servoient : Tun brassoit les couleurs. L'autre les destronpoit en l'argent de mes pleurs, L'autre, plus curieux, admiroit l'artifice.

Quand il eut achevé, luy-mesme en fût épris. En devint idolâtre, et soudain je fus pris. Afin que de mon cœur il luy fist sacrifice.

Hél ne snfBt-il pas qu'Amour, trop animé. Tienne mon cœur en feu qui s'accroist d'heure en heure. Sans que mes chauds soupirs, sortant de leur demeure. Donnent force A l'ardeur dont je suis consommé?

0 vent impétueux, exeessif, enflamé, Cest par toy que ma flame étemelle demeure.

profondit les auteurs andois. Henri de Mesme, protecteur des érudilt, feut vingt-neuf ans pour commensal. 11 occupa k chaire d'éloquence «à Banus avait brillé, au coDége de France. Sauf un morceau, k Smtin Minifpét fltet écrite par ha et par N. Ranin. 11 aMorut le 11 seplmbre I9n, raniée même dans tequeUe on pubba ses «nvras poétiques peur la Bffwiièra Ms. « Le d^ d'avoir été rvltasé.

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