PRIERE AU SOMMEIL
Somme, doux repos de nos yeux, Aimé des hommes et des dieux, Fils de la Nuict et du Silence, Qui peux les esprits délier.
Qui fkis les soucis oublier.
Endormant toute violence.
Approche, 6 Sommeil désiré!
Las ! c'est trop longtans demeuré, La nuict est A demi passée.
Et je suis encor attendant Que tu chasses le soin mordant, Uoste importun de ma pensée.
Clos mes yeux, fty-moy sonmieiUer, Je t'atten sur mon oreiller.
Traduction d'un sonnet italien qui débute par cette strophe :
Hanno ben rf occfai, Y allre Donae aneo elk^ Di far guaroando ianamorar le genli j Na non lian, corne qoeala, i rani ardeall, Ch' occhi non tm, aa flSBwegSisti itelle. .
LITRE II
Où je tiens la teste appuyée :
Je suis dans mon Uct sans mouTOir, Pour mieux ta douceur recevoir, Douceur dont la peine est noyée.
Haste-toy, Sommeil, de venir :
Mais qui te peut tant retenir?
Rien en. ce lieu ne te retarde, Le chien n'abbaye icy autour, Le coq n'annonce point le jour.
On n'entend point l'oye criarde.
Un petit ruisseau doux coulant A dos rompu se va roulant.
Qui t'invite de son murmure ; Et l'obscurité de la nuit, Moéte, sans chaleur et sans bruit.
Propre au repos de la nature.
Chacun, fors que moy seulement, Sent ore quelque allégement Par le doux effort de tes charmes :
Tous les animaux travaillés Ont les yeux fermés et sillés.
Seuls les miens sont ouverts aux lannes.
Si tu peux, selon ton désir.
Combler un homme de plaisir Au fort d'une extrême tristesse, Pour monstrer quel est ton pouvoir, Fay-moy quelque plaisir avoir Durant la douleur qui m'oppresse.
Si tu peux nous représenter bien qui nous peut contenter.
Séparé de longue distance, 0 somme doux et gracieux I Représente encor A mes yeux Celle dont je pleure l'absance.
Que je voye encor ces soleils.
Ces lys et ces boutons vermeils.
Ce port plain de majesté sainte; Que j'entr'oye encor ces propos.
Qui tenoient mon cœur en repos.
Ravi de merveille et de crainte.
Le bien de la voir tous les jours Autrefois estoit le secours De mes nuicts, alors trop heureuses :
Mafaitenant que j'en suis absaUt, Ren-Qkoy par un songe plaisant Tant de délices i
Te DIANE.
Si tous les songes ne sont rien, Cest tout un, ils me plaisent bien :
J'aime une telle tromperie.
Haste-toy donc, pour mon confort; On te dit firere de la Mort, Tu seras père de ma vie.
Mais, las I je te vay appelant.
Tandis la nuict en s'envolant Fait place à Taurore vermeille :
0 Amour 1 tyran de mon cœur, Cest toi seul qui par ta rigueur Empesches que je ne sommeille.
Hél quelle estrange cruauté !
Je t'ay donné ma liberté, Mon cœur, ma vie et ma lumière, Et tu ne veux pas seulement Me donner pour allégement Une pauvre nuict toute entière?
Yeux, qui guidei mon ame en ramonreox voyage, Mes célestes flambeaux, bénins et gracioix, Cest vous qui fournissez de traits victorieux Amour, ce grand archer, seul dieu de mon courage.
Cest vous qui me rendez contant en mon servage, Cest vous qui m'enseignez le beau chemin des deux. Tous purgez mon esprit de pensers vicieux Et retenez mon cœur autrefois si volage.
Vous pouvez d'un clin d'oeil faire vivre et mourir. Faire au mois de janvier un doux printans fleurir. Voire au fort de la nuict la lumière nous rendre.
Vous estes le soleil qui me donnez le jour. Et je suis le phœnix qui se brûle alentour; Puis, quand je suis brûlé, je renais de ma cendre.
Au saint siège d'Amour, des grands dieux le vainqueur, Tay fait venir plaider ceste beauté rebelle, Et l'accuse, en pleurant comme une criminelle. De vol, d'ingratitude et d*ii\juste rigueur.
Helas ! Amour (ce dy-je\ elle a voUé mon cœur Et ne reconnoist point mon service fldèlle ; Elle m'a traversé d'une flèche mortdle Et me fait consommer en crw^ langutiir.
Je ne te puis prouver comme elle me tourmente. Mon cœur en est tesmoin : qu'elle le représente, Tu verras, le voyant, sa rigueur et son tort.
Et, si tu crains trop fort les traits de son visage, Ne donne pas sentence à son desadvantage. Mais fay tant qu'elle et moy nous demeurions d'accord.
XYIl
Si vous voules que ma douleur finisse Et que mon cœur, qui vous est destiné, Soit de son mal doucement guerdonné.
Et que mon ame en brûlant s'esjouysse;
Si vous voulez qu'à jamais je bénisse L'heure et le point qu'à vous je me donné, Et que l'ennuy qui me suit obstiné, Comme un ombrage en l'air s'esvanouysse;
Sans grand travail soudain vous le pouvez, La guarison en vos mains vous avez Du mal d'amour, qui jusqu'au cœur me touche.
Car, s'il vous plait de le faire cesser, 11 ne vous faut seulement prononcer Qu'un doux ouy du cœur et de la bouche.
CHANSOn
Un doux trait de vos yeux, ô ma flere déesse !
Beaux yeux, mon seul confort.
Peut me remettre en vie et m'oster la tristesse
Qui me tient à la mort.
Tournez ces clairs soleils, et par leur vive Ûame
Retardez mon trespas :
Un regard me suffit : le voulez-vous, madame ?
Non, vous ne voulez pas.
Un mot de vostre bouche à mon dam trop aimable,
Mais qu'il soit sans courroux, Teut changer le destin d'un amant misérable.
Qui n'adore que vous.
11 ne faut qu'un ouy, meslé d'un doux sou-rire
Plein d'amours et d'appas :
Mon Dieu ! que de longueurs, le voulez-vous point dire?
Non, vous ne voulez pas.
Roche sourde à mes cris, de glaçons toute plaincr
Ame sans amitié.
Quand j'estoy moins brûlant, tu m'estois plus humaine
Et plus prompte à pitié.
Si tous les songes ne sont rien, Cest tout un, ils me plaisent bien :
J'aime une telle tnnnperie.
Haste-toy donc, pour mon confort; On te dit firere de la Mort, Tu seras père de ma vie.
Mais, las I je te vay appelant.
Tandis la nuict en s'envolant Fait place à Taurore vermeille :
0 Amour 1 tyran de mon cœur, Cest toi seul qui par ta rigueur Empesches que je ne sommeille.
Hé I quelle estrange cruauté !
Je t*ay donné ma liberté.
Mon cœur, ma vie et ma lumière, Et tu ne veux pas seulement Me donner pour allégement Une pauvre nuict toute entière?
Yeux, qni.guidei mon ame en rammurenx voyage. Mes célestes flambeaux, bénins et gracioix, Cest vous qui fournissez de traits victorieux Amour, ce grand archer, seul dieu de mon courage.
Cest vous qui me rendez contant en mon servage, Cest vous qui m'enseignez le beau chemin des deux. Vous purgez mon esprit de pensers vicieux Et retenez mon cœur autrefois si volage.
Vous pouvez d*un clin d*œil faire vivre et mourir, Faire au mois de janvier un doux printans fleurir. Voire au fort de la nuict la lumière nous rendre.
Vous estes le soleil qui me donnez le jour. Et je suis le phcenix qui se brûle alentour; Puis, quand je suis brûlé, je renais de ma cendre.
Au saint siège d*Amour, des grands dieux le vainqueur, Tay fait venir plaider ceste beauté rebelle, Et l'accuse, en pleurant comme une criminelle. De vol, d'ingratitude et d'ii\juste rigueur.
Helas ! Amour (ce dy-je\ «aie a voilé mon eœur Et ne reconnoist point mon service fldèlle ; Elle m'a traversé d'une flèche mortelle Et me fait consommer en crw^ lanfiwiir.
LIVBB II. 77
Je ne te puis prouver comme elle me tourmente. Mon cœur en est tesmoin : qu'elle le représente, Tu verras, le voyant, sa rigueur et son tort.
Et, si tu crains trop fort les traits de son visage, Ne donne pas sentence à son desadvantage. Mais fay tant qu'elle et moy nous demeurions d'accord.
XYU
Si vous voules que ma douleur finisse Et que mon cœur, qui vous est destiné, Soit de son mal doucement guordonné, Et que mon ame en brûlant s'esjouysse;
Si vuus voulez qu'à jamais je bénisse L'heure et le point qu'à vous je me donné, Et que l'emmy qui me suit obstiné, Comme un ombrage en l'air s'esvanouysse;
Sans grand travail soudain vous le pouvez, La guarison en vos mains vous avez Du mal d'amour, qui jusqu'au cœur me touche.
Car, s'il vous plaît de le faire cesser, U ne vous faut seulement prononcer Qu'un doux ouy du cœur et de la bouche.
CIIANSOFI
Un doux trait de vos yeux, ô ma flere déesse!
Beaux yeux, mon seul confort, Peut me remettre en vie et m'oster la tristesse
Qui me tient à la mort.
Tournez ces clairs soleils, et par leur vive Ûame
Retardez mon trespas : Un regard me suffit : le voulez-vous, madame ?
Non, vous ne voulez pas.
Un mot de vostre bouche à mon dam trop aimable,
Mais qu'il soit sans courroux, Teut changer le destin d'un amant misérable.
Qui n'adore que vous.
U ne faut qu'un ouy, meslé d'un doux sou-rire
Plein d'amours et d'appas :
Mon Dieu ! que de longueurs, le voulez-vous point dire?
Non, vous ne voulez pas.
Roche sourde à mes cris, de glaçons toute plaincr
Ame sans amitié.
Quand j'estoy moins brûlant, tu m*eitoU plus humaine
Et plus prompte à pitié.
Si tous les songes ne sont rien, Cest tout un, ils me plaisent bien :
J'aime une telle tromperie.
Haste-toy donc, pour mon ocmfort; On te dit firere de la Mort, Tu seras père de ma vie.
Mais, las I je te vay appelant.
Tandis la nuict en s'envolant Fait place à Taurore vermeille :
0 Amour! tyran de mon cœur, Cest toi seul qui par ta rigueur Empesches que je ne sommeille.
Bé I quelle estrange cruauté !
Je t'ay donné ma liberté.
Mon cœur, ma vie et ma lumière.
Et tu ne veux pas seulement Me donner pour allégement Une pauvre nuict toute entière?
Yeux, qui guides mon ame en l'amonreux voyage. Mes célestes flambeaux, bénins et gracioix, Cest vous qui fournissez de traits victorieux Amour, ce grand archer, seul dieu de mon courage.
Cest vous qui me rendez contant en mon servage, Cest vous qui m'enseignez le beau chemin des deux. Vous purgez mon esprit de pensers vicieux Et retenez mon cceur autrefois si volage.
Vous pouvez d'un clin d'oeil faire vivre et mourir. Faire au mois de janvier un doux printans fleurir. Voire au fort de la nuict la lumière nous rendre.
Vous estes le soleil qui me donnez le jour, Et je suis le phcenix qui se brûle alentour; Puis, quand je suis brûlé, je renais de ma cendre.
Au saint siège d'Amour, des grands dieux le vainqueur, Tay fait venir plaider ceste beauté rebelle. Et l'accuse, en pleurant comme une criminelle. De vol, d'ingratitude et d'injuste rigueur.
Helas ! Amour (ce dy-je\ elle a voUé mon eœur Et ne reconnoist point mon service fldèUe ; Elle m'a traversé d^ooie flèche mortdle Et me fait consommer en cnidle Ungiwiir.
Je ne te puis prouver comme elle me tourmente. Mon cœur en est tesmoin : qu'elle le représente, Tu verras, le voyant, sa rigueur et son tort.
Et, si tu crains trop fort les traits de son visage, fie donne pas sentence à son desadvantage, Mais fay tant qu'elle et moy nous demeurions d'accord.
XYII
Si vous voules que ma douleur finisse Et que mon cœur, qui vous est destiné, Soit de son mal doucement guerdonné, Et que mon ame en brûlant s'esjouysse;
Si vous voulez qu'à jamais je bénisse L'heure et le point qu'à vous je me donné, Et que l'ennuy qui me suit obstiné, Comme un ombrage en l'air s'esvanouysse;
Sans grand travail soudain vous le pouvez, La guarison en vos mains vous avez Du mal d'amour, qui jusqu'au cœur me touche.
Car, s'il vous plait de le faire cesser, U ne vous faut seulement prononcer Qu'un doux ouy du cœur et de la bouche.
CHANSOn
Un doux trait de vos yeux, ô ma flere déesse!
Beaux yeux, mon seul confort, Peut me remettre en vie et m'oster la tristesse
Qui me tient à la mort.
Tournez ces clairs soleils, et par leur vive flame
Retardez mon trespas :
Un regard me suffit : le voulez-vous, madame ?
Non, vous ne voulez pas.
Un mot de vostre bouche à mon dam trop aimable.
Mais qu'il soit sans courroux.
Peut changer le destin d'un amant misérable,
Qui n'adore que vous.
U ne faut qu'un ouy, meslé d'un doux sou-rire
Plein d'amours et d'appas :
Mon Dieu ! que de longueurs, le voulez-vous point dire?
Non, vous ne voulez pas.
Roche sourde à mes cris, de glaçons toute plaine^
Ame sans amitié.
Quand j'estoy moins brûlant, tu m*ettois pins humaine
Et plus prompte à pitié.
78 AIAHB.
Cessons donc de l'ainier, et» pour noos en distraire.
Tonnions ailleurs nos pas.
Mais peut-il estre way que je le veoille fiûre? Non» je ne le veux pas.
CHANSON
Je ne veux jamais plus penser De voir un jour recompenser Le mal qu'en aimant je supporte, Puis que celle qui tient mon cœur Me monstre une extrême rigueur, Parmy Tamour qu'elle me porte.
Mais pourroy-je espérer aussi Qu'elle eust jamais de moy mercy, Teu qu'à soy-mesme elle est cruelle, Se prÎTant des plus doux plaisirs, Meortrissant ses propres désirs El perdant sa saison nouvelle?
Oraelle, où avei-vous les yeux?
Toyei ce printans gracieux ; Toyes ceste belle rerdure, Un jour des prochaines chaleurs Fera languir toutes ces fleurs.
Ores beautés de la nature.
Si le tans léger et coulant Defore tout en s'enipolant, S^U rend toute chose eBAcée, Est-ce pas trop de cruauté.
De laisser perdre une beauté Si chère et si soudain passée ?
& c'est la peur qui vous retient.
Penses que la crainte ne vient Qu'à fiiute d'amitié parfkite.
Amour est une vive ardeur.
Et la crainte est une fhMdenr, Soudain par vraye amour deaCûte.
Si ma foy vous fiât différer.
Qui vous en peut mieux asseurer Que vostre œil qui lit dans les âmes?
fielas I aimay>je arditntement?
Quand je parle i vous aeulenient, U sort de ma bouche des fiâmes.
Si vous m'aimes, fidtes le voir, Sans phis mes douleurs décevoir.
Les entretenant d'csperiMoe ;