SONGE
Celle que j*aime tant, lasse d'estre cmelle. Est venue en songeant la nuict me consoler : Ses yeux estoient rians, doux ertoit son parler. Et mille et mille amours Toloient i Tentour d'ellt.
Pressé de ma douleur, j*ay pris la hardiesse De me plaindre i hauts cris de son cœur endvrcy. Et d*un œil larmoyant luy demander merey. Et que mort ou pitié mist fin A ma tristesse.
Ouvrant ce beau coral qui les baisers attire. Me dist ce doux propos : Gesse de soupirer. Et de tes yeux meurtris tant de larmes tirer, Celle qui t*a blessé peut guarir ton martire.
0 douce illusionl 6 plaisants menreiUal Hais combien peu durable est llièiird*wi amoarcBx. Toulant baiser ses yeux» heias I moy, malheamal . Peu à peu dono«Bient je sens que je m'éteUle. . .
ËDOor long-tans depuis, dhme rose agréable. Je tins les yeux tamei et fbignois sommeiller : Mais, le songe passé, je trouve au réveiller Que ma joye étoit HnÛMe et mon mal véritable.
RTMI8 TIERCES
Pleurs et aonpixs, je vons ouvre ta porter. Ailes trouver U beauté que j'admire, ^ Plaignes sa peine jst ma doulenr trop tetei . ^ .
Fidtes luy voir ce que je n'ose dire : Puis que le ciel envieux et contraire Ne me permet ce que plus je desurot ' '• piaiipMi l'ennuy qui ikit que je nHapne - Poqr te«t Bdnt qu'wM mort aottheité», .
Heureny lepoe de mt.lqiifie,ii!i|re> . .
Las! quand mon ame est plus fort tourmentée, (Test quand je suis joyeux en apparence, Couvrant son' dueil d*une joye empruntée !
Et toutesfois avec sa violance, Bien que ma paine en ma fkce soit painte. . Aucun pourtant n*en a la connoissance.
Helas 1 je n*ose alléger d*une plainte Ni d*un soupir mes malheurs déplorables. Que je retiens d'une tùrce contrainte.
Cessez vos cris, amoureux misérables :
Tous les tourmens de Tamourense flame A mes tourmens ne sont point comparables.
Cest un grand mal de couver dedans Tame Le chaud désir et la vive estincelle, Qui se nourrit des beaux yeux d'une dame.
Cest un grand mal de la servir cruelle, Et touteslbls, pour le mal qu*on supporte. On a plaisir quand on la voit si belle.
Cest un grand mal d*aimer de telle sorte, Qu*on n'ose pas descouvrir son martire.
Pour un respect que la grandeur apporte.
Cest un grand mal, et qui ne te peut dire. Que d'estre serf d*nne dame volage, Qui sans repos la nouveauté désire.
C'est im grand mal, voire une extrême rage, Quand Jalousie avec Amour s'assemble.
Troublant les cceurs d'un violant orage.
Et toutesfois tous ces maux mis ensemble N*approcbent point de ma griéve tristesse. Qui seulement A soy seule ressemble.
Las! ma douleur seulement ne me blesse, L*ire du ciel n'en seroit assouvie, Hais la douleur de ma belle maistresse.
Celle qui m'est plus diere que la vie Est (6 regret!) durement affligée D'un faux jaloux, plein de haine et d'envie.
Et ce qui rend mon ame plus chargée, Cest que sou mal de mon malheur procède. Sans que je puisse, en la rendant vaingée, Tanger ma mort et luy donner remède.
COMPLAINTE
La terre, naguerei glaoée, Est ores de vert tapissée ; Son seîn est embelly de lleim.